VIARD Pompée, Auguste, Vincent, dit l’Éponge, Gagin, Tavin

Né le 9 juillet 1836 à Lachapelle-aux-Pots (Oise) ; mort le 17 janvier 1892 à Saint-Ouen (Seine) ; courtier de commerce et marchand de couleurs ; élu membre de la Commune de Paris.

Viard, marié en 1861, veuf en 1862, remarié en 1864, père d’un enfant, fit deux fois faillite à Paris : le 31 janvier 1862 et le 6 novembre 1866.
Il habitait, 8, rue des Vertus, dans le IIIe arr. En 1870, il aurait été affilié à l’Internationale.
En tant que délégué des vingt arrondissements il fut un des signataires de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer la " trahison " du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : " Place au peuple ! Place à la Commune ! " Voir Ansel.
Garde à la 7e compagnie du 88e bataillon, il appartint à la Commission exécutive provisoire du Comité central de la Garde nationale désignée le 3 mars, mais ne fit pas partie du Comité central élu le 15 mars.

Arrêté le 18 mars 1871, sur ordre du préfet de police, il fut libéré dans la journée. Il fut élu à la Commune le 16 avril par 6 368 électeurs du XXe arr. (sur 9 204 votants, cf. P.V. Commune, t. I, p. 306 — 6 968 selon t. II, p. 541). Le 20 avril, il fut délégué aux subsistances et le même jour à la Commission exécutive. Il se prononça pour la formation d’un Comité de salut public.
Du 18 avril au 2 mai, Viard fut délégué par la Commission exécutive de la Commune à la Sûreté générale, non sans discussions et menaces de démission de Raoul Rigault (cf. P.V. Commune, séance du 18 avril).
Par contumace, le 3e conseil de guerre le condamna, le 27 décembre 1872, à la peine de mort.

Viard avait pu se réfugier à Londres et, avec deux autres proscrits dont G. Ranvier, il installa dans cette ville une maison de vente de tableaux, puis il revint à la fabrication et à la vente de couleurs et vernis. Il appartenait à la franc-maçonnerie (cf. J. Bossu, op. cit.) — voir Thirifocq E. — et à la Société des réfugiés.
Avec le groupe blanquiste " la Commune révolutionnaire ", il signa à Londres, en juin 1874, la brochure Aux Communeux, déclaration athée, communiste, révolutionnaire.
Viard fut accusé à plusieurs reprises d’avoir emporté plusieurs centaines de milliers de francs et des diamants qu’il se serait appropriés pendant la Commune, et il passait pour riche même à la fin de sa vie. Il semble bien, en réalité, qu’il vécut souvent dans la gêne et que cette accusation n’a pas plus de fondement que bien d’autres du même genre.
Viard revint en France après l’amnistie, mais son fils se fixa à Londres et plaça les couleurs et vernis que son père fabriquait à Saint-Ouen.
Lorsque Viard mourut, il habitait, rue des Rosiers, à Saint-Ouen. Champy assista à son enterrement et prononça un discours. Viard était alors anarchiste. — cf. La Révolte, op. cit.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136037, notice VIARD Pompée, Auguste, Vincent, dit l'Éponge, Gagin, Tavin, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 10 février 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/859 A., n° 3404. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Arch. PPo., B a/1294. — J. Bossu, " Une loge de proscrits à Londres... ", L’Idée libre, juin-juillet 1958. — P.V. Commune, op. cit. — La Révolte, 23-29 janvier 1892.

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