VILLEVAL Albin [VILLEVAL Joseph, Charles, Albin]

Né le 9 mars 1849, à Bruxelles, ouvrier bijoutier, typographe, correcteur ; " agent de la Commune entre Paris et Bruxelles " ; affilié à l’Internationale ; militant syndicaliste révolutionnaire.

Fils d’Antoine Villeval, et de Pauline Rambeo, Albin Villeval appartenait à une famille qui "a joué un rôle considérable dans les événements insurrectionnels ". Il avait pour frère deux ouvriers typographes, Paul et Denis Villeval.

Albin Villeval fut arrêté dans le Nord, à Feignies, le 11 mai 1871, alors qu’il était porteur de dépêches adressées " à de chauds partisans de l’insurrection par un membre du Conseil général belge de l’Association Internationale, le nommé Roch Spinglard, et par un horloger de Bruxelles, du nom de Spehl, également membre de l’Internationale ". Complétons le rapport de police en indiquant que si toute la famille Villeval joua son rôle sous la Commune, elle le joua également durant la guerre franco-allemande. Les frères Villeval défendirent la France et l’un d’eux fut trois fois cité.

Le 5 février 1872, le 3e conseil de guerre condamna Joseph, Charles, Albin à la déportation simple. Il était alors père d’un enfant naturel, né en 1870, dont la mère était morte (d’après une lettre de recours en grâce écrite par la mère de Villeval, 13 avril 1877). Le 4 août 1872, apprenant que des démarches avaient été entreprises en sa faveur, il écrivait au ministre de l’Intérieur pour lui donner copie de la dépêche qu’il venait d’adresser au président de la Commission des grâces, dépêche par laquelle il demandait à ce dernier " de vouloir bien considérer comme nuls et non avenus " tous recours en grâce qui pourraient être faits par ses parents ou ses amis.

Cependant, au cours des années qui suivirent, la mère de Villeval, à trois reprises au moins, demanda la grâce de son fils et insista pour qu’il accepte lui-même de présenter un recours. Le 20 octobre 1876, son fils cédait et écrivait en ces termes au président Mac Mahon : " Si la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve sa vieille mère et les souffrances endurées depuis cinq années par le postulant sont un titre à votre haute clémence, il vient humblement la solliciter, espérant que vous voudrez bien prendre en considération sa supplique. "

Ses sentiments n’avaient pas changé pour autant et un rapport de Nouméa du 1er août 1878 l’atteste en le caractérisant ainsi : " Affiche des idées très avancées. Ne montre aucun repentir et n’a fait sa demande de recours en grâce qu’avec dédain et sur la demande de sa mère ".
À cette époque, il totalisait quarante-six jours de prison encourus en huit punitions. Il était alors employé à l’imprimerie civile de Nouméa.

Le 15 janvier 1879, il bénéficia de la remise de sa peine. Il partit alors pour Auckland (Nouvelle-Zélande) où il arriva en février 1880 (voir Hocquard A.). De 1882 à 1886, il fit paraître le Néo-Zélandais. Il se rendit ensuite à Sydney (Australie). En 1891, il travaillait à l’Office gouvernemental d’édition. Il publia, en 1895, une brochure sur V. Hugo. Il fit également paraître le journal L’Océanien.

De retour en France, devenu correcteur, il représenta, avec son fils, divers syndicats de cette corporation au XIVe congrès national corporatif — 8e de la CGT — et à la conférence des Bourses du Travail tenus à Bourges du 12 au 20 septembre 1904. Il intervint à propos du label (cf. c. rendu, pp. 222-226) et posa la question : " La maison syndicale sera-t-elle corporative ou fédérale ? " S’appuyant sur l’exemple des États-Unis, il se prononça pour un label corporatif.

Le fils de Joseph, prénommé Albin, fut élevé par Paul, aidé par Denis après sa libération. Il devint un militant anarchiste et syndicaliste.

Voir Zingé F.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136038, notice VILLEVAL Albin [VILLEVAL Joseph, Charles, Albin], version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 27 juillet 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/819, n° 9415. — C 2883 (rapport du préfet du Nord, 6 juillet 1871). — Arch. PPo., B a/931 (dossier Amouroux) et listes d’amnistiés. — La Révolution prolétarienne, 25 février 1933, article de Paul Delesalle. — Témoignage oral de Léona Delesalle, mai 1962. — Arch. Min. Aff. Étrangères de Belgique, 119 II. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Belges ralliés à la Commune de Paris, Bruxelles, Ferraton, 1985. — Notes de M. Cordillot.

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