MOURE Noël

Par Philippe Darriulat

Né et mort à Paris (1812-1882). Chansonnier.

Noël Moure
Noël Moure
Cliché fourni par Philippe Darriulat

Nous ne possédons pas d’information sur sa jeunesse et sa formation, mais il semble, d’après Bachimont, qu’il n’a reçu aucune instruction. Il a occupé plusieurs métiers : commis de nouveautés, ouvrier fourreur, garçon de magasin et enfin bouquiniste. Goguettier assidu, il fréquente presque toutes ces sociétés parisiennes dont il préside souvent les séances. Il assure la publication, avec Alexis Dalès, du Ménestrel moderne qui propose les compositions de goguettiers. Les refrains qu’il compose témoignent de son intérêt pour les questions sociales et de l’influence qu’exercent sur lui les idées défendues par l’aile gauche du parti républicain. Dans L’Époque terrible il fait l’éloge des Montagnards de 1792 et manifeste son mépris pour napoléon ( « un soldat grisé de gloire [qui] escamota la liberté »). En 1846, il est présent, avec « Le Corbeau et le renard », dans le recueil A Genoux devant l’ouvrier du chanteur de rues Charles Cavaré. Pendant la deuxième République, son plus grand succès est Charlotte la républicaine, une chanson publiée sur un simple feuillet et intégrée dans La Voix du peuple ou les républicaines de 1848. Il s’agit de l’histoire d’une habitante du quartier Montorgueil, combattante de février, fille de Montagnard, attendant avec impatience l’instauration de la République sociale et qui veut trouver un compagnon ne se comportant pas comme « mon gardien ». Il se fait aussi remarquer pour Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, un texte ambigu où il demande à la fois au président de proclamer « le règne humanitaire », de mêler son souffle « au vent de la Montagne » en semant les champs « défrichés par Proudhon »… et en même temps lance : « Pour déjouer les coups d’Etat d’un traître,/ Dans nos greniers nous possédons du fer ». Sous l’Empire il continue à écrire des chansons gaies destinées aux livrets de colportage diffusés par la librairie chansonnière de Louis-Charles Durand (Paris Chantant, Calendrier lyrique, Les étincelles lyriques, Écho populaire, etc.) Dans La Bande joyeuse, chansonnier nouveau, (Bailly, 1858), il écrit « L’Oriflamme des rouges bords », un texte à la gloire de la chanson : « Par toi la philosophie/ A sa place au cabaret ». Il fait aussi une chanson en faveur de la Mutualité en 1867 et écrit des refrains patriotiques pendant la guerre de Crimée. Cependant, un texte de 1859 conservé par Bachimont où il parle de faire « pâlir la gloire des Césars », montre qu’il a gardé ses convictions républicaines. Il continue d’écrire pendant la IIIe République des chansons plus modérées qui ne sont pas publiées. Il a épousé en troisièmes noces une sœur de Charles Gille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136133, notice MOURE Noël par Philippe Darriulat, version mise en ligne le 13 janvier 2011, dernière modification le 24 août 2017.

Par Philippe Darriulat

Noël Moure
Noël Moure
Cliché fourni par Philippe Darriulat

ŒUVRES : Ménestrel moderne . — La reine du château des fleurs . — Charlotte la républicaine . — L’Oriflamme des rouges bords . — Tout pour mon enfant . — La Fauvette de Paris . — Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République.

SOURCES : AN : ABXIX 724 (collection Bachimont), F18 553. Marius Boisson, Charles Gille ou le chansonnier pendu (1820-1856), histoire de la goguette, Paris Peyronnet 1925. Pierre-Léonce Imbert, La Goguette et les goguettiers, étude parisienne, 3e édition augmentée avec six portraits à l’eau forte par L. Bryois, Paris 1873.

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