JULIEN Marcel, Robert

Par Michel Carvou

Né le 2 octobre 1927 à Paris (XVe arr.) ; mort le 4 février 2015 à Colombes (Hauts-de-Seine) ; ouvrier métallurgiste ; délégué du personnel CGT-FO (1950) puis CFTC et CFDT chez Citroën à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine) de 1951 à 1967, secrétaire du Comité d’entreprise Citroën (1964-1965).

Fils de Georges Julien, voyageur de commerce, mutilé de la Première Guerre mondiale et de Madeleine Lepage, femme de ménage, tous deux catholiques pratiquants, Marcel Julien avait un frère jumeau. Après ses études primaires, il entra au collège de la rue Mars et Roty à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine) en 1942, y obtint un CAP d’ajusteur et un brevet d’enseignement industriel en 1945 et poursuivit pendant une année supplémentaire l’étude du dessin industriel. Durant sa scolarité et ses études professionnelles, il fut scout de France, devint chef de patrouille puis assistant dans la branche aînée de la Route. Son clan s’intéressant à l’action politique et syndicale – ce qui correspondait à sa préoccupation personnelle –, il suivit des conférences organisées par la CFTC sur le mouvement ouvrier. Il effectua son service militaire du 27 décembre 1947 au 3 décembre 1948, d’abord à Bougie (Algérie) puis à l’école des cadres à Cherchell (Algérie) avant d’être affecté à Saint-Avold (Moselle) au 151e régiment d’infanterie avec le grade de sergent. Dès son retour du service militaire, il prit contact avec la JOC et participa à des réunions de l’équipe Action au travail, avenue de la Sœur Rosalie à Paris (XIIIe arr.) jusqu’en 1950.

Marcel Julien fut embauché en septembre 1946 chez Citroën à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine) en qualité de jeune ouvrier – statut spécifique aux ateliers André Citroën, s’appliquant aux titulaires du CAP non encore reconnus ouvriers professionnels. Après le service militaire il réintégra l’usine Citroën à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine) durant quelques mois, puis fut transféré courant 1949 à Saint-Ouen (Seine, Hauts-de-Seine). En 1950, sa participation à une grève lancée par la CGT (attitude inconcevable, pour la direction, de la part d’un jeune ouvrier) lui valut, par mutation séance tenante, un retour à Asnières où il effectua la totalité de sa carrière professionnelle, d’ouvrier P1 à technicien d’atelier en spécialité machines-outils, jusqu’à son départ en retraite en 1987.

Ce fut à Asnières qu’il adhéra en 1950 à la CGT-FO, et fut élu délégué du personnel sous cette étiquette pendant une année. Marcel Julien fit alors la connaissance de Guy Guingant, militant CFTC chez Citroën qui l’incita à adhérer en 1951 au syndicat CFTC des ouvriers de la Métallurgie et parties similaires de la région parisienne. Il se présenta alors comme délégué du personnel CFTC et fut élu, sans interruption, délégué CFTC puis CFDT jusqu’en 1967. Également élu au comité d’entreprise (Citroën Région parisienne), il en devint secrétaire (1964-1965). Avec Guy Guingant, il participa activement à la création de l’Inter-Citroën CFTC en 1951, structure de coordination des équipes syndicales des établissements de la Région parisienne, et milita pour la création de comités d’établissement distincts pour chaque entité parisienne. Il signa, au nom de la CFTC, l’accord sur les retraites complémentaires chez Citroën ainsi que l’accord de prévoyance sur les maladies et accidents.

En 1955, Marcel Julien fut délégué de l’équipe Citroën au cinquième congrès de l’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM-CFTC), fut membre assidu de son conseil et participa à la création du Syndicat général des travailleurs de l’automobile (SGTA-CFTC) dont le congrès constitutif se tint le 24 février 1962. Il soutint avec conviction la déconfessionnalisation et le passage de la CFTC en CFDT en 1964.

La grave maladie de son épouse le contraignit à se dégager en 1967 de tous ses mandats syndicaux pour se consacrer à l’éducation de ses quatre enfants. Toujours adhérent à la CFDT, il assista après 1968 à la décapitation de la section CFDT de Citroën Asnières sous l’effet de la politique anti-syndicale de la direction d’entreprise, ce qu’il vécut dans une grande souffrance.

Membre actif de l’Action catholique ouvrière (ACO) de 1950 à 1990, Marcel Julien fut membre d’une équipe à Paris (XVIIe arr.) puis, à partir de 1956, responsable d’une autre équipe à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine). Il fit partie des conseils de parents d’élèves dans tous les établissements scolaires fréquentés par ses enfants, et après sa retraite devint accompagnateur de randonnées au sein du club des retraités de Colombes jusqu’en 2000, période à partir de laquelle il consacra son temps à son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Marcel Julien s’était marié le 26 juillet 1952 à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) avec Raymonde Denis, secrétaire de direction, militante à la Croix Rouge et trésorière de l’association de parents d’élèves du lycée technique de Puteaux, affiliée à la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) de 1970 à 1973. Marcel et Raymonde eurent quatre enfants : Claire (2 août 1954), Hervé (30 avril 1960), Rémy (8 janvier 1963) et Agnès (24 février 1965).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136139, notice JULIEN Marcel, Robert par Michel Carvou, version mise en ligne le 14 janvier 2011, dernière modification le 10 avril 2017.

Par Michel Carvou

SOURCES : Archives UPSM-CFDT. — Notes de Marcel Julien. — État civil de Colombes.

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