KRET Ambrozej

Par Daniel Grason

Né le 9 mars 1902 à Macinawelka (Pologne) ; disparu en déportation ; métallurgiste ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné ; déporté.

Ambrozej Kret émigra avec sa famille en Russie en 1915, puis retourna en Pologne, ses parents et sa sœur étaient « d’opinion prolétaire » écrivit-il sur sa biographie, en Espagne. Il effectua dix-huit mois de service militaire en 1923. Ambrozej Kret émigra en France en 1926. Il habitait à Moyeuvre Grande (Moselle) et était marié. Il adhéra au Secours rouge, à la CGTU, puis au Parti communiste. En 1934, il était mineur en Moselle. Il se fixa ensuite au 31, rue de Saint-Cloud à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), il travaillait dans la même ville d’abord chez Renault puis à la fabrique Glacier de Paris. Il participa aux grèves du Front populaire.

Ambrozej Kret parlait polonais, russe, français et espagnol. Il lisait l’Humanité, Front rouge et Dziennik Ludowy, (Le Quotidien du Peuple), édité par les communistes polonais. Il partit de Marseille en bateau pour rejoindre Alicante en Espagne où il arriva le 10 octobre 1936. Il fut affecté à la XIIIe Brigade internationale Dombrowski comme cuisinier. Il fut nommé sergent responsable de l’organisation de la cuisine. Il fut rapatrié le 22 décembre 1938.

Pendant la guerre, il fut incorporé dans l’armée polonaise au 3e Parc d’artillerie lourde, dans le Morbihan. Il travailla après sa démobilisation à Charenton (Seine, Val-de-Marne) à la société nouvelle des Glacières de Paris, en qualité de démouleur, pontonnier et chargeur, ensuite à l’usine du quai de Grenelle, Paris XVe arr. Il demeurait 155, rue du Vieux-Pont-de-Sèvres à Boulogne-Billancourt. Étroitement surveillé par la police du fait de son engagement dans les Brigades internationales, soumis aux prescriptions d’éloignement concernant les étrangers, il devait renouveler tous les trois mois son permis de séjour.

Le 24 décembre 1941, Ambrozej Kret était arrêté, à 6 heures 30 du matin, par des policiers du commissariat de Boulogne Billancourt, la perquisition s’avéra négative, aucun tract communiste, mais sept photographies où il posait avec des militaires allemands détachés à l’usine de Charenton.

Il fut interné administrativement au camp des Tourelles en tant qu’ex-milicien des Brigades internationales, sur instructions du commandant SS-Sturmbannführer Boemelburg qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français. Il était ensuite interné à Rouillé (Vienne) et le 30 décembre 1943 à Voves (Eure-et-Loir). Les prisonniers de ce camp d’internement furent évacués au début du mois de mai 1944 à Compiègne (Oise).

Ambrozej Kret fut déporté au camp de concentration de Neuengamme (Allemagne). Le convoi de deux mille quatre hommes à raison de près d’une centaine par wagon à bestiaux partit le 21 mai 1944 et arriva trois jours plus tard. C’est l’un des transports qui comptait le plus de personnes de nationalité étrangère. Elles représentent plus de 17 % de l’effectif total. Au total, dix-sept nationalités différentes sont connues. Les Espagnols représentent à eux seuls 57 % des étrangers, auxquels il faut ajouter 15 % d’Italiens et 10 % de Polonais. Ambrozej Kret portait le matricule 30219. Ces déportés étaient destinés à travailler dans les usines du complexe militaro-industriel nazi, ceci à un moment où la guerre prenait un tour critique pour l’Allemagne. Les conditions d’exploitation de la main-d’œuvre furent telles, que près de 50 % des déportés de ce convoi décédèrent, 39 % rentrèrent et la situation de 11 % est restée inconnue, Ambrozej Kret fut de ceux-là.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136162, notice KRET Ambrozej par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 janvier 2011, dernière modification le 22 août 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.6.725, BDIC mfm 880/38. – APPo BA 2114, BA 2374, RG77W, 182. – Livre Mémorial, Fondation pour la mémoire de la déportation, Éd. Tisérias, 2004.

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