PARMENTIER André, Adolphe, Henri

Par Nicolas Bué

Né le 22 février 1912 à Calais (Pas-de-Calais), mort le 28 août 1978 à Calais ; instituteur et directeur d’école ; militant socialiste, maire, conseiller général et député de Calais.

André Parmentier naquit dans une famille ouvrière (son père était contremaître-cartonnier, sa mère sans profession). Après avoir obtenu son brevet supérieur à Calais, il étudia à l’École normale d’instituteurs d’Arras de 1928 à 1931. Son service militaire effectué (1931-1932), il devient instituteur. Après être passé par plusieurs écoles et communes du Pas-de-Calais (Saint-Étienne-Audisque – aujourd’hui Saint-Étienne au Mont –, Rinxent, puis Calais en 1938), il fut nommé en 1939 à l’école Michelet dans le quartier de Calais centre où il fit l’essentiel de sa carrière. Le 22 février 1936, il se maria avec Françoise Lebas, sténodactylographe, avec laquelle il n’eut pas d’enfant.

En septembre 1939, l’officier de réserve qu’il était (sorti de Saint-Cyr, sous-lieutenant, affecté au 43e RI) fut mobilisé comme lieutenant au 2e bataillon du 110e RI. Fait prisonnier en juin 1940 à Loos-les-Lille (Nord), il fut captif à l’oflag IV-D près de Leipzig, dont il fut libéré par l’armée américaine en avril 1945. Rentré à Calais le mois suivant, il reprit ses fonctions d’instituteur dans l’école où il avait été affecté en 1939.

C’est à la Libération que commença sa carrière politique. Adhérent à la SFIO depuis 1934, il fut élu une première fois conseiller municipal en octobre 1947 sur la liste conduite par Gaston Berthe*. Il cumula alors fonctions et responsabilités politiques selon un cursus ascendant : conseiller municipal délégué à l’instruction publique et aux beaux-arts en 1947, adjoint au maire en charge des sports et de l’hygiène à partir du 22 février 1948, 2e adjoint au maire en charge des finances des élections municipales partielles du 26 février 1950 jusqu’au décès de Gaston Berthe en mars 1952, et maire de Calais, en remplacement de ce dernier, d’avril 1952 à mars 1959. Durant cette période, il cumula responsabilités militantes (membre de la commission exécutive de la fédération du Pas-de-Calais de la SFIO de 1951 à 1961 ; secrétaire de la section SFIO de Calais en 1956 au moins) et électives : après avoir mené la liste socialiste victorieuse aux élections municipales de 1953, il fut élu conseiller général du canton de Calais Nord-Ouest en avril 1955 puis député aux législatives de janvier 1956 dans la première circonscription du Pas-de-Calais (il est troisième sur la liste de la SFIO).

À l’Assemblée nationale, il intégra la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement et la Commission de la marine marchande et des pêches. Durant cette période, selon la biographie qui lui est consacrée sur le site de l’Assemblée nationale, « il soutint le gouvernement de Guy Mollet lors de tous les scrutins importants. Il se prononça en faveur des traités instituant la Communauté économique européenne et l’Euratom (9 juillet 1957), vote pour le projet de loi-cadre sur l’Algérie (30 septembre 1957, chute du Cabinet) ainsi que pour le texte repris par Félix Gaillard (31 janvier 1958). Favorable à la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai), il vota pour la déclaration de l’état d’urgence (16 mai), pour la confiance au général de Gaulle et les pleins pouvoirs ainsi que pour la révision constitutionnelle (1er et 2 juin) ».

Le changement de régime et le retour au pouvoir du général de Gaulle marquèrent la fin de la domination socialiste à Calais. La carrière politique d’André Parmentier en fut affectée : il fut successivement battu aux législatives de 1958 où il arriva en troisième position derrière Jacques Vendroux, beau-frère du général de Gaulle, et le candidat communiste Marceau Danel (au profit duquel il refusa le désistement), aux municipales de 1959 où la liste qu’il dirigea connut des défections entre les deux tours, et, dès le premier tour, à sa propre succession aux cantonales de juin 1961. Il fut alors très contesté au sein de la section socialiste calaisienne (notamment par le conseiller général Louis Chatillon), où il fut progressivement marginalisé.

Libéré de ses fonctions de député et de maire en 1959, il reprit son métier d’instituteur dans une école d’un quartier populaire du sud de Calais où il habita. Il en devint le directeur en 1962 et le resta jusqu’à sa retraite en 1967. Cette même année, il se présenta à nouveau aux élections cantonales dans le canton de Calais Nord-Ouest, mais cette fois, en position de candidat indépendant. Il y devança le candidat socialiste au premier tour mais fut battu au second par le communiste Marceau Danel.

Il était titulaire des palmes académiques depuis 1966 et de la Croix de guerre (bronze) pour son action durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136201, notice PARMENTIER André, Adolphe, Henri par Nicolas Bué, version mise en ligne le 6 février 2011, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Nicolas Bué

SOURCES : Arch. Nat. F/1b1/998. F1cII/305. F/1cII/314. F/1cII/452. F/1cII/671. F/1cII/703 – Arch. Munic. de Calais, série 17W. – État civil (mairie de Calais). – Derville J., La fédération socialiste du Pas-de-Calais de 1944 à 1969, Thèse de doctorat en science politique, IEP de Paris, 1970. — Chaussois R., Les maires de Calais de 1885 à nos jours, Éditions la Voix du Nord, 1999 – Nord Littoral, 29 aout 1978. – Site de l’Assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/parmentier-andre-22021912.asp.

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