LABORDE Henri, Louis.

Par Jacques Girault

Né le 26 décembre 1901 à Béziers (Hérault), mort le 27 janvier 1967 à Frontignan (Hérault) ; professeur ; délégué général des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).

Photo publiée dans
Photo publiée dans "Vers l’Education nouvelle", janvier 1967.

Son père à sa naissance ne déclarait pas de profession comme sa mère. Il devint par la suite commissaire de police à Nîmes (Gard). Henri Laborde, élève du collège de Lunel de 1914 à 1920, puis du collège de Gaillac (Tarn), obtint le baccalauréat « Philosophie » en 1921. Inscrit à la Faculté des lettres de Toulouse, il obtint des certificats de licence (histoire du Moyen Age en 1927, histoire moderne et contemporaine et géographie en 1928, histoire ancienne en 1929) et prépara le certificat de littérature française. Il obtint un diplôme d’études supérieures d’histoire par la suite.
Exempté du service militaire, Laborde se maria à Gaillac en avril 1924 avec une future professeur. Le couple eut un enfant.

Entre 1924 et 1928, Laborde exerçait le métier d’employé comme agent d’assurances à Gaillac. Appuyé par divers parlementaires, il obtint un poste d’instituteur en novembre 1928 transformé en poste de professeur délégué pour l’enseignement de l’Histoire à l’école primaire supérieure d’Ussel (Corrèze). En liaison avec le scoutisme, il pratiqua des fouilles avec ses élèves. Muté à l’EPS d’Albi (Tarn) en 1933, il fut nommé professeur de français à l’Ecole normale d’instituteurs de La Roche-sur-Yon (Vendée), chargé aussi de l’économat et remplaça le directeur mobilisé à partir de novembre 1939. Il fut nommé professeur à l’EPS Turgot à Paris pour la rentrée d’octobre 1940, il devint maître d’éducation générale en 1942. Son enseignement « déstructuré » (Denis Bordat) correspondait à des pratiques pédagogiques conçues avec une intervention des élèves et une utilisation des méthodes mises en pratique par Célestin Freinet*, notamment l’imprimerie.

En effet, depuis le Front populaire, Laborde, engagé dans des mouvements d’éducation populaire, militait pour des activités de pédagogie active et dans les Eclaireurs de France. Il fut intégré dans l’équipe de direction d’un stage des CEMEA en 1941. L’inspecteur général notait alors son intérêt pour les œuvres sociales. Il fut un des organisateurs en 1943 d’un stage au château de Soucy, avec des enseignants et quelques élèves, sous le pseudonyme de « Loup gris ».

Devenu professeur au collège Colbert à Paris, Laborde en septembre 1944, travaillant auprès de Gustave Monod, directeur général de l’enseignement de second degré au Ministère de l’Education nationale, fut nommé membre du Conseil technique d’études pédagogiques en tant que Délégué général des CEMEA, fonction qu’il exerçait depuis l’assemblée constitutive des CEMEA reconstitués du 1er septembre. Il fut mis à la disposition du centre de documentation du Centre national d’enseignement par correspondance pour s’occuper de façon permanente des CEMEA en 1952.

Chargé de mission auprès de Jean Guéhenno, chargé par le gouvernement provisoire à la Libération d’organiser une Direction de la culture populaire et des mouvements de Jeunesse, puis d’Albert Chatelet, directeur en 1946 des Mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, Laborde joua un rôle essentiel, avec Gisèle de Failly* et d’autres responsables, dans le développement des CEMEA en relations avec les œuvres laïques (UFOVAL, Jeunesse au Plein Air). Il permit que les CEMEA deviennent un mouvement pouvant intervenir dans la formation des encadrements de colonies de vacances et aussi des enseignants appliquant des méthodes actives, mises en place avec la réforme du corps des maîtres d’internat et la création des classes nouvelles. Il publia notamment dans la revue du Syndicat national des instituteurs, L’Ecole libératrice, le 7 mars 1952, un article sous le titre « Assurer le rayonnement et la cohésion de nos œuvres c’est encore défendre la laïcité ». A la fin des années 1950, il présida l’association « Vacances et loisirs de la Jeunesse » dont le siège était 6 rue Anatole de la Forge à Paris (XVIIe arr.), adresse des CEMEA. Il fut le fondateur a vec Jean Vilar des Rencontres internationales de jeunes d’Avignon et des Amis du Théâtre national populaire. Président de la Fédération des œuvres laïques de la Seine (1953-1957), vice-président de la Ligue française de l’enseignement, membre du bureau de la Jeunesse au Plein air, membre du comité directeur des Francs et franches camarades, membre du comité d’honneur de Peuple et Culture dont il avait été un des fondateurs à la Libération, membre du comité directeur des Eclaireurs de France, administrateur de l’Association nationale des communautés éducatives, il était le président de la Fédération internationale des CEMEA.

Laborde, depuis 1946, membre du Conseil supérieur de l’Education nationale et membre du Conseil de l’éducation populaire et des sports, devint par la suite membre du Haut comité de la jeunesse.

Lors de ses obsèques, Louis Cros, président des CEMEA, prononça un hommage sur sa tombe. Un hommage parallèle lui fut rendu à la Maison des jeunes et de la culture de Frontignan. René Bonissel dans L’École libératrice, le 10 mars 1967, souligna l’importance de ce « maître de pensée incomparable ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136210, notice LABORDE Henri, Louis. par Jacques Girault, version mise en ligne le 7 février 2011, dernière modification le 4 avril 2017.

Par Jacques Girault

Photo publiée dans "Vers l'Education nouvelle", janvier 1967.
Photo publiée dans "Vers l’Education nouvelle", janvier 1967.

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 28945. — APPO B13, 43458 (dossier Bonissel). — Presse syndicale. — Vers l’éducation nouvelle, revue des CEMEA. — Note de Jean-François Magnin.

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