ROBERT André, Robert

Par René Lemarquis

Né le 30 avril 1894 à Pargny-sur-Saulx (Marne) ; ajusteur outilleur ; militant communiste de Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis).

André Robert en 1938
André Robert en 1938

André Robert était le fils d’un charpentier en bois et d’une vendeuse de magasin décédée alors qu’il avait treize ans. Il obtint le certificat d’études primaires après l’école primaire communale. Il commença à travailler en 1908 mais il ne cite comme premier emploi que son entrée en 1919, comme ajusteur outilleur, dans une entreprise Thomson Houston de la rue Lecourbe à Paris, après sa libération du service militaire. Il était “sorti de la guerre capitaliste avec le grade de sergent”. Il épousa, en juin 1920 à Livry-Gargan, Suzanne Bailleul, fille d’un ajusteur outilleur, dont la profession était dactylo aide-comptable jusqu’en 1932. Ils avaient une fille et la mère n’avait toujours pas d’emploi en 1938. Robert changea souvent d’entreprises (de 1919 à 1938 il en cite plus de 25 !) à Paris, Plaine Saint-Denis, Saint-Denis, La Courneuve, St Ouen, Aubervilliers, Bondy, Stains... Il aidait financièrement son père.

André Robert adhéra au PC le 6 juillet 1925. Auparavant son « tempérament était plutôt celui d’un révolté que d’un révolutionnaire, ayant une certaine admiration pour la bourgeoisie ». La guerre et les souffrances endurées, l’exploitation dans les usines, la conviction de certains camarades l’amenèrent à se syndiquer en 1924 à la CGTU puis l’année suivante au PC, recommandé par Jean Cervoni, un employé au gaz du Landy. Appartenant à la cellule 909 du 9e Rayon, il en devint secrétaire. Par ailleurs Robert était, en 1934, secrétaire depuis trois ans de la Coopérative ouvrière « La Famille » de la Plaine Saint Denis et secrétaire de l’Union fraternelle des Parents, une société de danses rythmiques et gymniques. Il avait été arrêté quelques heures lors de la journée du 1er août 1929.

Après son autobiographie de janvier 1934, la Commission des cadres décidait de le convoquer ayant relevé qu’il se recommandait « de Blond, Marthe Potosniak entre autres ! ! » (dont Doriot). La seconde autobiographie d’août 1938 nous renseigne sur une « affaire d’argent » : suite à une période de chômage d’août 1933 à juillet 1934, Robert avait emprunté à Édouard Delhomme président de la CA de la Coopérative ouvrière la somme de 200 F. Or Delhomme, favorable à Doriot, avait été élu conseillé municipal de ce dernier à Saint-Denis en mai 1935 et il attaqua Robert au sujet de cette dette non remboursée. Cette affaire fut réglée et trois années plus tard, Robert qui était resté fidèle à son parti, affirmait : “ j’ai combattu Doriot dès 1934 avec autant d’ardeur que je le soutenais quand il était membre de notre parti et discipliné”. Il participa aux grèves de 1936 et d’avril 1938. Il était alors à la cellule de l’usine Binoche à Stains et secrétaire de la section syndicale de cette entreprise. Il était aussi membre du comité de section du PC de Saint-Denis et du conseil central du Syndicat des Métaux. Il était aussi secrétaire du Comité d’aide au peuple espagnol et participait à un comité de Front Populaire de quartier. Il habitait 4 impasse Trezel à la Plaine Saint-Denis. Il fut noté A1 (bon, à orienter vers les écoles) par la Commission des cadres qui relevait cependant, pour le regretter, qu’il ne portait « aucune appréciation sur le trotskisme ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136223, notice ROBERT André, Robert par René Lemarquis, version mise en ligne le 13 février 2011, dernière modification le 16 mars 2011.

Par René Lemarquis

André Robert en 1938
André Robert en 1938

SOURCES : RGASPI, 495.270.1547 : autobiographies 9 janvier 1934 et 1er août 1938. — État civil.

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