LABORIE Renée [née PAMART Renée, Paule, Henriette]

Par Julien Cahon, Jacques Girault

Née le 7 mai 1922 au Bosquel (Somme), morte le 1er janvier 2006 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; institutrice ; membre du comité de la fédération de la Somme du PCF (1964-1966) ; secrétaire du comité départemental du Mouvement de la paix (1964-1966), membre du conseil national du Mouvement de la paix (1966).

Photographie de Renée Laborie dans le numéro du 29 février 1964 du Travailleur de la Somme.
Photographie de Renée Laborie dans le numéro du 29 février 1964 du Travailleur de la Somme.

Fille d’un ouvrier des voies aux chemins de fer, devenu artisan ferblantier-plombier-zingueur, catholique, d’opinions radicales et d’une couturière devenue employée comme secrétaire comptable dans une compagnie de transport, catholique qui votait communiste après la guerre, Renée Pamart reçut les premiers sacrements catholiques. Elève de l’école laïque puis à l’école primaire supérieure d’Amiens, elle entra à l’Ecole normale d’institutrices d’Amiens en 1939. Parallèlement, inscrite au conservatoire de musique, elle était en classe d’harmonie. Titulaire du brevet supérieur de l’enseignement primaire, du certificat d’aptitude pédagogique (1942), elle devint institutrice à Corbie et, à la Libération, adhéra au Syndicat national des instituteurs. Elle enseignait au début des années 1950 à l’Ecole normale d’institutrices de Douai (Nord). Puis elle fut mutée à l’Ecole normale d’institutrices d’Amiens où elle se spécialisa dans l‘enseignement pour enfants retardés.

Renée Pamart se maria en septembre 1949 à Paris (XVIIIe arr.) avec Elukim, dit Emile Gross, natif de Pologne. Le couple eut un garçon et divorça en 1952. Elle se remaria exclusivement civilement en octobre 1954 à Douai avec Paul Laborie, inspecteur des impôts, ancien déporté, communiste, militant de France-URSS et du Mouvement de la Paix. Le couple, qui habitait Amiens au milieu des années 1960, eut deux enfants qui furent uniquement baptisés, puis divorça en 1965.

Renée Laborie, membre du Parti communiste français depuis 1951, fut la secrétaire de la cellule communiste à l’école normale de Douai (1953-1955). Membre du comité de la section communiste d’Amiens, elle fut membre comité de la fédération communiste de 1964 à 1966. Secrétaire de l’Union des femmes françaises, elle fut la secrétaire du comité départemental du Mouvement de la Paix de 1964 à 1966. Ce comité était alors animé par trois secrétaires : Paul Laborie, Renée Laborie et François Vanbremeersch*. Renée Laborie milita notamment pour la paix au Viêt-Nam en 1965-1966, et était membre du conseil national du MP en 1966. Elle adhérait à la Fédération des œuvres laïques et à l’Union des femmes françaises.

Renée Laborie, candidate au conseil général dans le canton de Poix en 1964, au premier tour, recueillit 721 voix (sur 2 665 exprimés), et fut devancée par le sortant Henri Rameau (radical, 1 030 voix) et le candidat MRP Jules Delemotte (914 voix). Candidate aux élections municipales à Amiens, en 1959, sur la « liste de défense des libertés républicaines, des conquêtes sociales et de la laïcité présentée par le PCF » conduite par René Lamps où figuraient deux membres de l’UGS et trois socialistes dissidents, elle obtint 18 659 voix (sur 45 409 votants) au premier tour et 21 182 (sur 47 444 votants) au second tour. La liste emmenée par René Lamps était battue et les communistes évincés de la représentation municipale.

En juillet 1966, Renée Laborie quitta le département de la Somme, accompagnant l’autre leader départemental du Mouvement de la paix, François Vanbremeersch*, médecin dermatologue réputé à Amiens, établi rue Delpech, qui avait été nommé à l’hôpital Saint-Louis. « Ce duo politique avait évolué en duo sentimental » d’après un rapport des RG du 3 août 1966, et leur départ était qualifié de « perte sèche » pour le Mouvement de la paix dans un rapport des RG du 2 août 1966. Le comité de la Somme du Mouvement de la paix disparut en effet, peu de temps après, au début des années 1970, et ne fut reconstitué qu’en octobre 1981. Il était alors présidé par Patrick Kaczmarek*, un militant du PSU passé au PCF en 1974.

Après avoir repris son nom de naissance, Renée Pamart continua à militer activement au PCF et au Mouvement de la paix à Vitry. Trésorière du comité local d’action pour la solidarité avec le peuple algérien, elle joua un grand rôle dans la campagne « Une bateau pour Cuba ». Elle vivait avec François Vanbremeersch. Ce dernier, catholique, et sympathisant communiste dans la Somme, adhéra au PCF à la cellule Jean Lurçat de Vitry. S’étant spécialisée dans l’éducation de l’enfance inadaptée en obtenant le certificat d’aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d’adaptation et d’intégration au début des années 1960, institutrice à Vitry (Val-de-Marne) en 1966, nommé à Ivry en 1970, elle termina sa carrière comme directrice de la Section d’Enseignement spécialisée du collège Georges Politzer à Ivry, conseillère pédagogique lors des inspections. Elle dirigeait des centres de vacances des mairies de Vitry et d’Ivry et encadrait des groupes d’adolescents en République démocratique allemande puis des groupes de personnes âgées en Grande-Bretagne.

A sa retraite, Renée Pamart continua à militer ne se limitant pas à son quartier et à sa ville puisqu’elle devint collaboratrice du Comité central du PCF sur les questions de politique extérieure, notamment pour les questions allemandes. Elle faisait également partie d’une association de soutien aux Palestiniens.

L’Humanité, le 13 janvier 2006 annonça le décès de Renée Pamard (sic). Lors de ses obsèques civiles, le 13 janvier au cimetière de Vitry, le député communiste Jean-Claude Lefort lui rendit hommage, la qualifiant de « mère courage ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136227, notice LABORIE Renée [née PAMART Renée, Paule, Henriette] par Julien Cahon, Jacques Girault, version mise en ligne le 14 février 2011, dernière modification le 1er juin 2021.

Par Julien Cahon, Jacques Girault

Photographie de Renée Laborie dans le numéro du 29 février 1964 du Travailleur de la Somme.
Photographie de Renée Laborie dans le numéro du 29 février 1964 du Travailleur de la Somme.
Réunion du Mouvement de la Paix dans la Somme au début des années 1960
Réunion du Mouvement de la Paix dans la Somme au début des années 1960
de gauche à droite : Michel Couillet*, Renée Laborie, François Vanbremeersch, Rose (cheminot d’Amiens) X, debout Paul Laborie*, X.
Renée Pamart, vers 1980
Renée Pamart, vers 1980

SOURCES : Archives du Comité national du PCF. — Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 261J21/77 (Arch. SMC PCF). — Arch. Dép. Somme, 21W327, 1471W16. — Le Travailleur de la Somme, 1945-1966. — Le Courrier picard, 1964. — Sources orales. — Renseignements fournis par sa fille, Catherine Masseau, transmis par Michèle Rault.

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