BÉLIARD Hervé, Luc, Charles

Par Bernard Geay

Né le 29 avril 1923 à Châteaulin (Finistère), mort le 20 juillet 1996 à Nantes (Loire-Atlantique) ; officier de la Marine marchande ; militant syndical CFTC puis CFDT, permanent, secrétaire général puis président du Syndicat national des officiers de la Marine marchande (SNOMM), délégué général de la Fédération générale des gens de mer (FGGM-CFDT) de 1970 à début 1973, membre du conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFDT (1965-1967) et de son bureau (1966-1967), conseiller juridique auprès de l’UD-CFDT de Loire-Atlantique (1965-1996).

Hervé Béliard en 1960.

Son père, Antoine Béliard, était procureur de la République à Châteaulin et fut un temps en poste à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) où Hervé Béliard passa une partie de sa jeunesse. Sa mère, Alice Béliard née Milin, était femme au foyer. Après l’obtention du baccalauréat, il entra à l’École de navigation de la Marine marchande et commença à naviguer en 1942, dans les forces interalliées basées en Angleterre. Après la Libération, il demanda à être incorporé dans la Marine nationale et assura plusieurs convois vers l’Indochine. Démobilisé en juin 1946, il s’embarqua pour ramener des Liberty ship aux États-Unis. Ensuite, il intégra l’école Hydro du Havre, promotion 1948 CLC (capitaine au long cours). À l’issue de sa formation, il entra comme lieutenant à la Compagnie des chargeurs réunis et embarqua sur le Pasteur, basé à Marseille. Il obtint le grade de capitaine en 1951. Peu après, il fut détaché comme professeur durant deux ans à l’école des Officiers Hydro à Bordeaux (Gironde) puis à Nantes.

Adhérent CFTC depuis 1951, il fut élu en 1954 secrétaire général adjoint du syndicat national des Officiers de Marine marchande CFTC (SNOMM), tout en poursuivant son activité professionnelle. En 1957, il devint permanent au Havre, puis à Rouen en 1961. Il fut élu secrétaire général du SNOMM le 10 novembre 1958. Après la déconfessionnalisation, il devint le premier président du syndicat CFDT des Officiers au congrès de Nantes des 15-16-17 décembre 1964. Ce fut à ce moment-là qu’il s’installa à Nantes.

Étant, avec d’autres militants, à l’origine du regroupement des syndicats du monde maritime, il devint en 1970 le délégué général de la Fédération générale des gens de mer CFDT jusqu’à sa retraite. Lors du conseil fédéral de janvier 1973, la fonction de délégué général fut supprimée et remplacée par un secrétaire général. Marcel Raimbault fut élu à ce poste, Louis Coppin étant le président de la Fédération. En 1977, la FGGM se transforma en Union fédérale maritime en intégrant la FGTE-CFDT (Fédération générale des transports et de l’équipement).

Hervé Béliard eut un rôle majeur dans la structuration syndicale du monde maritime. Il fut un visionnaire concernant la formation professionnelle des navigants en y intégrant les évolutions techniques des navires. Il fut aussi un ardent défenseur du régime social spécifique justifié par les conditions particulières de travail des marins, au sein de l’Établissement national des invalides de la marine (ENIM), dont il fut administrateur de 1951 à 1996.

Très tôt, il prit part aux débats sur les orientations de la confédération. Il participa ainsi aux réflexions conduisant de l’évolution de la CFTC en CFDT, approfondissant les rapports entre l’économie, la société et la démocratie. Il contribua notamment à la rédaction du rapport sur la planification démocratique présenté par Gilbert Declercq et adopté au congrès confédéral de la CFTC en 1959.

En 1965, il fut élu au conseil de la Fédération des syndicats d’ingénieurs et cadres (FFSIC-CFDT) puis en 1966 à son bureau, alors que François Lagandré en était le président et Roger Faist le secrétaire général. Il y siégea jusqu’en 1967, lorsque l’Union confédérale des ingénieurs et cadres (UCC-CFDT) prit le relais de la FFSIC.

Il occupa de nombreux mandats pour le compte de son organisation. En 1958 et en 1971, il participa à la quarante et unième et à la cinquante et unième session de la conférence internationale du travail organisée à Genève par le Bureau international du Travail (BIT).

Après sa retraite intervenue en 1973, tout en continuant à assumer des tâches pour la fédération (mandat ENIM, assistance juridique, formation syndicale), Hervé Béliard s’investit dans l’Union départementale CFDT de Loire-Atlantique, comme conseiller juridique. À ce titre, il siégea au Conseil et au Bureau de l’UD. Il fut à l’origine de la structuration de la défense juridique en Loire-Atlantique à travers la formation des conseillers et des défenseurs prud’homaux. Il était particulièrement chargé du soutien et du suivi juridique des Unions locales en secteur rural. Il s’occupait également de la préparation des élections prud’homales, dont les résultats étaient compilés sous forme de tableaux manuscrits rédigés par Guy Pasquier, militant CFDT à l’Office national des céréales (ONIC).

Hervé Béliard mourut accidentellement le 20 juillet 1996, renversé par une voiture en traversant la rue près de chez lui. Ses obsèques eurent lieu le 25 juillet 1996 à Paimbœuf (Loire-Atlantique).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136252, notice BÉLIARD Hervé, Luc, Charles par Bernard Geay, version mise en ligne le 16 février 2011, dernière modification le 19 octobre 2020.

Par Bernard Geay

Hervé Béliard en 1960.

SOURCES : Archives confédérales CFDT, interview réalisée par Louisette Battais et Pierre Autexier le 1er octobre 1990. – Archives de l’UCC-CFDT, notice provisoire rédigée par Françoise de Bricourt et notes de Michel Rousselot. – Archives de l’Union fédérale maritime FGTE-CFDT. – Archives de l’UD-CFDT de Loire-Atlantique déposées au Centre d’histoire du travail de Nantes. – Notes de Claude Pennetier.

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