DESPORT Léon, dit André

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 1er juin 1902 à Sarrazac (Dordogne), mort le 7 janvier 1989 à Libourne (Gironde) ; tourneur puis mécanicien ; militant communiste et syndicaliste CGT ; volontaire en Espagne républicaine ; déporté.

Léon Desport naquit dans une famille paysanne et après des études primaires, il travailla comme tourneur puis mécanicien dans la région parisienne. Il adhéra au PC et à la CGT en 1936, et devint l’un des responsables du Secours rouge international. Il était alors domicilié à Argenteuil, membre du comité de section, du service d’ordre de la ville ainsi qu’au niveau central.

Il s’engagea dans les Brigades internationales et arriva en Espagne le 25 février 1938. Il fut affecté au groupe inter brigadistes d’artillerie Rosa Luxemburg. Il y suivit une formation de pointeur et d’artificier sur canon de 75 m/m. Il fut nommé maréchal-des-logis et fut blessé lors d’un combat. Il était apprécié comme « un camarade très sérieux et discipliné ». Le 7 octobre 1938, Le Progrès d’Argenteuil-Bezons annonça son prochain retour ainsi que ceux de Jean Marle, Georges Habert et Edmond Savenaud. Rapatrié en novembre 1938, il s’installa au 19 rue Mortinat à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Pendant les hostilités, il fut affecté spécial aux établissements Bronzavia à Courbevoie, comme tourneur régleur. Il aurait quitté le parti communiste lors de la signature du pacte germano-soviétique.

Sur son lieu de travail, Léon Desport eut des contacts avec des militants communistes, une cellule clandestine fut formée, elle comprenait Émile Agier, François Coty et lui-même. Dès février 1942, à la suite d’un tract du parti communiste aux abords de l’entreprise, la direction s’adressait au commissaire de Courbevoie en lui demandant qu’un inspecteur des Renseignements généraux soit embauché pour « faciliter les surveillances spéciales ».

Le 26 mars 1943, à 10 heures, trois inspecteurs de police, l’arrêtaient sur son lieu de travail. Il fut conduit dans les locaux de la Brigade spéciale 2 et interrogé. Il nia avoir distribué des tracts du parti communiste dans l’entreprise et ignoré ce qu’étaient les FTP. Il reconnut avoir été membre du Parti communiste à partir de 1936 en étant organisé à la cellule du quartier d’Orgemont à Argenteuil. Il affirma qu’il avait quitté l’organisation sans en démissionner.

Lors de la perquisition effectuée à son domicile les policiers saisirent deux étiquettes gommées qu’il avait confectionné dont le contenu était dirigé contre le STO : « Français, si tu veux lutter pour ton indépendance, reste en France » et « Français ne va pas en Allemagne, rejoins les patriotes ». La chute de Léon Desport fut précédée de sept arrestations dont celle le 22 mars de Pierre Schlup dit Garnier. La fiche biographique de celui-ci avait été trouvée le 1er mars 1943 chez Pierre Brossard dit Philibert, responsable des cadres du parti communiste. Les arrestations vont se succéder, entre le 22 mars et le 2 avril, il y eut trente-sept interpellations. Un tribunal militaire allemand condamna quatorze résistants à la peine capitale. Tous furent fusillés au Mont Valérien à Suresnes en octobre et novembre 1943. Les autres furent condamnés à une peine de prison, tel Léon Desport , cinq ans de réclusion pour « aide à l’ennemi » et « complicité avec des Francs Tireur ». Neuf prirent le chemin de la déportation. Léon Desport, fut envoyé le 16 décembre 1943 vers à la prison de Karlsruhe, classé "NN", il fut transféré à Sonnenburg puis au camp de Sachsenhausen et à celui de Gross-Rosen.

Il se maria en octobre 1954 à Asnières avec Ursule Bastouers.
Il aurait appartenu après sa libération à la cellule communiste de Sarrazac (Dordogne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136316, notice DESPORT Léon, dit André par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 22 février 2011, dernière modification le 11 février 2018.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.10.38. BDIC mfm 880/1 ; RGASPI 545.1.131. BDIC mfm 880/1 bis ; RGASPI 545.6.1043. BDIC mfm 880/2 bis. – Arch. PPo, BA 2299, PC carton 14, PC carton 21, KB 6, KB 29. – Andreu Castells, Las Brigadas internacionales de la guerra de Espana, 1974. – Arch. Municipales d’Argenteuil. – La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre mémorial...op cit. - Jean-Jacques Gillot, Michel Maureau, Résistants du Périgord, éditions Sud-Ouest, 2011.— Etat civil.

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