KAMPER Albert

Par Françoise Olivier-Utard

Né le 21 février 1908 à Strasbourg (Alsace-Lorraine), mort le 5 novembre 1988 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; menuisier ; communiste, permanent CGT, militant FSGT, résistant ; membre de la direction fédérale du Bas-Rhin du PCF (1936-1939) ; secrétaire du syndicat CGT du Bois du Bas-Rhin (1937-1939), secrétaire régional du Bas-Rhin, puis secrétaire fédéral adjoint du PCF (1945).

Son père, Charles-François Kamper, était maître menuisier à la Robertsau (quartier nord-est de Strasbourg). Il n’avait pas d’opinions politiques déclarées et ne pratiquait aucune religion. Sa mère, Louise Kempf était couturière. Le ménage eut quatre garçons.

Albert Kamper fit ses études à l’école primaire d’abord allemande, puis française de son quartier. Il réussit à devenir bilingue, dans une famille uniquement germanophone. Il entra en apprentissage à 14 ans (du 18 avril 1922 au 17 avril 1925) dans l’entreprise de menuiserie-ébénisterie Wagner à Strasbourg. D’octobre 1925 à novembre 1936, il trouva une place chez Muller à Schiltigheim. Il fit ensuite son service militaire, du 10 mai 1928 au 7 octobre 1929.

Albert Kamper adhéra au PCF en 1934 et fut élu dès 1936 à la direction fédérale (Leitung). Il fut permanent syndical CGT du Bois, du 1 avril 1937 jusqu’à la guerre.

Albert Kamper, qui avait été rappelé sous les drapeaux du 25 septembre au 8 octobre 1938, fut mobilisé le 24 août 1939. Fait prisonnier le 23 juin 1940, il fut libéré comme Alsacien-Lorrain le 3 juillet 1940.

Il avait épousé le 16 décembre 1930 Erna Beh, née en 1911 à Strasbourg, couturière. Le couple eut deux filles. Évacuée avec ses enfants en Dordogne, à Saint-Victor, près de Périgueux, elle rejoignit son mari à Strasbourg germanisée et nazifiée lorsqu’il fut libéré. Du 6 octobre 1940 au 31 décembre 1944, Albert Kamper travailla à la menuiserie Bobbé de Schiltigheim.
Pendant l’annexion de fait, Albert Kamper participa à la tentative de reconstitution d’un parti illégal très embryonnaire car vite décimé. Il fut interrogé cinq fois par la Gestapo. Il cachait effectivement des gens, sa maison, située dans un dédale de ruelles permettant des allées et venues discrètes. Il fut aussi contraint de se grimer pour échapper à la surveillance nazie. A la Libération, il obtint la carte FTP (FFI).

A la libération de Strasbourg, il fut appelé à reconstruire le parti et fut premier secrétaire et permanent pendant un an, du 1 janvier 1945 au 31 janvier 1946. Il occupa la fonction de secrétaire régional de janvier à juin 1945. Il remit en marche le parti. Il demanda en juin 1945 la suppression du droit de vote et l’inéligibilité pour les parlementaires « vichyssois » du Bas-Rhin, notamment Henri Meck*. A la conférence fédérale des 16-17 juin 1945, il expliqua que l’autonomie réclamée par les communistes pendant la guerre était la seule réponse possible pour n’être ni fasciste allemand ni fasciste français. "Si nos adversaires nous reprochent d’avoir demandé durant l’occupation le droit de créer la république indépendante d’Alsace et de Lorraine, ils ont tort. Notre position a toujours été anti-allemande, mais tant que les Allemands étaient nos maîtres et que Vichy était fasciste et se désintéressait de notre sort, nous ne pouvions demander autre chose que la séparation de l’Alsace et de l’Allemagne". Il fut remplacé comme secrétaire régional par Léonard Keim* ancien interné et parlant aisément français. Il devint alors secrétaire-adjoint. Il était encore membre du bureau fédéral du Bas-Rhin en avril 1946.
Sur le plan professionnel, il s’installa à son compte, comme artisan menuisier, jusqu’à sa retraite, le 28 août 1951.

Albert Kamper fut aussi un militant du sport ouvrier. En juillet 1937, l’ancienne section des Amis de la nature de la Robertsau avait rejoint la FSGT et pris le nom d’Union touristique Aurora Robertsau. Albert Kamper en fut élu président et occupa cette fonction de 1937 à 1939, puis de 1949 à 1954. Associée à une société sportive amie de Sélestat, l’UT Aurora fit l’acquisition d’un refuge à Rombach-le-Franc (Haut-Rhin), qui fut aménagé pour accueillir des familles pendant les vacances. La société devint aussi un centre omnisport. En 1966, un infarctus l’obligea à diminuer son activité à l’UT Aurora.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136339, notice KAMPER Albert par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 25 février 2011, dernière modification le 25 février 2011.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : ADBR, 544 D 40, 544 D 3, 544 D 1. – L’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 2 mars 1945. — Entretien avec sa fille Mme Gaby Lebold, le 4 février 1999. — Note de Léon Strauss.

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