JOLLY Eugène

Par Françoise Olivier-Utard

Né le 6 janvier 1908 à Mulhouse-Dornach (Haute-Alsace annexée), mort le 11 janvier 1975 à Mulhouse (Haut-Rhin) ; ouvrier métallurgiste ; militant syndical CGT, membre de la SFIO jusqu’en 1948 ; secrétaire de l’Union des syndicats des ouvriers en métaux du Haut-Rhin (1945-1969) et secrétaire-adjoint de l’UD-CGT du Haut-Rhin ; membre de la commission exécutive de la Fédération CGT de la métallurgie de 1950 à 1966.

Eugène Jolly fut d’abord tourneur à la SACM (Société alsacienne de constructions métalliques) à Guebwiller (Haut-Rhin). Cette très importante entreprise métallurgique produisait des locomotives et des machines pour l’industrie textile. Il adhéra en 1930 à ce qui s’appelait le Syndicat des ouvriers en métaux de la CGT (ce nom fut conservé jusqu’en 1966). Il devint secrétaire de l’Union locale de Guebwiller.

Le 12 février 1934, il participa à Mulhouse à la manifestation contre les menées fascistes, qui se dirigea vers la prison pour libérer les trois militants qui venaient d’être arrêtés. Il prit part à l’occupation de la SACM, décidée le 10 juin 1936. Il était alors membre de la SFIO.

À la Libération, Eugène Jolly fut élu secrétaire général de l’Union des syndicats des ouvriers en métaux du Haut-Rhin. Signataire d’une déclaration appelant au maintien de l’unité en décembre 1947, il refusa, en février 1948, de suivre la consigne de son parti de quitter la CGT pour rejoindre FO, à la différence du secrétaire Joseph Walliser*. Son maintien à la CGT permit à cette dernière de rester majoritaire dans la propriété de la Maison du Peuple à Mulhouse. Le 28 janvier 1948, au congrès départemental de la CGT, il fut élu secrétaire adjoint de l’UD du Haut-Rhin. Il fut exclu de la SFIO en 1948, pour indiscipline. Il ne prit ensuite la carte d’aucun parti. Il fut élu au comité exécutif fédéral de la Fédération CGT des Métaux du 19e (1950) au 23e congrès fédéral (1963).
En tant que responsable de la métallurgie, il chercha à coordonner les actions des grandes entreprises du Haut-Rhin, en particulier la SACM et Manurhin. Les métallurgistes du Haut-Rhin doivent à son action plusieurs améliorations de leurs conditions de travail. Il fut le négociateur de la convention collective de la métallurgie du Haut-Rhin en 1953. Cette convention fut considérée comme une avancée majeure dans les conditions de travail et elle servit de modèle à d’autres syndicats de la métallurgie. Le 10 octobre 1962, il signa un nouvel accord sur les congés payés qui prenait en compte l’ancienneté des ouvriers. Eugène Jolly mena aussi les grandes luttes de mai 1968 dans le Haut-Rhin, où l’on comptait alors 30 000 ouvriers dans la métallurgie.

Victime d’une hémiplégie en 1969, il fut remplacé par Aimé Muré*.
Il avait accepté à plusieurs reprises d’être candidat sur des listes conduites par le Parti communiste aux élections municipales.

Il avait été élu membre du Conseil des prud’hommes de Mulhouse et membre du conseil d’administration de la Caisse primaire d’assurance maladie de Mulhouse en 1947.

Il avait eu une fille d’un premier mariage. Il se remaria en 1945 avec Marthe Andreup-Hauer, dont il eut des jumeaux. Marthe était la fille du trésorier du syndicat CGT des mineurs et veuve de guerre d’un syndicaliste CGT. De son premier mariage, elle avait eu deux enfants, dont l’un, Pierre Hauer, devint militant syndical CGT à EDF. Marthe était employée comme secrétaire à l’Union locale CGT de Guebwiller.

Une rue de Mulhouse porte le nom d’Eugène Jolly depuis 2005. Il était titulaire de l’Ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136342, notice JOLLY Eugène par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 26 février 2011, dernière modification le 3 septembre 2011.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Arch. Dép. Haut-Rhin, 1452 W 35 (85197). — Le Républicain du Haut-Rhin, Mulhouse, 13 décembre 1947. — Le Syndicaliste, Mulhouse, 23 décembre 1947. — Léon Tinelli, Les métallos de la Manurhin, 2003. — Bulletin n° 40 de l’Institut CGT Alsace d’histoire sociale, p. 10. — L’Ouvrier libre, janvier 1958. – Entretien avec Aimé Muré, le 10 juin 2010. – Entretien avec la petite-fille d’Eugène Jolly, Alexandra Hauer, le 1 février 2011. – Notes de Léon Strauss.

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