KOESSLER Joseph

Par Françoise Olivier-Utard

Né le 17 février 1930 à Mittelschaeffolsheim (Bas-Rhin) ; couvreur ; syndicaliste CGT, communiste ; permanent du syndicat du Bâtiment du Bas-Rhin (1964-1967), membre du comité fédéral du Parti communiste du Bas-Rhin (1961-1967), membre du secrétariat fédéral (1962-1965).

Son père, Charles Koessler, né en 1910 à Wingersheim et mort en 1987, était cultivateur. Sa mère s’appelait Joséphine Koessler, née le 7 octobre 1908, morte en 1943 à Mittelschaeffolsheim. Joseph était l’aîné de leurs quatre enfants. Il commença ses études à l’école primaire française de Mittelschaeffolsheim et les poursuivit sous le régime allemand à partir de l’annexion de fait de 1940, jusqu’en 1944. Il ne passa donc pas le certificat d’études, qui n’existait pas, et entra en apprentissage chez un couvreur de Haguenau (Bas-Rhin). Il occupa ensuite plusieurs places dans des entreprises strasbourgeoises. Il se syndiqua en 1947 à la CGT.

Dans les années 50, la main d’œuvre du bâtiment était composée quasi exclusivement d’Alsaciens. Les étrangers étaient les quelques Italiens arrivés avant-guerre. La CGT, bien implantée, était majoritaire. Les revendications portaient sur les salaires, dans une période de forte inflation. Joseph Koessler devint responsable adjoint du syndicat CGT du bâtiment en 1956, succédant à Marcel Wencker, puis secrétaire départemental en octobre 1961. Il suivit une école de la fédération nationale du bâtiment en 1958. Il milita à partir de 1959 à l’Union locale de Bischheim, qui regroupait essentiellement les Ateliers SNCF et les brasseries.

Il adhéra au Parti communiste en 1959, après le retour du général de Gaulle au pouvoir, et entra au comité fédéral en 1961. Il fit une école d’un mois en janvier 1962. Il devint cette année-là secrétaire fédéral à l’organisation, en remplacement de René Beauvé* qui changeait de fonction au secrétariat. Il fit au comité fédéral du 7 mars 1963 un rapport dans lequel, à propos du vote ouvrier, il estimait que 80% des ouvriers se rangeaient du côté des candidats gaullistes. En 1964, il fut permanent du parti pendant un an, ce qui lui permit de suivre une école centrale d’un mois à Choisy-le-Roi. En octobre 1965, il retourna au comité fédéral et y fut réélu jusqu’en 1968.

Au syndicat, il remplaça Marcel Wencker* en 1961 et fut permanent de la CGT-Bâtiment de 1964 à 1966. Il s’occupa prioritairement de la formation des militants. La question des travailleurs immigrés se posait alors dans des termes nouveaux. Il y avait beaucoup d’Espagnols dans le secteur du bâtiment, et parmi eux d’anciens républicains réfugiés, de tendance anarcho-syndicaliste et divisés entre deux partis communistes. Les discussions étaient vives mais les campagnes d’adhésion aboutirent à une forte mobilisation des immigrés, qui se syndiquèrent à la CGT. Membre de la commission exécutive fédérale CGT du bâtiment, Joseph Koessler tenta de sensibiliser à cette question nouvelle les instances syndicales départementales mais celles-ci ne mesurèrent pas l’importance du phénomène et ne se lancèrent pas dans une bataille qui n’avait encore touché ni les métallos ni les ouvriers des brasseries. Ce fut pour Joseph Koessler une source d’amertume qui le poussa à abandonner ses responsabilités syndicales et politiques en 1967. Il redevint couvreur chez son ancien patron, un républicain favorable aux idées communistes. Il prépara et obtint son brevet de maîtrise en 1971.
Il continuait à s’intéresser à la politique, au niveau de sa ville. Candidat sur les listes municipales de Bischheim depuis 1950, il entra au conseil municipal de cette ville de la banlieue rouge de Strasbourg en 1977 et fut chargé des questions d’urbanisme. Il œuvra à la création du POS, la base de loisirs de la Ballastière, la nouvelle mairie, les bâtiments municipaux. Il ne fut toutefois pas réélu en 1983, la liste de gauche ayant perdu la majorité.

Il accepta à plusieurs reprises d’être candidat aux élections cantonales à Drulingen. Aux élections législatives de 1967, il fut candidat dans la circonscription de Wissembourg.

Dans les dernières années de sa vie professionnelle, à partir de 1984, il alla travailler en Allemagne comme maître-couvreur, et bénéficia d’une différence de salaire appréciable. Il prit sa retraite en 1994, dans le village de Reichstett (Bas-Rhin).

En 1953, il avait épousé Marlène Stoll, née le 15 février 1934 à Strasbourg, ouvrière saisonnière dans l’alimentation, communiste et militante de l’UFF. Le couple eut quatre enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136346, notice KOESSLER Joseph par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 26 février 2011, dernière modification le 12 juin 2016.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Entretien du 10 mars 1999. — Arch. Dép. Bas-Rhin, 544 D 40. — Archives du comité national du PCF.

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