KAOUKJI Mohamed ou Bella, dit LE FQUIH

Par Albert Ayache

Né en 1930 à Marrakech (Maroc) ; ouvrier du bâtiment puis instituteur ; syndicaliste et communiste de Marrakech ; secrétaire de l’Union locale CGT, entré au comité central du PCM en 1949 ; arrêté et torturé en 1952 ; resté membre de la direction communiste.

Fils d’un travailleur émigré en France pendant la Grande guerre et qui, à son retour, fut cocher de fiacre, Mohamed Kaoukji fut élève de l’école libre Mokhtar Soussi puis de l’Université Ben Youssef. Sa culture arabe et sa condition de Marocain ne lui ouvrant pas de débouché dans l’administration, il travailla dans le bâtiment où il fut ouvrier puis chef de chantier. Plus tard, il fut instituteur.

De petite taille, véhément, entré au Parti communiste en 1945, Kaoukji milita à Marrakech où il fut secrétaire du syndicat du bâtiment puis secrétaire de l’Union locale (CGT) qu’il représenta au comité général, le 28 septembre 1948 à Casablanca. Son intervention porta sur des problèmes d’organisation, notamment sur la nécessité pour les militants de demeurer en contact étroit avec les salariés pour en connaître les besoins, les aspirations et les conduire dans l’action. Pour « menace à l’ordre public », en décembre 1948, il fut arrêté, emprisonné puis interdit de séjour.

Au 2e congrès du Parti communiste marocain (avril 1949), il entra au comité central et devint un des quatre secrétaires du Parti, en remplacement de Michel Mazzella*, nomination qui traduisait la volonté du PCM d’affirmer sa « marocanéité ». Le discours de clôture qu’il prononça insistait sur la double nécessité pour le parti d’appuyer résolument les revendications de la classe ouvrière et de ses alliés naturels, les ouvriers agricoles, les métayers, paysans et artisans ruinés, et de renforcer sa solidarité avec la classe ouvrière de France et des pays socialistes.

Au meeting du 1er mai 1950 à Casablanca, désigné pour prendre la parole au nom du PCM, il en fut empêché par les militants de l’Istiqlal et contraint de céder la place à Abderrahim Bouabid*, venu apporter le salut de l’Istiqlal. Ce comportement, peu conforme aux traditions du mouvement syndical, laissa une impression de malaise aux militants cégétistes français. Ahmed Kaoukji fut arrêté et torturé en décembre 1952. Après l’indépendance, il fut membre du comité central et un des membres du bureau politique du PCM puis du Parti du progrès et du socialisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136371, notice KAOUKJI Mohamed ou Bella, dit LE FQUIH par Albert Ayache, version mise en ligne le 1er mars 2011, dernière modification le 1er mars 2011.

Par Albert Ayache

SOURCES : L’Action syndicale, octobre 1948. — L’Espoir, mai 1949. — Curriculum vitae communiqué par Germain Ayache, le 3 mars 1979. — Souvenirs.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément