KARMAN André

Par Paul Boulland

Né le 10 mars 1924 à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 31 mai 1984 à Paris (XIIIe arr.) ; fraiseur ; militant communiste et syndicaliste CGT ; membre du secrétariat de la fédération communiste de la Seine (1948-1953) puis secrétaire de la fédération de Seine-Nord-Est (1953-1954) ; maire d’Aubervilliers (1957-1984), conseiller général de la Seine puis de Seine-Saint-Denis (1957-1984) ; résistant ; déporté.

La famille d’André Karman avait quitté la Lorraine annexée en 1870 pour s’établir à Aubervilliers. Son père, Nicolas Karman, ouvrier fondeur, fut mobilisé jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Gazé, il mourut en 1934. Sa mère, Pauline Goffart, sans profession à la naissance d’André, travailla ensuite comme brossière. Titulaire du certificat d’études, André Karman apprit le métier de fraiseur au centre de formation des jeunes chômeurs du Xe arrondissement de Paris puis fut embauché à l’usine Malicet et Blin d’Aubervilliers. Participant aux activités des Pionniers depuis l’enfance, il adhéra aux Jeunesses communistes en 1937.

Toujours en contact avec les organisations communistes clandestines après 1939, il participa à la formation des comités populaires puis d’un groupe FTP. Son adhésion au PCF fut datée de 1941. Arrêté en mai 1943, il fut interné à la Santé, à la centrale d’Eysses puis à Compiègne avant d’être déporté vers Dachau. Emmené comme otage à la libération du camp, en avril 1945, il parvint à s’évader et regagna Paris en mai. Son beau-frère, Raymond Collot, militant communiste et résistant FTP, fut arrêté en janvier 1944 et fusillé au Mont-Valérien, tandis que sa sœur, Fernande Collot, également membre des FTP et arrêtée en même temps que son mari, Raymond Collot*, fut déportée à Ravensbrück d’où elle revint en juin 1945.

De retour en région parisienne, André Karman travailla dans diverses usines métallurgiques, à Courbevoie et à Pantin, avant devenir secrétaire du syndicat des métaux d’Aubervilliers. Secrétaire de la section communiste locale en 1948, il devint en 1949 secrétaire à la propagande de la Fédération de la Seine, dirigée par Raymond Guyot. À ce titre, il fit partie des organisateurs de la manifestation contre la venue à Paris du général Ridgway, le 28 mai 1952, et marcha en tête de l’un des cortèges. Après la décentralisation de la fédération de la Seine, il fut désigné pour assurer le secrétariat la nouvelle fédération de Seine-Nord-Est en décembre 1953. Toutefois, il fut écarté dès le mois de mars suivant. En amont de la conférence fédérale, la Section de montée des cadres avait pointé les lacunes de la promotion de militants ouvriers dans la direction fédérale. Ces remarques préparaient la mise en accusation d’André Karman, et fournirent le thème central de l’autocritique qu’il livra lors de la conférence fédérale. En l’état actuel des connaissances, ce coup d’arrêt à l’ascension du militant « à la bio en or » que décrivent de nombreux historiens renvoie à un contexte de liquidation du communisme de guerre froide, également à l’œuvre dans le mouvement syndical ou au sommet du parti, avec l’éviction d’Auguste Lecoeur. André Karman resta membre du secrétariat fédéral de Seine-Nord-Est jusqu’en 1961 mais céda le rôle de premier secrétaire à Fernande Valignat après un bref intérim assuré par Pierre Delplanque.

À la mort d’Émile Dubois, successeur de Charles Tillon à la mairie d’Aubervilliers, André Karman, déjà maire adjoint, fut élu maire. Il le resta jusqu’à sa mort en 1984. Il siégea également au conseil général de la Seine à partir de 1958 puis conserva son mandat au sein du conseil général de Seine-Saint-Denis, également jusqu’en 1984. Il fut par ailleurs secrétaire général de l’Union des maires de la Seine.

André Karman s’était marié à Aubervilliers, le 3 novembre 1945 avec Christiane, Marie-Thérèse, Albertine Buston. De leur union naquirent trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136390, notice KARMAN André par Paul Boulland, version mise en ligne le 3 mars 2011, dernière modification le 5 septembre 2011.

Par Paul Boulland

André Karman en 1958
André Karman en 1958

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. ― Arch. de la fédération PCF de Seine-Saint-Denis. ― Paul Boulland, Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédérations de banlieue parisienne (1944-1974), Thèse de doctorat d’Histoire, Université Paris 1, 2011. — Renseignements fournis par son fils Jean-Jacques Karman. ― État civil d’Aubervilliers.

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