KERGOMARD Jean-René

Par Nicolas Palluau

Né le 14 décembre 1926 à Alger, mort le 24 juillet 2020 à Puy-Saint-Vincent (Hautes-Alpes) ; militant des Éclaireuses et Éclaireurs de France, président de 1977 à 1982.

Jean-René Kergomard est le fils de Pierre Kergomard (1897-1981), ingénieur aux chemins de fer algériens, commissaire des Éclaireurs de France -l’association de scoutisme laïque- et président des CEMEA, et de Odette De Leris, sans profession. Son grand-père paternel est Jean Kergomard (1870-1954), directeur de l’école normale de Lyon et vice-président des Éclaireurs de France, lui-même fils de Pauline Kergomard (1838-1925), la fondatrice des écoles maternelles républicaines. Jean-René Kergomard est louveteau puis éclaireur à Alger (1933-1939). À Paris, il anima ensuite le clan routier de la Maison pour Tous de la rue Mouffetard (1940-1948), l’ancêtre direct des MJC. Jean-René Kergomard était ingénieur laitier. Il sortit en 1951 de l’École nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires (ENSAIA) à Nancy. Sa carrière professionnelle se déroula à des postes de direction des industries et coopératives laitières jusqu’en 1987.
En plus de son métier et d’une intense vie de famille – avec son épouse Geneviève Humbert, ils ont neuf enfants- il demeura un actif cadre pédagogique des Éclaireurs de France puis des Éclaireuses et Éclaireurs de France en suivant le mouvement dans ses affectations professionnelles. De 1957 à 1960, il soutint les Éclaireurs à Oujda au Maroc. De retour en France, il fut commissaire départemental dans la Meuse. En 1966, il fut directeur adjoint d’une coopérative laitière à Arras où il était aussi nommé commissaire EDF pour le district d’Arras. Dans la foulée des remises en questions écloses avec Mai 68, le congrès régional des Éclaireurs de Flandres-Artois à l’automne 1968 au lycée d’Arras l’élut commissaire régional.
Lors de l’assemblée générale 1975 des Éclaireuses Éclaireurs de France, Jean-René Kergomard fut élu membre du comité directeur puis en 1976, trésorier. En 1977, l’intervention du président Antoine Sassine en assemblée générale l’amena à se désolidariser de ce dernier et à se présenter comme président. Il fut élu au cours du comité directeur qui suivit. Il y resta jusqu’en 1983 mettant sa discrétion, son écoute et son idéal laïque au service de tous. À ce titre et à sa demande, le comité directeur nomma Claire Mollet, « Cascade », comme commissaire générale. Cette institutrice militante de l’éducation populaire, personnalité respectée du mouvement, s’imposait pour ramener la sérénité entre de solides antagonismes, les uns attachés à des rites immuables, les autres partisans de tous les bouleversements. En 1979, la vente du château vétuste de Cappy (Oise), camp-école Éclaireur depuis 1923, nécessitait de redonner aux EEDF un lieu identitaire. En 1980, les EEDF achetèrent le hameau en ruine de Bécours (Aveyron). Le comité directeur, présidé par Jean-René Kergomard, la déléguée générale Claire Mollet et son successeur François Baize y initièrent le rassemblement Bécours’81. Dans l’été 1981, ce camp mêla chantier de réhabilitation patrimoniale et découverte des activités scientifiques. Les vieilles pierres du Causse, la construction de fours solaires et les premiers micro-ordinateurs cherchaient à rassembler les groupes Éclaireurs mieux que dans de difficiles débats théoriques. Jean-René Kergomard a aussi encouragé l’essor de l’audio-visuel associatif avec Radio Iguanodon Gironde, émanation du groupe Eclaireur de Parempuyre au moment de la libération des ondes. Il soutint également l’association Ingénieurs sans frontières fondée en 1982 pour soutenir des projets technologiques en Afrique et réfléchir au sens du développement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136408, notice KERGOMARD Jean-René par Nicolas Palluau, version mise en ligne le 10 mars 2011, dernière modification le 19 mars 2021.

Par Nicolas Palluau

SOURCES : Notice par Jacques Scheer dans Poujol G., Romer M., DBM, 1996, L’Harmattan, p. 212. — Yvon Bastide, 100 ans de laïcité dans le scoutisme et l’éducation populaire, Millau, Accents du Sud, 2011, 340 p. — Entretien, février 2011.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément