LACROIX Suzanne [née MONTOIS Suzanne, Caroline, Marie]

Par Jacques Girault

Née le 27 août 1889 à Paris (IXe arr.), morte le 25 août 1968 à Marolles-en-Hurepoix (Essonne) ; professeur puis censeur ; militante syndicaliste.

Fille d’un coiffeur, Suzanne Montois, titulaire du brevet supérieur (1906), devint institutrice auxiliaire à Saint Denis et en banlieue (1907-1908) puis institutrice dans le XIXe et Xe arrondissements de Paris (1908-1910). Reçue au certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire des jeunes filles (lettres) en 1910, elle devint professeur, « maîtresse chargée de cours », au collège de jeunes filles d’Angoulême (Charente) en 1910-1911, puis au lycée du Puy (Haute-Loire) et au collège de jeunes filles d’Armentières (Nord) en 1912. Elle entra à l’Ecole normale supérieure de Sèvres (1912-1913) pour préparer l’agrégation d’histoire qu’elle obtint en 1913. Nommée comme professeur au lycée de jeunes filles de Guéret en octobre 1913, elle fut mutée au lycée de jeunes filles Fénelon à Lille (Nord). Enseignante, infirmière volontaire à Lille en 1914-1915 puis en 1918 à Lille, elle fut affectée au collège Rollin à Paris et au lycée de garçons d’Orléans entre 1916 et 1919. Elle retrouva son poste à Lille en 1919, y enseigna quelques mois puis partit, comme directrice du lycée français de jeunes filles du Caire, détachée à la Mission laïque française. Elle regagna le lycée de Lille en octobre 1920 avant d’obtenir sa mutation au lycée Molière à Paris. Elle demanda un poste de directrice de collège et obtint le collège de jeunes filles de Bergerac (Dordogne) qu’elle dirigea de 1924 à 1930. Appréciée par les autorités universitaires, elle obtint sa mutation pour la direction du lycée de jeunes filles de Chartres (Eure-et-Loir) où elle resta de 1934 à 1944.

Mariée religieusement en septembre 1923 Paris (Ve arr.) avec Martial Lacroix, ophtalmologiste, Suzanne Lacroix eut deux filles.

Suzanne Lacroix, dans son établissement, organisa des fêtes qui furent très appréciées (cinquantenaire de l’école laïque, Front populaire). Pourtant elle eut des difficultés avec les milieux radicaux-socialistes de la ville dès janvier 1932. Le journal L’Indépendant évoqua « son zèle religieux », à propos de l’organisation de « cours de perfectionnement moral et religieux ». Dans ses réponses, elle affirma respecter « toutes les convictions religieuses ». Sans permettre un enseignement religieux dans son établissement, en raison du manque de surveillants pour emmener les élèves au cours de catéchisme, elle reconnaissait avoir, à la demande des parents, aménagé des horaires pour permettre des cours religieux à l’extérieur du lycée. Les organisations corporatives défendirent au même moment un point de vue identique. En 1940, lors de l’exode, en relations avec le préfet Jean Moulin, elle participa à l’accueil des réfugiés ce qui expliqua certainement le pillage de son appartement par les Allemands.

Suzanne Lacroix, à la Libération, fut nommée censeur au lycée de jeunes filles de Versailles puis obtint le poste de censeur du lycée Jules Ferry à Paris où elle exerça de 1945 à sa retraite en1954. Elle remplaça la directrice pendant l’année 1949. Son mari, malade, ne travaillait plus.

Depuis le début de sa carrière comme directrice, Suzanne Lacroix fut secrétaire générale de l’Amicale corporative, de 1935 à 1938 et resta membre de sa commission exécutice jusqu’en 1944. Quand se créa à la Libération le Syndicat national des censeurs de lycées de France qui adhéra à la Fédération de l’Éducation nationale, elle fut membre de son bureau national de 1947 à 1952. En 1949, elle fit partie de la délégation syndicale au congrès du syndicat des proviseurs. Elle fut désignée comme candidate syndicale à la Commission administrative paritaire nationale du personnel administratif et y siégea, en 1950 et 1951 comme suppléante, puis comme titulaire de 1952 jusqu’à sa retraite. En décembre 1951, le SNCLF organisa un banquet en son honneur. Retraitée, elle continua à adhérer à la caisse de secours de son syndicat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136434, notice LACROIX Suzanne [née MONTOIS Suzanne, Caroline, Marie] par Jacques Girault, version mise en ligne le 17 mars 2011, dernière modification le 4 septembre 2012.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F/17/ 17795, 17870, 25582. — Presse syndicale. — Notes d’Alain Dalançon et d’Emilie Willemin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément