KOCHER René, Lucien, Alfred

Par Fernand Brem

Né le 12 février 1936 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; menuisier (1953-1958), puis magasinier chez Hachette Strasbourg, puis cadre (1958-1996) ; jociste (1944) puis ACO (1963), membre du conseil national, militant CFTC puis CFDT au Syndicat national CFDT Hachette, puis au Syndicat des Industries de la Communication et de la Culture (SILAC-CFDT 1959-1991), membre du conseil de la CRAV Alsace délégué par la CFDT (1991-2006), conseiller municipal PS de Lingolsheim (1979-2007) ; président de l’Union territoriale Retraité CFDT depuis 2006.

René, Lucien Kocher naquit le 12 février 1936 à Strasbourg, rue de la Chaîne
Son père Kocher Alfred était garçon de café et travaillait au restaurant de l’Aubette. Incorporé de force dans l’armée allemande il fut affecté au front russe et, fait prisonnier, il fut envoyé au camp de Tambov. Rentré de captivité dans un état physique déplorable, il mourut de dysenterie aiguë dix jours après son retour en famille en Alsace en 1945. Sa mère, Kocher Mathilde, née Felden travaillait comme employée de maison. Après la mort de son mari, elle dut subvenir seule aux besoins de la famille qui habitait un quartier de Neudorf. En 1939, à l’approche de la guerre, Lucien connut l’aventure de l’évacuation « vers l’intérieur » il avait trois ans. Sa famille se retrouva à Saint-Léonard- de-Noblat dans la Haute-Vienne. Après l’armistice du 24 juin 1944, ses parents retournèrent en Alsace comme la plupart des Alsaciens.

Ses parents étaient de religion catholique, d’une foi populaire, mais n’étaient nullement engagés ou militants. Par contre René Kocher fit très tôt du scoutisme avec les camarades de sa paroisse de Saint-Aloyse à l’âge de neuf et dix ans, à la fin de l’école primaire. Puis en liaison avec certains amis et surtout grâce à un aumônier il s’engagea dans la JOC, vers les quatorze ans, ce qui fut son second lieu d’épanouissement et d’influence qu’il revendique pleinement. C’est en 1963 qu’il quitta la JOC et s’engagea dans l’ACO, assumant pleinement ses triples fonctions : un intense travail d’équipe, une action diocésaine et la participation au conseil national. C’était sa manière courante de présenter l’apport du christianisme au lien social et d’affirmer ce lien à travers des valeurs qui s’opposent à l’individualisme et à la défense d’intérêts égoïstes.

Après avoir obtenu son certificat d’études primaire en 1950, il entra en apprentissage comme menuisier-ébéniste chez Hauser, à Neudorf et obtint au bout de trois ans son Brevet de Compagnon en 1953. Puis il travailla chez un antiquaire-ébéniste Raoul Balboni (près de la place d’Austerlitz).

Etant pupille de la nation il ne fut pas envoyé en Algérie, mais il fit son service militaire d’août 1956 à octobre 1958 à la base de Frescati à Metz en exerçant son métier de menuisier.

Puis c’est le 2 novembre 1958 après son service militaire qu’il commença, à travailler chez Hachette, place de Haguenau, comme chauffeur livreur, manutentionnaire, puis agent de maîtrise et chef de service. Il y resta jusqu’à cinquante cinq ans et demi quand il partit en préretraite.

Dans cette entreprise il y avait le syndicat CGT du livre qui était majoritaire, quelques adhérents de la CGC et une petite section CFTC à laquelle il adhéra en 1959 (Syndicat national du personnel Hachette – CFTC). Très vite il a fallu assumer un certain nombre de responsabilités syndicales dans son entreprise. Élu constamment comme délégué du personnel, il était également délégué au Comité d’Entreprise de Strasbourg. Puis il fut élu délégué au comité central d’entreprise à Paris, tant qu’il était ouvrier, ce qui l’obligeait à de nombreux déplacements, quatre fois par an et chaque fois pour une durée de cinq jours. Puis une fois cadre, il fut élu au CE comme délégué dans le collège des cadres ; enfin représentant syndical au CCE pour les cadres.

Entre-temps Hachette était devenu « Société d’Agence et de diffusion », fournisseur et dépositaire de journaux. Le syndicat du livre CFDT devint le SILAC et René Kocher assuma la fonction de trésorier jusqu’à sa retraite.

Mais sur un plan interprofessionnel il assuma durant quinze ans la fonction d’administrateur à la CRAV (avec Th. Braun et Lingelser). Sa première nomination remonte à 1991. À l’époque la CFDT avait trois représentants et après 2001 elle n’avait plus que deux. Cependant il assuma pour le compte de l’UDAF un dernier mandat. Atteint par la limite d’âge (67 ans) il quitta ses fonctions en 2006.

René Kocher partit en préretraite en 1991, puis en 1996 prit sa retraite mais poursuivit son militantisme en participant à l’action des retraités CFDT du Bas-Rhin. En 2000, il entra au bureau de l’UTR (Bas-Rhin) puis devint secrétaire adjoint. Au niveau régional, celmuii de l’URR-CFDT, il fut élu secrétaire adjoint durant quatre ans. En 2010 lors de l’AG de Sélestat René Kocher fut élu secrétaire de l’UTR ainsi que secrétaire général de l’URR. Il continua toujours à animer la commission Santé de l’URR.

En juin 1962 il se maria, à Strasbourg, avec Yvette Mertz et de cette union naquirent trois enfants, trois filles. L’une a milité à la JOC, la seconde à participé à des animations de quartier, tandis que la dernière s’est engagée dans des activités sportives Le couple se fixa à Lingolsheim depuis 1970.

René Kocher, délégué au CCAS (Bureau d’aide sociale) par l’UDAF, s’engagea en 1970 dans l’action municipale. En 1973, il adhéra au Parti socialiste et fut tête de liste sans succès en 1977. Il fit, à partir de 1979, quatre mandats, soit vingt-cinq ans de présence au conseil municipal de Lingolsheim (Bas-Rhin). En 1983 sa liste obtint trois élus. Il poursuivit cette action jusqu’en 2008. Son activité s’était centrée sur la commission sociale, les permis de construire et la gestion du syndicat des eaux.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136479, notice KOCHER René, Lucien, Alfred par Fernand Brem , version mise en ligne le 30 mars 2011, dernière modification le 19 mai 2011.

Par Fernand Brem

SOURCES : Entretien avec René Kocher. — Etat civil.

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