LAFONT Jean, Pierre

Par Étienne Kagan, Gilles Morin

Né le 15 avril 1897 à Longwy (Meurthe-et-Moselle) ; médecin ; militant socialiste SFIO de (Meurthe-et-Moselle) ; membre du Comité départemental de Libération ; secrétaire de la fédération SFIO (1938-1939) ; maire de Longwy (1945-1947) ; conseiller d’arrondissement (1937-1940) puis conseiller général de Longwy (1945-1949), vice-président du conseil général (1945-1946).

Jean Lafont, après des études de médecine à Montpellier, s’installa à Longwy. Tout d’abord élu conseiller municipal de Longwy sous l’étiquette « républicain-socialiste », à la faveur d’une élection partielle en août 1925, Lafont fut réélu comme socialiste en 1929 et 1935. Candidat malheureux au conseil d’arrondissement en 1931, il se représenta, cette fois avec succès, en 1937 et devint président du conseil d’arrondissement de Briey. Mais, cet homme qui avait tout pour être un notable classique fut surtout un militant.

Fondateur, en août 1929, du Populaire de l’Est, organe de la Fédération socialiste SFIO de Meurthe-et-Moselle, Lafon fut secrétaire de la section de Longwy de 1930 à 1939. En mars 1933, il devint délégué à la propagande de la Fédération de Meurthe-et-Moselle en remplacement de Charles-André Doley*, puis, en décembre 1935, secrétaire fédéral adjoint. En 1936, alors qu’il était aussi membre de la CGT (section des techniciens médicaux), il participa à de nombreux meetings du Front populaire dans le bassin de Longwy. En 1935, il avait été cassé de son grade de lieutenant de réserve pour avoir écrit un article hostile au général Weygand.

Secrétaire fédéral adjoint de la fédération SFIO, responsable SFIO du Pays-Haut à partir de 1937, fut chargé de ce secteur par la Fédération socialiste. Se présentant comme un ami de Marceau Pivert, il refusa de le suivre dans la scission en 1938, contrairement à Henri Midon*, et s’en expliqua dans Le Populaire de l’Est du 30 avril 1938 (« La Fédération de Meurthe-et-Moselle restera fidèle au parti »). Remplaçant Midon*, Il devint secrétaire général de la fédération en juillet 1938 et défendit alors des positions résolument pacifistes dans Le Populaire de l’Est et aux congrès nationaux. Délégué au congrès national extraordinaire de décembre 1938, il préconisait un nouveau gouvernement de Front populaire. Paulfauriste, il fut délégué fédéral de la motion Redressement en février 1939. Il était encore secrétaire fédéral de la Meurthe-et-Moselle en juin 1939.

Durant l’Occupation, Lafont se réfugia dans l’Ouest. Après la libération de la Lorraine, il fut nommé membre du comité départemental de Libération en janvier 1945, à titre d’individualité. Secrétaire des élus socialistes de Meurthe-et-Moselle, reconstituée à la même date, il fut élu maire de Longwy en avril-mai et conseiller général en septembre suivant. Vice-président du Conseil général en 1945, puis secrétaire de l’Assemblée départementale en octobre 1946, il était président de la commission départementale en 1949 lorsqu’il fut battu au renouvellement des élections cantonales en 1949. Il participa à la conférence nationale des élus municipaux et cantonaux du 28 août 1946.
Jean Lafont fut candidat SFIO à la deuxième assemblée constituante en juin 1946, puis aux élections législatives de novembre 1946, enfin au conseil de la République en 1948. Il continua à militer durant plusieurs années et appartenait toujours à la commission exécutive fédérale en février 1951.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136535, notice LAFONT Jean, Pierre par Étienne Kagan, Gilles Morin, version mise en ligne le 4 avril 2011, dernière modification le 4 avril 2011.

Par Étienne Kagan, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Dép. Meurthe-et-Moselle, 1 M 650, 3 M 206-208. — Arch. Nat., F/1a/3214, 3228, 4020 ; F/1cII/112/B, 243, 266, 270, 278, 312 ; F/1cIV/153. — Archives de l’OURS, dossiers Meurthe-et-Moselle. — F. Pique, La SFIO en Meurthe-et-Moselle, sous la IVe République, Mém. Maitrise, Nancy, 1992. — Le Populaire de l’Est, 25 septembre 1937 et 10 juin 1939. — J.-M. Moine, Le Mouvement socialiste en Meurthe-et-Moselle sous la Troisième République, Mémoire de Maîtrise, Nancy, 1972, 241 p. — Le Populaire de l’Est, 1929-1939 et 1944-1945.

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