LAGIER André, Jean, Edmond

Par Jacques Girault

Né le 24 juin 1933 à La Beaume (Hautes-Alpes), mort le 27 septembre 2018 à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) ; instituteur, professeur ; militant syndical du SNI ; militant communiste dans les Hautes-Alpes.

Fils d’un agriculteur, petit propriétaire, de religion protestante, André Lagier, élève, puis élève-maître au lycée Dominique Villars de Gap, bachelier en 1951, effectua sa formation professionnelle à l’École normale d’instituteurs de Valence (Drôme) de 1951 à 1953. Instituteur depuis 1953, professeur d’enseignement général (section II, lettres-histoire-géographie) de 1962 à 1972 aux collèges de Gap, Tallard et Laragne, il obtint une licence d’histoire-géographie en 1968, une maîtrise de géographie (1969). Adjoint d’enseignement à Arles (Bouches-du-Rhône) puis à Sisteron, il exerça comme professeur certifié à Grenoble (Isère), après avoir réussi au CAPES et, à partir de 1978 au collège de Laragne (Hautes-Alpes) où il termina sa carrière en 1988.

Il accomplit son service militaire de mars 1957 à août 1959, dont seize mois en Algérie. Selon sa « vision athéiste de l’existence », il épousa uniquement civilement, en avril 1962 à Blois (Loir-et-Cher), Monique Airaudo, institutrice communiste qui fit une partie de sa carrière comme PEGC de mathématiques au CES de Laragne. Le couple eut deux enfants.

André Lagier, membre du Syndicat national des instituteurs depuis l’école normale, fit partie du conseil syndical de la section des Hautes-Alpes du SNI, dès 1955. Après son service militaire, il retrouva cette responsabilité, anima la commission des jeunes puis fut le secrétaire adjoint de la section de 1962 à 1967. La majorité depuis 1955 était, sans partage, de la tendance « Unité et Action ». En 1965, il devint aussi le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Membre des Jeunesses communistes, André Lagier adhéra au Parti communiste français en 1951, et devint le secrétaire de la cellule communiste créée, en 1952, à l’école normale de Valence. En poste dans le Dévoluy, région catholique et conservatrice, il diffusait La Terre tout en menant une vie exemplaire d’instituteur rural laïque. Mettant en doute l’exclusion des Titistes et l’intervention soviétique en Hongrie, à la fin de 1956, il démissionna du PCF. Marqué par la guerre d’Algérie, il réadhéra en 1960.

Membre d’une cellule rurale et du bureau de la section communiste de Gap, Lagier entra au comité de la fédération communiste en 1961. Il suivit le stage central d’instituteurs organisa par le PCF en août 1961 à Choisy-le-Roi. Il fut candidat du PCF au Conseil général en 1964 dans le canton de Barcillonnette.

Lagier, dans son activité syndicale, s’efforçait, pour respecter les orientations des divers militants, de ne pas apparaître comme principalement un militant communiste. Au milieu des années 1960, la fédération du PCF le surveillait et, à la fin de 1967, il fut mis à l’écart. Il fit notamment élire son successeur Blaise Humbert au secrétariat de la FEN, le 16 novembre 1967, sans en aviser la fédération communiste.

Selon le secrétariat fédéral, en novembre 1967, Lagier développait des positions favorables aux analyses des communistes chinois. En fait, selon son témoignage en 2010, il refusait de soutenir les positions soviétiques sans toutefois prendre position en faveur des communistes chinois, position qu’il défendait depuis la publication des textes officiels des partis en 1963. Il soutenait le polycentrisme proposé par Togliatti.

André Lagier choisit alors de se démettre de ses responsabilités au comité fédéral et ne renouvela pas son adhésion au PCF en 1968. Il participa activement comme secrétaire administratif de la FEN aux événements de mai-juin 1968. Par la suite dans ses divers postes, il resta un militant de base actif.

En novembre 2010, Lagier écrivait, après avoir exprimé son amertume : « L’espoir demeure néanmoins, quand on voit une pépinière de lycéens, d’étudiants descendre dans la rue, retrouver, malgré l’individualisme ambiant, le chemin de la lutte sociale collective. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136540, notice LAGIER André, Jean, Edmond par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 avril 2011, dernière modification le 29 mai 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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