LAJEUNIE Pierre, André

Par René Crozet

Né le 28 mars 1920 à Capdenac-Gare (Aveyron), mort le 9 septembre 2005 à Capdenac ; professeur de lettres puis proviseur ; militant syndicaliste du SNES, du SNPDES et de la FEN, militant mutualiste au Maroc et en France.

Fils d’un employé à la compagnie de chemins de fer Paris-Orléans et d’une institutrice, Pierre Lajeunie fréquenta successivement l’école communale de Capdenac, le collège de Figeac, le lycée Fermat de Toulouse, le lycée Henri IV à Paris et la faculté des lettres de Toulouse où il obtint en mai 1940 la licence de lettres classiques.

Pierre Lajeunie fut nommé professeur au lycée de Montauban, de mars 1941 à mai 1942. Puis il occupa des postes au Maroc, professeur au lycée Lyautey, à Casablanca, de 1949 à 1962, puis censeur dans le même établissement de 1962 à 1965. En 1966, il rentra en France en qualité de censeur au lycée d’Orsay (Essonne), de 1966 à 1968, puis au lycée Jean-Baptiste Say à Paris, de 1968 à 1970. Il fut nommé ensuite proviseur du lycée Rodin, à Paris, de 1970 à 1972, puis du lycée Lakanal à Sceaux, de 1973 à 1982, année où il prit sa retraite administrative.

Il se maria en juin 1947 à Toulouse. Le couple eut trois enfants.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Lajeunie, mobilisé du 6 juin 1940 au 31 janvier 1941, fut contraint de participer au service du travail obligatoire à la SNCF à Paris, de juin 1942 à décembre 1943. À partir de 1944, il participa aux actions du maquis du Lot et fut chargé de la propagande des Mouvements unis de la Résistance. Mobilisé à nouveau à Toulouse du 15 mai au 17 septembre 1945, il fut laissé à la disposition du journal La République du Sud-Ouest qui avait remplacé La Dépêche à la Libération, en août 1944. Journaliste de 1945 à 1949, il réalisa de nombreux reportages, surtout en Allemagne occupée. En 1949, quand La République cessa sa parution, il demanda un poste d’enseignant à l’étranger et fut nommé au Maroc.

Lajeunie fut, dès ses débuts professionnels, un militant syndical actif. Membre du bureau de la section du Maroc du Syndicat national de l’enseignement secondaire de 1950 à 1955, il devint secrétaire général de la section du Maroc de la Fédération de l’Éducation nationale de 1955 à 1959, puis président de la Fédération des enseignants de nationalité française au Maroc de 1959 à 1963. Rentré en France, il milita au SNPDES (Syndicat national du personnel de direction de l’enseignement secondaire) et fut, de 1968 à 1971, membre de la commission administrative de la FEN.

Parallèlement à son militantisme syndical, Pierre Lajeunie était également très actif dans le domaine mutualiste. Il fut, de 1951 à 1965, président de la section du Maroc de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale. À son retour en France, il fut élu membre de la commission départementale de contrôle de la section MGEN de l’Essonne (1966-1968), de la commission nationale de contrôle de 1969 à 1971, puis élu au conseil d’administration national en 1971 et vice président de 1973 à 1983. En même temps, membre du bureau national, il fut chargé de la recherche médicale. Il exerça en outre les fonctions de directeur de la société coopérative « Maison des Universitaires » de 1973 à 1988.

Membre du Conseil supérieur des Français de l’Étranger de 1959 à 1965, Pierre Lajeunie participa à l’élaboration de la Convention culturelle et technique entre la France et le Maroc. En février 1965, il faisait partie d’une délégation d’enseignants, conduite par Denis Forestier, reçue par le ministre des Finances marocain, pour examiner les modalités de la coopération culturelle entre la France et le Maroc. Il contribua également à la création de la Mutuelle des enseignants marocains.

Un de ses anciens collègues tenait à témoigner de "son accent méridional et sa bonne humeur communicatrice indissociables de sa générosité et de son réel humanisme".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136551, notice LAJEUNIE Pierre, André par René Crozet, version mise en ligne le 4 avril 2011, dernière modification le 9 septembre 2022.

Par René Crozet

SOURCES : Documentation MGEN. — Informations fournies par l’intéressé. — Notes de Jacques Girault et d’André Lainé.

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