LE BLÉ Francis

Par François Prigent

Né le 6 septembre 1929 à Locmiquélic (Morbihan), mort le 23 juin 1982 à Brest (Finistère) ; ajusteur puis ingénieur à l’Arsenal ; conseiller général PS de Brest 2 (1973-1982) ; maire PS de Brest (1977-1983) ; secrétaire de l’UL CFTC de Brest (1959-1962) ; secrétaire de l’UD CFTC (1962-1964) puis CFDT (1964-1969) du Finistère ; fondateur du GERS (1968) ; secrétaire fédéral du PS du Finistère (1969-1975) ; candidat PS aux cantonales en 1970 à Brest 1 ; candidat PS aux législatives à Brest 1 (1968, 1973, 1978) ; militant JOC ; militant CIR puis PS ; militant CERES.

Originaire d’une famille ouvrière du Morbihan, Francis Le Blé fréquenta les écoles privées. En 1948, il entra à l’Arsenal de Brest comme ajusteur. Adhérent CFTC, il faisait partie des équipes fédérales de la JOC à Brest, maintenant un réseau de relations personnelles au sein de cette filière militante durant tout son itinéraire militant.

En 1959, il devint secrétaire de la puissante UL-CFTC de Brest, principalement composée des militants ouvriers de l’Arsenal. Positionné au sein du courant Reconstruction, majoritaire dès le début des années 1960 à Brest, Francis Le Blé conserva ses responsabilités locales à la CFDT, avant de devenir secrétaire de l’UD en 1962.
Militant de la CIR dès 1967, il était en lien avec Louis Le Bail* (comptable), également issu des filières chrétiennes de gauche, qui occupait des responsabilités importantes à la CFTC puis à la CFDT à Lorient. En 1968, il fonda un club socialiste, affilié à la CIR, le Groupe d’études et de recherches socialistes (GERS). En juin 1968, il fut candidat FGDS dans la circonscription de Brest 1 avec Jean Ratinaud (professeur agrégé) comme suppléant, obtenant 14, 14 % des suffrages exprimés avec 9 074 voix (en 1967, le candidat FGDS avait recueillit 8, 84 % des voix). Secrétaire général de la FGDS, il talonnait ainsi le candidat du PCF (9 229 voix en 1968 contre 11 942 en 1967).

En 1969, il abandonna ses responsabilités syndicales à la tête de l’UD-CFDT pour se consacrer à ses activités politiques. Secrétaire fédéral du nouveau PS dès 1969 après Hervé Mao*, député SFIO entre 1951 et 1958, il conserva ces fonctions jusqu’en 1975, marquant de son empreinte les années décisives de la relance et de la reconfiguration du milieu socialiste.

En 1970, il se présenta dans le canton de Brest 1, déjà tenu par le passé par la SFIO avec Ernest Philippot* (1912-1913), Guillaume Messager* (1925-1931) et Robert Gravot* (1958-1964). Très actif, Francis Le Blé tissa les nouveaux réseaux militants socialistes, s’appuyant notamment sur les filières syndicales et essaimant à partir des noyaux CIR.
En mars 1973, il fut à nouveau candidat aux législatives à Brest 1 avec Marie-Jacqueline Desouches* comme suppléante, obtenant 18,17 % des suffrages exprimés (13 131 voix) au 1er tour, avant d’être battu au second tour avec 47,79 % des voix.

En octobre 1973, il fut élu conseiller général de Brest 2 à 43 ans dans un contexte de forte poussée du PS à Brest (plus aucun élu depuis 1964 dans ce bastion originel de la SFIO depuis 1910) avec les succès de Georges Kerdoncuff, Joseph Gourmelon*, Marie-Jacqueline Desouches (député européenne entre 1981 et 1984) et Jean-Marie Garrigou-Lagrange.

Lors du congrès fédéral de Plouhinec en mai 1975, Francis Le Blé passa le relais à Erwann Guéguen pour les fonctions de secrétaire fédéral du PS.

En 1977, il évolua professionnellement, devenant ingénieur à l’Arsenal. En mars 1977, la liste conduite par Francis Le Blé fut élue à Brest. Maire à 48 ans, il faisait partie de la génération de nouveaux élus de l’union de la gauche, dirigeant les grandes villes de l’Ouest au même titre que Edmond Hervé* à Rennes, Alain Chenard* à Nantes ou Jean Monnier à Angers.

En mars 1978, il fut candidat pour la 3e fois aux législatives à Brest 1, obtenant 29,84 % des suffrages exprimés (25 542 voix), échouant de justesse au second tour avec 49,61 % des voix.

Positionné sur le courant CERES depuis 1973, Francis Le Blé fut devancé en interne lors des désignations pour les candidatures aux législatives de juin 1981 par Joseph Gourmelon (ex CIR, courant Mitterrand), élu député sans discontinuer jusqu’en 1993. Francis Le Blé devint alors président de la Communauté Urbaine de Brest (CUB), responsabilité détenue depuis 1977 par Joseph Gourmelon.

A l’été 1982, son décès brutal plongea la gauche socialiste brestoise dans une situation complexe, son 1er adjoint Pierre Maille, futur président du Conseil Général du Finistère à partir de 1998, ne réussissant pas à conserver la municipalité en 1983. Le canton fut également repris par la droite avec Guy Leclerc, jusqu’en 1985.

Le stade de football du l’ancien patronage catholique du Stade Brestois porte désormais le nom de cette figure marquante du PS brestois.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136695, notice LE BLÉ Francis par François Prigent, version mise en ligne le 9 avril 2011, dernière modification le 14 juin 2018.

Par François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Finistère. – Arch. de l’OURS, dossiers Finistère. – Arch. de la FJJ, dossiers CIR, FGDS, NPS. – Arch. Fédérales du PS du Finistère et du Morbihan. – Le Breton Socialiste puis Cap-Finistère. – Entretiens avec Joseph Gourmelon, Pierre Maille et Joseph Le Lamer. - Maurice Lucas, Christian Bougeard, Gilbert Gramoullé et Jean-Jacques Urvoas (dir.), Les socialistes dans le Finistère (1905-2005), Apogée, Rennes, 2005. François Prigent, « La mutation des milieux socialistes dans l’Ouest breton (1967-1973) : réseaux, trajectoires, identités », communication au colloque de l’IEP de Rennes et de l’Université de Rennes 2, L’Ouest dans les années 1968, 26-28 novembre 2010.

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