KAUFMANN Fernande (parfois KAUFMANN ou KAUFFMANN)

Par Pierre Schill

Née le 27 novembre 1921 à Moyeuvre-Petite (Moselle), morte en mai 2011 ; ouvrière dans la métallurgie puis directrice d’un hôtel d’accueil de mères célibataires à Metz (Moselle) ; militante communiste ; résistante au sein du groupe « Mario » (FTP) puis FFI ; conseillère municipale de Montigny-lès-Metz (Moselle) puis adjointe au maire de Saint-Julien-lès-Metz (Moselle) ; secrétaire départementale et membre du conseil national de l’Union des femmes françaises (UFF) ; membre du bureau du Mouvement de la paix en Moselle.

Carte fournie par sa famille
Carte fournie par sa famille

Issue d’une famille de trois enfants, Fernande Kaufmann avait des parents très engagés politiquement. Son père, Charles Mousquet, était ouvrier maçon à l’usine métallurgique de Wendel de Moyeuvre-Grande (Moselle) où il militait à la CGT. Sa mère, Marie Schuster, était elle aussi une « révolutionnaire » originaire d’une famille « rouge » des Ardennes.

À l’âge de seize elle épousa Robert Kaufmann* qui travaillait dans la même usine que son père et militait aussi à la CGT. De cette union naquit en 1946 une fille.

À partir de l’été 1941, la Moselle étant annexée au Reich hitlérien, elle entra avec son époux dans la Résistance, au sein du groupe « Mario » organisé par l’instituteur communiste Jean Burger*. Elle était notamment chargée du ravitaillement des résistants entrés dans la clandestinité et des prisonniers de guerre et déserteurs qui passaient la frontière avec la France à Moyeuvre-Grande.

En mars 1943 elle fut réquisitionnée en tant que bobineuse, comme le fut Anna Schell-Entzmann*, pour travailler à l’usine métallurgique de Moyeuvre-Grande rebaptisée H. Göring Gewerke. Prévenue à l’automne 1943 qu’une vague d’arrestations allait toucher son organisation clandestine, elle décida de ne plus se rendre à son travail. Le groupe « Mario » démantelé et réfugiée dans la clandestinité à la ferme Corbat de Moyeuvre-Petite, Fernande Kauffmann rejoignit jusqu’à la fin de l’année 1944 le groupe FFI Krieger, alias Grégor.

Son père, lui aussi membre du groupe « Mario », fut quant à lui arrêté et emprisonné au Fort de Queuleu à Metz, lieu de détention et de torture des résistants, où il mourut en décembre 1943. La sœur de Fernande Kaufmann fut expulsée en Avignon et son frère menacé d’être incorporé de force dans la Wehrmacht, réussit à gagner la France.

Au lendemain de la guerre, elle devint secrétaire départementale de l’Union des femmes françaises (UFF) en Moselle et siégea au conseil national de l’organisation dont elle fut une permanente à Paris de 1945 à 1956, date de son retour en Moselle pour suivre son époux qui commença à travailler après l’obtention de son diplôme de la faculté de médecine de Nancy. Elle reprit d’ailleurs l’emploi qu’il occupait dans un centre d’accueil de travailleurs immigrés. Après le décès de son époux en 1967, elle devint directrice de l’hôtel maternel « Le nid » à Metz qui accueillait des mères célibataires. Elle y travailla jusqu’en 1983. C’est au moment du décès de son époux qu’elle quitta le Parti communiste, en partie parce qu’elle avait espéré en vain que les maires communistes des villes sidérurgiques de Moselle lui trouve un emploi dans l’une des colonies de vacances de la CGT ou du PC. Elle resta malgré cela fidèle à ses idées de gauche.

Le Mouvement de la paix fut créé en février 1949 en Moselle. Au début de l’année 1950, Fernande Kaufmann était membre du bureau de cette organisation.

Candidate communiste aux élections cantonales des 20 et 27 mars 1949 dans le canton de Metz II (Moselle), elle obtint au premier tour 530 voix sur 5 045 suffrages exprimés et 9 212 électeurs inscrits.

À la conférence fédérale du PC des 18 et 19 février 1950 à Metz le bureau fut renouvelé et se composait de huit membres dont Fernande Kauffman. Elle était alors secrétaire fédérale de l’UFF. En 1959, elle n’était plus au bureau de la fédération mais siégeait encore au comité fédéral.

Elle fut élue aux élections municipales d’avril 1953 à Montigny-lès-Metz (Moselle) sur la liste communiste menée par Jules Seidel* qui obtint en moyenne 1300 voix et quatre sièges contre 6500 voix et 23 sièges à la liste de droite qui l’emporta.

La famille Kaufmann s’installa à Saint-Julien-lès-Metz en 1958 où Fernande fut élue aux élections municipales des 8 et 15 mars 1959 sur la liste du maire communiste François Simon*. À nouveau candidate aux élections municipales de 1965, elle fut élue au premier tour sur la liste du maire sortant. Celui-ci, premier magistrat de la commune depuis 1929 mais malade fut battu lors de l’élection du maire par Jean Weber. Fernande Kauffmann fut ensuite élue adjointe au maire. Elle siégea au conseil municipal jusqu’en 1983.

Candidate suppléante sur la liste communiste aux élections sénatoriales du 26 avril 1959 en Moselle, elle avait obtenu 205 voix sur 2 172 suffrages exprimés pour 2 233 grands électeurs inscrits. Elle fut candidate aux mêmes élections, sans plus de succès, en septembre 1965.

Elle était Chevalier dans l’ordre républicain du Mérite Civique et Militaire, titulaire de la Médaille d’Honneur Départementale et Communale, de la Médaille du Combattant Volontaire de la Résistance, de la Médailles de bronze, argent et vermeil du Souvenir Français et adjointe au Maire honoraire pour 24 années sans discontinuer comme élue municipale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136703, notice KAUFMANN Fernande (parfois KAUFMANN ou KAUFFMANN) par Pierre Schill, version mise en ligne le 10 avril 2011, dernière modification le 8 septembre 2011.

Par Pierre Schill

Carte fournie par sa famille
Carte fournie par sa famille

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 145 W 28, 151 W 825, 458 W 155. — Le Républicain Lorrain, 22 mars 1949, 9 et 16 mars 1959. — Renseignements fournis par l’intéressée. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194 p. — Gérard Diwo, Les formations politiques en Moselle (21 octobre 1945-17 juin 1951), thèse de doctorat d’histoire, Université de Metz, 1992, 2 tomes, 423 et 157p. — Pierre Schill, « Antifascisme et résistance ouvrière organisés autour de la CGT et du Parti communiste en Moselle annexée (1940-1945) : entre histoire et mémoire », p. 173 à 187, dans Sylvain Schirmann (dir.), Annexion et nazification en Europe, Université de Metz-[http://www.memorial-alsace-moselle.com/f/fiches/colloque_metz/MEMORIAL_COLLOQUE_basse_reso.pdf]

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