BARRAN Pierre, Jean dit Robert

Par André Balent, Claude Pennetier

Né le 13 janvier 1918 à Arudy (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques), mort le 20 janvier 1978 à Paris (12e arrondissement) ; militant du sport ouvrier à Toulouse (Haute-Garonne) ; résistant (FTPF, réseau "Morhange") de la Haute-Garonne ; viguier de France en Andorre (14 septembre 1944-5 mai 1945) ; journaliste sportif communiste.

Fils d’un contremaître radical socialiste et d’une ménagère catholique, Robert Barran obtint une licence en droit. Résistant du réseau Morhange (agent permanent du renseignement) dans le Sud-ouest, Robert Barran fut un agent infiltré à la préfecture de Toulouse.

Mobilisé en 1939 à Bordeaux, démobilisé en janvier 1941, il s’installa à Toulouse et travailla comme rédacteur à la Préfecture. Dès fin 1941 il participa à la Résistance avec les réseaux gaullistes et participa au BCRA comme agent de renseignement. Ses responsables furent Marcel Taillandier (le fondateur du réseau Morhange) et Cazes (Base Espagne). Fin 1942 il fut en contact avec les FTP (responsable Rouquet) puis avec le service B (responsable Marius). Passé dans l’illégalité la semaine du débarquement, il participa à la formation des maquis en Haute-Garonne et en Ariège dans la forêt de Bragues à Quérigut (commune du Donnezan située en Ariège, mais dans la haute vallée de l’Aude) comme adjoint au capitaine Audebaud (ORA et réseau "Morhange") alias "l’Aigle".

Peu après la Libération (14 septembre 1944) et jusqu’au 5 mai 1945, il fut chargé de la viguerie de France en Andorre, nommé par le préfet des Pyrénées-Orientales, délégué permanent du co-prince français en Andorre (le président du GPRF, co-prince d’Andorre). Il avait rang , de diplomate. Il y était alors considéré comme "communiste".

Ce furent André Hauriou et André Philip de passage à Toulouse, qui prirent l’initiative, en accord avec le commissaire de la République Pierre Bertaux, de nommer Barran au poste de viguier de France en Andorre en remplacement du viguier "vichyssois" Émile Lasmartres qui avait été trop complaisant avec les Allemands depuis l’occupation de la zone sud le 12 novembre 1942. Mais il fallait, au préalable, que Robert Barran fût provisoirement investi dans son poste par le délégué permanent du co-prince français en Andorre, le préfet des Pyrénées-Orientales, Jean Latscha. Le 15 septembre 1944, Barran était à Perpignan où Ltsha le nomma viguier de France en Andorre, à titre provisoire"sous réserve de l’approbation du ministère des Affaires étrangères". Le jour même, Barran arrivait en Andorre pour prendre ses fonctions.

À la mi-septembre de septembre 1944, peu de temps après la Libération des départements de l’Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales et Haute-Garonne, alors que les guérilleros de l’AGE (UNE) préparaient, y compris depuis l’Andorre, l’opération de Reconquista de España, Barran eut une réunion dans les locaux de la viguerie de France à Andorre-la Vieille avec des représentants de l’AGE, un major américain, un major britannique, un capitaine français et un réfugié républicain, le Catalan Francesc Viadiu, animateur depuis l’Andorre, entre 1940 et 1944, d’un important réseau de passages transfrontaliers dépendant de l’IS britannique. Il s’agissait alors de dissuader les guérilleros liés au PCE de mettre à exécution leur plan d’invasion de l’Espagne franquiste. Robert Barran démissionna de ses fonctions de viguier de France en Andorre le 1e février 1945 et ne fut remplacé qu’en mai 1945.

Rugbyman réputé, Barran joua d’abord au rugby à XIII à L’avenir valencien (Valence-d’Agen), club qui fut champion de France de deuxième division en 1938. Pendant la guerre il fut capitaine du Toulouse olympique, club de rugby à XV. Il fut capitaine du Stade toulousain en 1946-1947. Ce club remporta en 1947 la coupe de France et fut champion de France. Homme de gauche, Barran était, en 1952, secrétaire de la FSGT du Midi (voir Marcel Montaubrie). Conseiller municipal de Toulouse, il adhéra au Parti communiste en 1955. Il entra dans la presse communiste de Toulouse (Le Patriote du sud-ouest) puis dans la presse sportive communiste nationale et fut un des piliers de Miroir Sprint et Miroir du Rugby. Il fut commentateur, jusqu’en 1974, de matchs de rugby internationaux à la télévision et à Europe 1.

En 1956, la fédération communiste de Haute-Garonne avait proposé qu’il suive une école nationale de 4 semaines mais le secrétariat national refusa, alléguant son appartenance à la DGER pendant la Résistance et le caractère récent de son adhésion.

En 1973, sous la direction de Claude Compeyron, les Éditions Vaillant absorbèrent les Éditions Miroir Sprint. Dans Miroir du Rugby, il défendit la théorie de la pratique du rugby d’un autre militant communiste, René Deleplace. Barran écrivait également dans l’Humanité.

Robert Barran était chevalier de la Légion d’honneur.
Il existe une rue Robert-Barran à Arudy (Pyrénées-Atlantiques) et à Vierzon (Cher). Plusieurs stades portent le nom de Robert Barran : à Athis-Mons (Essonne), à Brétigny-sur-Orge (Essonne), à Montreuil (Hauts-de-Seine), à Plaine (Yvelines), à La Queue-en-Brie (Val-de-Marne), à Proudhon (Yvelines), à Saint-Martin-d’Hères (Isère), à Toulouse (Haute-Garonne), à Vierzon (Cher).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136720, notice BARRAN Pierre, Jean dit Robert par André Balent, Claude Pennetier, version mise en ligne le 12 mai 2011, dernière modification le 1er août 2020.

Par André Balent, Claude Pennetier

SOURCES  : Arch. comité national du PCF. — Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 1723 W 109, délégation permanente en Andorre (1883-1993). — Notes de Marianne Lassus. – Journaux cités. — David Mas, Les valls d’Andorra i el maquis antifranquista, Andorre-la-Vieille, Editorial Andorra, 1985, 149 p. [p. 105]. — Roser Porta, Jorge Cebrián, Andorrans als camps de concentració nazis. Aspectes d’Andorra durant la Segona Guerra Mundial, Andorre-la-Vieille, Govern d’Anorra, Ministeri d’Afers exteriors, 2009, 223 p. [ppp. 173-175. — Site assn.org (Amicale des services secrets de la défense nationale), Monument national de Ramatuelle (Var) consulté par André Balent, le 15 avril 2018.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément