LE GRIGNOU Lucie, Perrine

Par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent

Née le 13 janvier 1898 à Lannilis (Finistère), morte le 8 juin 1974 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord- Côtes-d’Armor) ; institutrice ; secrétaire adjointe du SMEL-CGTU (1926) puis membre du bureau de la section du SNI des Côtes-du-Nord ; militante du PSU.

Fille d’un charpentier, Lucie Le Grignou fut reçue à l’École normale d’institutrices de Saint-Brieuc (promotion 1914-1917). Titulaire du brevet supérieur en 1916, elle enseigna à Paimpol (1926-1939), au préventorium de Saint-Laurent en Plérin (1939-1943), à Ploeuc-sur-Lié (1943-1945), puis à Saint-Brieuc où elle termina sa carrière (1945-1953). Secrétaire-adjointe du SMEL-CGTU (1926) puis conseillère syndicale (1928-1932), elle milita contre la fusion avec le syndicat national en 1931. Amie de Maria Le Maux*, elle soutint les objecteurs de conscience en 1933. Elle fut élue conseillère syndicale de la section départementale du Syndicat national des instituteurs (1935), puis au bureau chargée de la propagande (1938) À la suite d’un article paru dans le bulletin syndical en février 1935, elle reçut un blâme par l’inspecteur d’académie. À l’issue d’une inspection en mai 1939, elle se vit reprocher d’avoir hébergé le militant républicain espagnol Lorenzo Ferrer et sa fiancée, sortis du camp d’Argelès-sur-Mer. Le bureau départemental du SNI après une audience à l’inspection académique évita qu’elle fût déplacée d’office. Elle le fut en novembre 1942 par décision préfectorale à la suite de différends avec la direction du préventorium.

Lucie Le Grignou, lors du congrès du SNI de Grenoble, le 27 juillet 1946 intervint sur la question de la formation prémilitaire après le rapport d’Emile Labrunie* et l’intervention de Juliette Harzelec*. Elle considérait que la formation prémilitaire pouvait être un moyen d’enlever la jeunesse à l’influence de l’Eglise. Lors de l’élection en décembre 1947 du bureau national du SNI, pour la première fois à la proportionnelle, elle figurait, comme ancienne secrétaire à la propagande de la section syndicale des Côtes-du-Nord, parmi les vingt candidats de la liste C « d’indépendance et d’action syndicale », conduite par Marcel Valière*, présentée par les Amis de l’École émancipée. Le conseil national, le 28 décembre 1947, lui attribua 120 mandats. Dernier acte de sa carrière syndicale, elle présida l’assemblée générale de la section départementale du SNI de 1953.

Elle fut candidate aux élections municipales à Saint-Brieuc sur la liste du PSU dirigée par Antoine Mazier* en mars 1959.

Lucie Le Grignou se maria en novembre 1961 à La Roche-Derrien (Côtes-d’Armor) avec Henri Le Moullec, retraité de la Marine nationale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136784, notice LE GRIGNOU Lucie, Perrine par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 25 avril 2011, dernière modification le 16 mai 2011.

Par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 1M360 ; 1T1550, dossier professionnel versé par l’inspection académique. — Arch. de l’UD CGT des Côtes d’Armor. — Presse syndicale nationale et départementale. — Alain Prigent, Les instituteurs des Côtes-du-Nord sous la IIIeRépublique (Laïcité, amicalisme et syndicalisme), Editions Astoure, 2005. — François Prigent, Un socialisme d’extrême gauche dans le Trégor, La Charrue Rouge d’Augustin Hamon et Philippe Le Maux (1930-1937), mémoire de maîtrise, sous la direction de Claude Geslin, 2000, Rennes II. — François Prigent, "Les femmes dans l’action militante, syndicale et revendicative de 1945 à nos jours", communication au colloque international de Lyon (mars 2007).

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