NIEWIADOWSKI Stefan

Par Daniel Grason

Né le 14 février 1896 (Pologne) ; mécanicien ; volontaire en Espagne républicaine.

Il effectua son service militaire, fut volontaire « trois ans pour la liberté de la Pologne » de 1917 à 1922, il suivit une formation à l’école militaire, fut sergent, puis brigadier. Marié, Stefan Niewiadowski vint travailler en France, fréquenta l’Université de Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine). Il parlait le polonais, le russe, le français et plus tard l’espagnol. Politiquement, il se définissait comme un « antifasciste communiste ».

Il arriva en Espagne le 18 novembre 1936, il fut incorporé à la Brigade Dombrowski, instructeur de bataillon. La XIIIe Brigade, nouvellement créée, était composée des bataillons Henri Vuillemin (franco-belge), Louise Michel et Tchapaiev, elle fut engagée en décembre 1936 et en janvier 1937 sur le front de Teruel. Nommé capitaine, Stefan Niewiadowski commandait la compagnie polonaise Adam Mickiewicz, ses hommes chargèrent baïonnette au canon à trois reprises les nationalistes retranchés dans un cimetière, en vain….

Quatorze offensives furent menées par les internationaux, avec l’appui de chars Soviétiques, de l’escadrille España, appelée Escadrille antifasciste André Malraux. Les nationalistes résistèrent, les anarchistes de la Colonne de fer furent appelés en renfort. Jacques Delperrie de Bayac, écrivit : « les Internationaux, trop hâtivement formés, manquent de cohésion, ont de l’élan, du courage, mais n’ont pas le « punch ». En tués, blessés et disparus […] Teruel coûtera à la XIIIe Brigade près de 50 % de pertes, et il faudra fondre les bataillons Henri Vuillemin et Louise Michel en un seul, qui gardera le nom du premier ».

Il prit part aux combats de Malaga (janvier 1937), Cordoba et Grenade. Stefan Niewiadowski fut grièvement blessé en avril, envoyé en France pour y être soigné. Il revint en Espagne en août 1937, il fut affecté au camp d’instruction de la XIIIe Brigade internationale à la Casa Ibañez. Dans ce camp fut créée en janvier 1938, la compagnie juive de réserve Botvine. Une cérémonie fut organisée, y prirent la parole le commissaire politique de la compagnie Moïse Borenstein, les commandants Chartchenko, Boleslaw Maslankiewicz, le capitaine Stefan Niewiadowski.

N’étant plus apte pour le front, il fut en mai 1938, mis à la disposition de la base des brigades internationales à Albacete. Stefan Niewiadowski fut rapatrié à une date inconnue. Eduardo d’Onofrio dit Edo et la commission d’évaluation examinèrent son parcours en Espagne, dans une note datée du 10 juillet 1940. Ses aptitudes militaires étaient appréciées : « s’est bien conduit au front, très vaillant. Notre commission l’a signalé au parti communiste polonais comme un bon officier, courageux ». Politiquement des réserves étaient émises : « n’a pas de compréhension pour le travail politique » n’a pas collaboré « avec le commissaire politique ». Une information qui ne pouvait être qu’un ragot était mentionnée en guise de conclusion : « Il paraît que le consul polonais de Paris était au courant qu’il venait en Espagne. Nous ne savons pas s’il avait des relations directes avec le consul ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136802, notice NIEWIADOWSKI Stefan par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 avril 2011, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.6.749, BDIC mfm 880/39. – David Diamant, Combattants Juifs dans l’armée Républicaine espagnole. 1936-1939, Éd. Renouveau, 1979. – Castells Andreu, Las Brigadas internacionales de la guerra de España, Barcelone Ariel, 1974. – Delperrie de Bayac Jacques, Les Brigades internationales, Fayard, 1968.

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