LANDAIS Jean-Pierre [LANDAIS Jean, Pierre, Georges, Albert, dit]

Par Gérard Boëldieu, Jacques Girault

Né le 19 juillet 1939 à Martigné-sur-Mayenne (Mayenne) ; professeur puis chef d’établissement ; militant syndicaliste du SNES puis du SNPDES et du SNPDEN ; militant communiste en Mayenne, en Vendée et en Loire-Atlantique.

Son père, ébéniste puis gérant de coopérative agricole, fut tué au front le 6 juin 1940 ; sa mère, née Simone Laborderie, était institutrice publique, adhérente du Syndicat national des instituteurs. Jean-Pierre Landais, pupille de la Nation, élève au lycée de garçons de Laval, eut comme professeur Jean Suret-Canale et comme répétiteur Yves Gargam. Après avoir obtenu le baccalauréat « Philosophie », il effectua des études à la faculté des lettres de Rennes (Ille-et-Vilaine) tout en étant surveillant et maître-auxiliaire. Titulaire d’une licence de langues vivantes (anglais, allemand) et du CAPES d’allemand, spécialiste des méthodes audio-visuelles, il fut nommé professeur au lycée de jeunes filles de Laval (Mayenne) puis à l’École normale de Laval (de 1968 à la suppression de son poste en 1972), au collège d’enseignement secondaire d’Évron (1972-1974). Dans cette localité, il fonda la Maison des jeunes et de la culture. En 1974, après avoir opté pour des fonctions administratives, il devint principal du CES de l’avenue Beaussire à Luçon (Vendée), en 1985 principal du CES La Géraudière (devenu collège Stendhal) à Nantes (Loire-Atlantique), en 1991 proviseur du lycée Sud du Mans (Sarthe), en 1994 proviseur du lycée Montesquieu du Mans, où il termina sa carrière en 1999.

Jean-Pierre Landais adhéra à l’Union des étudiants communistes à Rennes en 1960. De 1960 à 1962, responsable du secteur lettres de l’UEC, il fit partie du bureau du comité de la paix de la faculté des lettres et participa au festival de la jeunesse à Vienne en 1961. Il adhéra au Parti communiste français à Laval en 1962.

Jean-Pierre Landais épousa en avril 1962 à Morlaix (Finistère) Annick Roudot, fille d’un inspecteur des douanes, étudiante puis professeur d’allemand, militante du mouvement de la Paix. Le couple, qui habitait Evron (Mayenne), eut trois enfants. Ils divorcèrent et il se remaria avec Danièle Cotton, professeur-documentaliste, en juillet 1998 au Mans (Sarthe).

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire de 1962 à 1974, secrétaire de la section syndicale (S1) de son lycée, Jean-Pierre Landais, devint secrétaire de la section départementale (S2), siégea à la commission administrative académique (S3) du SNES de 1972 à 1974. Parallèlement, jusqu’en 1982, il milita dans la Fédération des conseils de parents d’élèves dont il fut un temps secrétaire départemental en Mayenne.

Chef d’établissement, Jean-Pierre Landais adhéra au Syndicat national des personnels de direction de l’enseignement secondaire (FEN). Au moment de la scission de la FEN, il soutint l’option de la double appartenance (FSU/FEN) de son syndicat, option minoritaire au congrès de Saint-Malo (1995). Après la scission de la FEN, il adhéra au Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (UNSA). Secrétaire départemental en Vendée et Loire-Atlantique, il devint secrétaire académique de 1992 à 1994. Il siégea à la CA nationale de ces syndicats sans discontinuer à compter de 1975. De 1979 à 1997 il fit partie de la commission administrative paritaire académique.

En Mayenne, Jean-Pierre Landais était secrétaire d’une cellule communiste et membre du comité, puis du secrétariat à partir de 1970, de la section communiste des Coëvrons de 1964 à 1974. Il fut élu au comité de la fédération communiste de 1965 à 1970 et du bureau fédéral de 1970 à 1974, responsable des questions enseignantes. Il fut candidat au Conseil général dans le canton d’Evron où il militait activement parmi les carriers, en 1964 et 1970 (25 % des exprimés) et aux élections municipales d’Evron en 1971.

En Vendée, trésorier de la cellule des enseignants et secrétaire de la section communiste de Luçon en 1982, Jean-Pierre Landais fut membre du comité de la fédération communiste de 1980 à 1983. Candidat au Conseil général dans le canton de Luçon en 1982 (871 voix, troisième position), il était le chef de file des candidats communistes sur la liste d’union de la gauche dirigée par un radical-socialiste aux élections municipales de 1983.
Jean-Pierre Landais participa au groupe de réflexion qui, autour de Pierre Juquin, élabora un projet de « loi d’orientation portant création de l’école fondamentale démocratique et moderne », paru sous le titre Reconstruire l’école, en 1973. Son action de chef d’établissement menée en équipe, et souvent en précurseur, s’en inspira. À Luçon, il créa un des premiers réseaux d’établissements (quatre collèges et un lycée) pour harmoniser les critères d’évaluation et d’orientation. À Nantes, dans un collège de ZEP au recrutement social très diversifié, il se pencha sur la question du bon accueil des enfants handicapés et mit en place des programmes d’insertion pour les jeunes en difficulté de 16 à 25 ans.

« Solidaire plutôt que solitaire », telle était sa conception du chef d’établissement scolaire, qu’il aurait souhaité voir investi d’une réelle autorité morale et pédagogique. Il mit en application ces principes à la MAPFEN, dans la formation continue des personnels de direction, dans l’action de réflexion et de modernisation des SEGPA et dans diverses missions pédagogiques concernant les langues vivantes.

Depuis 1990, Jean-Pierre Landais n’était plus adhérent du PCF, tout en en restant proche. Il signa un appel à voter pour Robert Hue à l’élection présidentielle de 1995. Retiré dans la région nantaise, il renoua avec le PCF et en resta membre tout en portant un regard critique sur son fonctionnement. De 2004 à 2010, il fut un des initiateurs du réseau « Enjeux Education », auprès du président communiste de la commission Education et enseignement, porteur du « Projet éducatif régional/Le lycée de la réussite » et un acteur de l’Observatoire des inégalités qui aboutit en juin 2009 au Forum régional des formations. Il anima jusqu’en 2017 « l’Huma café » de Nantes. Dans une lettre à l’Humanité-hebdo du 29 janvier 2000, il s’en prit à ceux qui considéraient comme obsolète l’ensemble du plan Langevin-Wallon qui, disait-il, « n’a jamais bénéficié d’une volonté politique de mise en œuvre réelle et totale […] » et il considérait qu’on ne peut disjoindre textes théoriques et pratiques sur le terrain. Dans l’Humanité du 7 avril 2007, il reprochait à Jacques Perreux son soutien à la candidature de José Bové à la Présidence de la République, sous le titre « Qui donc t’a fait Roi ? », article repris sur le site Internet « bellacio.org ». Partisan de l’ouverture en direction des mouvement citoyens, il fut un des initiateurs de textes alternatifs lors des congrès (« L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen » en 2016 et « Pour un printemps du communisme » en 2018). Administrateur de la Société des Amis de l’Humanité de la Société des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet (2005-2018), il collabora à l’Office franco-allemand pour la jeunesse au titre de spécialiste de l’enseignement rapide des langues vivantes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136845, notice LANDAIS Jean-Pierre [LANDAIS Jean, Pierre, Georges, Albert, dit] par Gérard Boëldieu, Jacques Girault, version mise en ligne le 3 mai 2011, dernière modification le 24 mai 2021.

Par Gérard Boëldieu, Jacques Girault

ŒUVRE : Codirection du Dictionnaire des lycées publics des Pays de la Loire, Presses universitaires de Rennes, 2009, 655 pages avec illustrations (Jean-Pierre Landais est l’auteur de l’introduction et des articles "Agents, BTS, Chefs de travaux, Cités scolaires, Concierge, Délégués, Effectifs, Intendance, Langues vivantes (enseignement des), Le Mans Sud, Presse, Proviseurs, Règlement intérieur)".

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse nationale. — Ouest-France du 18 juin 1999.- Lettre de l’Éducation. Région des pays de la Loire, n° 22, novembre 1999 (« Un proviseur évoque sa carrière », p. 4).- Site Internet « bellacio.org ». — Note de Jacques Cousin. — Informations fournies par écrit par l’intéressé en 1999 et en 2019..

ICONOGRAPHIE : Photographie de Landais lors de son pot de départ à la retraite en juin 1999.

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