LAPLACE-DOLONDE Renée [née RIGOT Renée, Flavie]

Par Jacques Girault

Née le 1er février 1905 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), morte le 8 février 1996 à Agon-Coutainville (Manche) ; institutrice puis directrice de collège d’enseignement technique ; militante syndicaliste ; militante communiste dans la Manche, conseillère municipale de Périers, de Granville et d’Agon-Coutainville.

Son père, Alexandre Rigot, né à Auderville (Manche), adjudant au 47e régiment d’infanterie en 1905, devenu capitaine au 247e RI, mourut de ses blessures, le 26 juin 1915, sur le champ de bataille à Perhes (Marne). Sa mère, Marguerite Regnault fille d’un conseiller municipal d’Agon, devint employée des postes. Pupille de la Nation (mais mention non indiquée sur son acte de naissance), Renée Rigot, élève du cours complémentaire d’Agon, entra à l’École normale d’institutrices de Coutances (Manche). Elle débuta comme institutrice en 1924 à Beuvrigny. Après avoir été élève de 4e année et surveillante à l’École normale d’institutrices de Rennes (1925-1928), elle retrouva un poste d’institutrice à Mortain avant de devenir surveillante à l’École normale d’institutrices de Coutances (1930-1931).

Admissible à l’École normale de l’enseignement technique, reçue au concours d’entrée à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (sciences), après son mariage, elle refusa la condition professorale après avoir obtenu la première partie du certificat d’aptitude au professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures (sciences). Elle ne figurait donc pas sur la liste des reçues publiée par l’association des anciens élèves.

Renée Rigot, indiquée comme professeur d’école primaire supérieure à l’état civil, se maria le 18 septembre 1931 à Granville (Manche) avec Charles Laplace-Dolonde, instituteur, militant syndicaliste. Le couple eut deux filles. Ils habitaient à Hacqueville-Granville dans les années 1950.

Institutrice à Cherbourg, puis à Saint-Clément (1932-1934), Renée Laplace-Dolonde occupa les fonctions de directrice de l’école de Brix (1934-1937), avant d’enseigner les mathématiques au cours complémentaire de filles de Périers. Elle fut chargée par l’enseignement technique de créer en 1946 un centre d’apprentissage féminin à Granville, qui devint collège d’enseignement technique en 1959. Elle le dirigea jusqu’à sa retraite en 1964, tout en étant aussi directrice des cours professionnels municipaux. Elle présidait aussi le patronage laïque de Granville.

Renée Laplace-Dolonde adhéra au Syndicat national (CGT) en 1931, fut membre du conseil syndical de sa section départementale puis de celle du Syndicat national des instituteurs après la fusion syndicale. En janvier 1935, candidate au Conseil départemental de l’enseignement primaire, elle appela avec l’autre candidate syndicale, à ne pas voter pour elles mais à voter pour Mesdames Marie Rouxel et Nicol pour protester contre les mesures disciplinaires qui touchaient ces deux militantes. Elle fut élue malgré tout. Membre des commissions des jeunes, des affaires administratives et des vœux, dans les débats internes du SNI, elle se montrait en accord avec la ligne de la direction nationale de la CGT, opposée souvent à celle de la direction du SNI. À partir de 1946, elle adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique (branche apprentissage) qui resta à la CGT après 1948. Elle fut élue et réélue à plusieurs reprises à la commission administrative paritaire académique dans le collège des directeurs et directrices. Elle fut élue suppléante à la Commission administrative paritaire nationale.

Renée Laplace-Dolonde, militante de l’Union des femmes françaises, candidate aux élections municipales de Périers, sur une liste d’union de la Résistance, fut élue de 1945 à 1947, et fut membre de la commission des finances. Élue par la suite conseillère municipale sur une liste de gauche à direction communiste à Granville, de 1947 à 1959, elle fut membre du Bureau d’aide sociale et de la commission des finances. En 1959, elle conduisait la liste “d’Union républicaine démocratique et laïque“. Elle obtint au deuxième tour 1 100 voix sur 4 908 suffrages exprimés. Elle conduisait à nouveau une liste “Républicaine et laïque d’action sociale et antifasciste" soutenue par le PCF pour les élections générales du 27 mai 1962 organisées à la suite de la fusion de Granville et de Saint-Nicolas. Elle obtint 1 150 voix sur 4 710 suffrages exprimés, soit deux fois plus que la moyenne de sa liste, la liste de droite étant élue dès le premier tour.

Renée Laplace-Dolonde adhéra au Parti communiste français en janvier 1960.
Membre du comité de la section communiste de Granville, elle entra à la commission de contrôle financier de la fédération communiste en 1961. Elle devint secrétaire de la section communiste, puis membre du seul bureau de la section de Coutances en 1966, secrétaire d’une cellule. Renouvelée à la CFCF jusqu’en 1968, elle fut alors intégrée dans le comité fédéral jusqu’en 1974. A partir de 1972, elle fit partie de la commission paysanne et économique de la fédération. Le secrétaire fédéral, en 1974, la qualifiait de « figure du parti dans la Manche ».

Après avoir été candidate sur la liste communiste aux élections législatives de 1956, elle le fut à nouveau aux élections législatives dans la troisième circonscription (Granville-Coutances) en 1958, et obtint sur 56 048 inscrits, 2 164 voix (sixième position), puis 2 131 voix (troisième position) au second tour. En 1962, elle réunissait sur 54 622 inscrits, 2 420 voix (quatrième position), en 1967, sur 53 267 inscrits 3 125 voix (sixième position), en 1968, sur 53 110 inscrits, 2 534 voix (quatrième position), en 1973, sur 55 282 inscrits, 3 905 voix (quatrième position). Elle fut aussi candidate trois fois aux élections sénatoriales et une fois aux élections régionales. S’ajoutaient des candidatures au Conseil général dans le canton de Saint-Malo-de-la-Lande en 1961, en 1967, en 1973 (troisième position) , dans le canton de Granville en 1964, dans celui de Granville en 1970.

Retraitée, Renée Laplace-Dolonde vint habiter Agon-Coutainville et fut élue conseillère municipale de la commune en 1965 et réélue en 1971.

Dans les années 1970, présidente de l’association des anciennes élèves de l’école normale, elle était la secrétaire de la société des anciens élèves et des amis des écoles laïques d’Agon et la secrétaire du club du troisième âge de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136872, notice LAPLACE-DOLONDE Renée [née RIGOT Renée, Flavie] par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 mai 2011, dernière modification le 24 mai 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F 17/28324. —Arch. Dép. Manche, 1192 W 16 et 28. — Arch. Dép. Ille-et-Vilaine, état civil. — Liste des morts pour la France 1914-1918, Mémoire des hommes, sga.defense. — Archives du Comité national du PCF. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressée et par son mari. — Notes d’Alain Dalançon et d’Alexandre Huault.

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