LE DOUARAN Joseph, Marie.

Par Jacques Girault

Né le 29 juin 1898 à Plougoumelen (Morbihan), mort le 30 janvier 1995 au Bono (Morbihan) ; instituteur ; militant socialiste SFIO puis communiste ; militant syndicaliste du Morbihan.

Joseph Le Douaran dans son jardin en 1953.
Joseph Le Douaran dans son jardin en 1953.

Fils d’un marin-pêcheur, Joseph Le Douaran reçut les premiers sacrements catholiques. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, engagé comme mousse sur un bateau de pêcheur à partir de 1912, malade, il dut renoncer à ce métier. Son instituteur du Bono le fit entrer au cours complémentaire d’Auray où il prépara le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Vannes (Morbihan) qu’il réussit en 1914. Mais sa scolarité n’y dura qu’une année à partir de novembre 1914, en raison de l’utilisation des locaux comme hôpital militaire. Nommé instituteur intérimaire au début de 1915 à Lorient- Kérentrech puis à Auray, engagé volontaire en juin 1915 dans la Marine nationale, embarqué sur l’aviso « La Marne » qui escortait les convois à travers l’Atlantique, la Manche, la Mer du Nord et la Baltique. Il réussit au brevet supérieur en 1916 qu’il avait préparé seul pendant sa mobilisation. Il exerça, dès la guerre terminée, à Baden pendant deux années puis à Roudouallec en poste double. Nommé en 1924 au Bono, il y enseigna, avec son épouse, jusqu’à sa retraite en 1953.

Le Douaran se maria religieusement (« pressions familiales ») en août 1922 au Faouet (Morbihan) avec une institutrice, fille d’un artisan menuisier. Le couple eut un fils qui ne reçut « aucune instruction religieuse ».

Adhérant au Syndicat des membres de l’enseignement laïc en 1919, Le Douaran y demeura quand celui-ci s’affilia à la CGTU. Il fut tour à tour trésorier et secrétaire adjoint jusqu’en 1934. Il participa à tous les congrès nationaux depuis celui de Bordeaux en 1931 et à toutes les réunions du conseil national de 1937 à la guerre.

Membre du Parti socialiste SFIO en 1920, Le Douaran passa, après le congrès de Tours, au Parti communiste qu’il quitta en 1928 en raison de son hostilité au maintien du candidat communiste au deuxième tour des élections et de la confusion possible qui pouvait résulter entre direction syndicale et direction politique. Il décida alors de n’adhérer à aucun parti politique et de se consacrer à la seule activité syndicale.

Comme son ami Joseph Rollo, Le Douaran rallia, à la fin de 1934, le Syndicat national avec la majorité de la section départementale du Morbihan. Il devint très vite membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs et secrétaire général de 1937 à 1940, responsable de la publication du bulletin de la section. Il participa alors à la plupart des congrès et des conseils nationaux. Gréviste le 30 novembre 1938, partageant les analyses de Rollo concernant la défense laïque, il fit sienne les grandes analyses de la direction nationale du syndicat sur les questions de la paix. Membre de diverses sociétés mutualistes (Mutuelle antituberculeuse, Secours mutuel de l’orphelinat de l’enseignement primaire, Caisse chirurgicale), il fut de 1932 à 1937 le correspondant départemental du Soutien mutuel.

Mobilisé en janvier 1940 dans l’Infanterie à Quimper puis dans les chars à Vannes, Le Douaran, fait prisonnier au camp de Locminé, fut libéré par les Allemands avec 600 autres soldats. Ayant gardé des contacts clandestins avec les membres de l’ancienne direction syndicale, il participa à la reconstitution du syndicat dès la Libération et retrouva ses fonctions de secrétaire général de la section départementale du SNI qu’il conserva jusqu’en 1947. Lors de la réunion du conseil national de Pâques 1945, il fit partie de la commission chargée de rédiger la motion laïque. Lors du congrès national, il fut assesseur de la séance du 21 juillet 1947. Il fut pendant quelques années secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale. Dans son enseignement, il accordait un grand intérêt à la recherche sur l’histoire locale et accompagnait avec son violon la séquence de chant.

Cofondateur de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale en 1947, délégué de cette section à la première assemblée générale ordinaire de la MGEN, à Paris (22-24 décembre 1947), Le Douaran en fut le vice-président, puis le président (1950-1972). Il présida aussi l’Union départementale des sociétés mutualistes du Morbihan (avril 1959-novembre 1979). Sous sa présidence, la pharmacie mutualiste, le centre d’optique mutualiste de Vannes et la maison de la Mutualité à Lorient furent créés et le sanatorium hélio-marin de Kerpape fut reconverti en centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle pour enfants, adolescents et adultes accidentés (AVC et accidents de la route). Il fut le principal réalisateur de la clinique de la porte de l’Orient, après le rachat de la clinique chirurgicale de la rue Etienne Dolet à Lorient. Il fut aussi administrateur de la Fédération nationale de la Mutualité française pendant neuf ans.

En 1998, son nom fut donné à une nouvelle école à Kerpape.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136974, notice LE DOUARAN Joseph, Marie. par Jacques Girault, version mise en ligne le 11 mai 2011, dernière modification le 11 mai 2011.

Par Jacques Girault

Joseph Le Douaran dans son jardin en 1953.
Joseph Le Douaran dans son jardin en 1953.
Le Douaran, chevalier de la Légion d’honneur en 1976.
Le Douaran, chevalier de la Légion d’honneur en 1976.

SOURCES : Documentation MGEN. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé et par sa belle-fille. — Notice rédigée par René Crozet. — Notes d’André Robert.

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