LEBORGNE Albert

Par Emilie Willemin

Né le 30 novembre 1908 à Lens (Pas-de-Calais), mort le 3 novembre 1963 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ; professeur puis proviseur ; militant syndicaliste ; militant communiste, conseiller municipal de Blendecques (Pas-de-Calais).

Fils d’un instituteur devenu gérant de coopérative qui mourut au début des années 1920, et d’une institutrice, Albert Leborgne fut élève au lycée de Périgueux (Dordogne) de 1918 à 1920 puis de Saint-Omer (Pas-de-Calais) où il obtint le baccalauréat ès lettres (latin, grec et philosophie) en juillet 1926. Il obtint la licence de philosophie en novembre 1929 après des études à Lille et Paris, puis le certificat secondaire d’allemand à Paris en juillet 1931 et le diplôme d’études supérieures d’allemand à Lille en 1932. Admissible à l’agrégation d’allemand en 1933, il fut admis en 1936.

Leborgne, assistant en allemand, devint professeur, intégré dans le cadre métropolitain en qualité d’adjoint d’enseignement aux lycées de Durlach et Carlruhe de Baden, en Allemagne, en 1929-1930. Il enseigna par la suite comme professeur d’allemand aux lycées de Saint-Omer (1931-1937, Faidherbe à Lille (1937-1943), il fut replié au lycée Thiers de Marseille (1940-1942). Sa demande de nomination définitive à Marseille fut refusée. A la rentrée de 1943, il fut délégué comme censeur du lycée de Saint-Quentin (Aisne) avant d’être titularisé en 1945. Il dirigeait en même temps le centre de formation professionnelle des maîtres d’internat. L’année suivante, nommé proviseur du lycée Berthollet d’Annecy (Haute-Savoie), il y exerça pendant neuf ans, faisant beaucoup pour lui donner une prospérité matérielle et un renouveau intellectuel et pédagogique. De 1955 à 1962, il dirigea le lycée Ampère à Lyon puis le lycée de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) jusqu’à son décès.

Leborgne se maria en août 1932 à Avesnes-lez-Aubert (Nord) avec une professeur de lettres devenue censeur d’établissements féminins. Le couple eut six enfants, puis divorça. Il se remaria en juillet 1962 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) avec une surveillante générale.

Le 15 février 1935, Leborgne fit un exposé sur la femme en URSS lors d’une réunion de la cellule communiste de Saint-Omer. En avril 1935, l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais remit une plainte au Préfet car Leborgne distribuait des tracts socialistes SFIO et communistes invitant la population de Blendecques, où il résidait alors depuis plus de quinze ans, à assister à un meeting contre le fascisme et le service de deux ans entre autres. Il reconnut avoir participé à ce meeting mais nia tout sentiment antipatriotique, rappelant au préfet que les fils de l’inspecteur adhéraient à des ligues fascistes. De plus la plainte en question fut portée à la connaissance du Préfet plus de trois semaines après les faits, lorsque l’inspecteur d’académie apprit que Leborgne serait candidat aux élections municipales à Blendecques, le 5 mai 1935, sur une liste de gauche. Il fut élu au premier tour et le resta jusqu’en juillet 1941.

Après la guerre, Leborgne fit partie de la commission exécutive du syndicat des proviseurs de 1958 à 1961. En 1958, il était secrétaire et l’année suivante membre du bureau national du syndicat.

Sa mère Constantine Leborgne, née Machen, le 28 novembre 1885 à Enguinegatte (Pas-de-Calais), fille d’un ménager et d’une institutrice, devenue directrice d’école, fut maire de Blendecques de mai 1945 à octobre 1947. Elle décéda le 14 avril 1969 à Blendecques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137010, notice LEBORGNE Albert par Emilie Willemin, version mise en ligne le 12 mai 2011, dernière modification le 12 mai 2011.

Par Emilie Willemin

SOURCES : Arch. Nat., F 17/28 164. — Presse syndicale : Bulletin du Syndicat national des proviseurs et directrices des lycées français. — Renseignements fournis par la mairie de Blendecques. — Notes de Jacques Girault.

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