KÉROMEST Louis, Jean

Par François Prigent

Né le 14 septembre 1919 à Notre-Dame-du-Guildo (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; cadre EDF ; syndicaliste CGT de l’Éclairage, secrétaire du GNC ; maire PSA-PSU puis PS de Ploumagoar (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) (1959-1978).

Fils d’un mécanicien et d’une institutrice, Louis Kéromest était était cadre EDF à Guingamp. En 1954, il fut élu secrétaire du Groupement national des cadres (GNC) lors de son VIe congrès, réélu au congrès suivant (Paris, novembre 1959). En 1956, il fut élu au bureau de la Fédération CGT de l’Énergie lors de son XXe congrès, réélu à l’issue du congrès suivant (1959). De 1957 à 1963, il fut administrateur du Comité de coordination des Caisses mutuelles complémentaires d’action sociale.

Militant PSA, Louis Kéromest, à la tête d’une coalition PSA-PCF, devint maire de Ploumagoar en mars 1959. Dans un contexte de désagrégation de la fédération SFIO liée à la scission menée par Antoine Mazier, il l’emporta dans un duel fratricide face à un des proches de l’ancien député SFIO Alexandre Thomas*. Cette rupture au sein du milieu socialiste, fut avivée en avril 1959 par le décès, peu après l’élection, de Jean Guillou*, maire SFIO de la commune entre 1945 et 1959.

Membre de la direction fédérale du PSU dès 1960, Louis Kéromest animait un noyau partisan important à Ploumagoar, parmi lesquels Jean Carré, Marcel Garlantézec, André Golven, Raymond Guillou, Jean Kernech, Pierre Leghevoir, Marcel Le Faucheur, Jean Michel mais aussi des instituteurs syndicalistes comme Roger Caroet ou Serge Drianne. Louis Kéromest figurait parmi le réseau des maires PSU dans le département en mars 1965 et en mars 1971.

Lors des Assises du socialisme en octobre 1974, Louis Kéromest, à l’instar de l’essentiel des cadres et élus du PSU dans les Côtes-du-Nord, fit le choix de rejoindre le PS. En mars 1977, il entama un 4e mandat municipal, dans un contexte de tensions vives entre socialistes et communistes, d’autant que la région de Guingamp était caractérisée par une poussée électorale du PCF, symbolisée par les succès de François Leizour, conseiller général (1976), maire (1977) et député (1978) de Guingamp. La multiplication des incidents, liée aux conceptions et pratiques du pouvoir du maire, creusa un fossé entre Louis Kéromest et ses adjoints, parmi lesquels Pierre Mordelet ou Yvon Le Merrer. Les crispations internes, recoupant également un conflit générationnel, relevaient des luttes entre courants au sein du PS. La crise politique au conseil municipal fut ouverte suite à une affaire de terrain à vendre : désavoué par la section et la fédération PS, dirigée par Didier Chouat, Louis Kéromest démissionna de son mandat de maire. A l’image de ses liens étroits avec Paul Guézennec (PCF, résistant, syndicaliste et militant associatif), conseiller municipal de Ploumagoar, Louis Keromest était proche des militants de la CGT locale, puissante dans les différentes entreprises de la zone industrielle de Guingamp, dans les abattoirs comme à EDF. Ainsi, Kéromest permettait de contenir les concurrences entre socialistes et communistes, qui ne disposaient que de trois conseillers municipaux en mars 1977 en dépit d’un fort enracinement militant depuis la Libération. Lors des élections partielles en 1978, la liste PCF, menée par Christian Le Verge, l’emporta, profitant également des divisions au sein du PS local. Marié à une fille adoptive de Arthur Bourgès, maire socialiste de Pont-Melvez, et frère de Lucien Le Verge, conseiller général PCF de Callac (1958-1964), Christian Le Verge (1941-2001), instituteur puis PEGC, fut maire de Ploumagoar entre 1977 et 2001 et conseiller général communiste de Guingamp entre 1988 et 1994.

Louis Kéromest se maria une première fois en février 1942 à Plounévez-Quintin. Divorcé, il quitta la région pour l’Isère, se remariant en janvier 1989 à Buis-les-Baronnies. Son fils, Michel Kéromest, principal adjoint de collège, s’affirma comme un des responsables du Grand-Orient dans les Côtes-d’Armor et un des leaders du PS à Paimpol, assumant notamment les fonctions de secrétaire de section, tête de liste (en 2001, dans un contexte de divisions de la gauche socialiste) et de conseiller municipal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137098, notice KÉROMEST Louis, Jean par François Prigent, version mise en ligne le 24 mai 2011, dernière modification le 7 septembre 2013.

Par François Prigent

SOURCES : Archives FNE-CGT : déclaration des organismes dirigeants, XXe congrès ; GNC. — François Prigent, Les réseaux socialistes en Bretagne des années 1930 aux années 1980, thèse, Rennes 2, 2011, 812 p. — État civil février 2013.

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