KURDZIEL Édouard

Par Janine Olmi

Né le 28 août 1934 à Longwy-Haut (Meurthe-et-Moselle), mort le 28 mai 1998 à Torremolinos, au cours d’un voyage en Andalousie ; ouvrier professionnel aux Aciéries de Longwy, après l’obtention d’un CAP de chaudronnier ; secrétaire du syndicat de Lorraine-Escaut (Usinor au début des années 1960) ; conseiller municipal PCF de Longwy 1977.

Edouard Kurdziel était fils de Polonais. Le père né à Rzehgocin le 3 novembre 1897 et la mère à Szonsko le 7 juillet 1898, émigrèrent en Lorraine dans les années 1930. Seule la mère figure sur l’acte de naissance. Orphelin de mère à dix ans, il fonda une famille en épousant Yvonne Mura, le 28 août 1958 à Longwy. Née de parents Sardes, la jeune longovicienne fut décoratrice aux Faïenceries de Longwy. Ils eurent deux enfants, Yannick et Catherine dans leur maison des Cités du Tivoli.

En 1953, Édouard Kurdziel, CAP en poche, donna son adhésion aux jeunesses communistes dès la sortie du centre d’apprentissage de l’usine. En 1953, nouveau membre de la CGT, il s’engagea dans le mouvement de grèves qui secoue une nouvelle fois les Aciéries de Longwy, entraînant dans le chômage, un nouveau contingent de licenciés. Le jeune Kurdziel échappa de peu aux recherches de « fauteurs de trouble » en sautant au-dessus du portail et échappa ainsi à la sanction.

Cette aventure risquée marqua l’apprenti syndicaliste, tout au long de son militantisme ultérieur. Devenu secrétaire du syndicat de Lorraine Escaut en 1964, il se distingua en donnant priorité au quotidien des salariés de l’usine, avec un souci du détail qui parfois agaçait ses compagnons délégués. Il avait quand même réussi à faire partager à ces militants la valeur « cahier de revendications ». Sous la direction d’Édouard Kurdziel, le cahier de revendications se conjuguait par service.

Après 1968, la section du PCF d’Usinor, du secrétaire fédéral, jugea cohérent d’évacuer Édouard Kurdziel de son poste, au profit d’un nouveau dirigeant davantage inspiré par les questions politiques.

En 1968, Edouard Kurdziel devint secrétaire du comité d’entreprise changeant de poste mais pas de convictions. À l’issue du conflit de 1967 dans la sidérurgie, ayant assumé une sortie de grève houleuse il avait fait part de son hostilité au secrétaire fédéral Jean Breteau venu défendre la signature de la première convention sociale et montré la priorité d’une augmentation de salaires. Le mouvement de 1968 ne l’avait pas séduit. À la nouvelle vague de militants inspirés par les insurgés du pavé parisien, il aimait à rappeler les sanctions qui frappaient les dirigeants des actions extrêmes, en rappelant la disparition des équipes syndicales en 1951 et 1953.

Il appelait son équipe à revenir dans le jardin syndical concret et payant en termes d’influences. Les élections de 1967 et 1968 avaient affaibli les listes CGT. En 1979, lors du plan européen Davignon supprimant l’usine sidérurgique du bassin, il fut l’un des acteurs épisodiques et critiques de LCA (Lorraine Cœur d’Acier), radio créée par la confédération puis dirigée ensuite par l’Association des Amis de LCA, qu’il considérait onéreuse et éloignée du combat social.

Dans la gestion syndicale, il veillait à la vigilance financière. Lors des réunions au comité central d’entreprise, il répartissait les subsides confortables votés par le CE pour couvrir les frais des participants, en conservant une part qui serait remise à la trésorerie syndicale. Il craignait la suspicion de « délégués achetés » une rumeur véhiculée avec constance depuis la promotion professionnelle d’un secrétaire syndical à la fin des années 1940. Le délégué cégétiste devait être irréprochable et comptable de l’utilisation de ses heures syndicales, de sa probité morale et financière. Richard Géhin, directeur de la colonie de vancances de la Pierre Attelée2, propriété du CE d’Usinor à Saint-Brévin-les-Pins, en témoigne : « Il aimait me rappeler au cours de nos entretiens, toujours très cordiaux, que c’était "l’argent des travailleurs" que je gérais et qu’il fallait le faire avec le plus grande rigueur. »
Après son départ d’Usinor Longwy, il devint responsable de la section CGT des retraités.

Élu en 1977 à la municipalité de Longwy au sein de l’équipe de l’enseignant communiste Jules Jean, il occupa la fonction d’adjoint de 1978 à 1998. En 1995, il était devenu le porte-parole de son parti au sein de la majorité municipale animée par l’ingénieur socialiste Jean-Paul Durieux.

Lors de son décès ce syndicaliste fut accompagné par une foule nombreuse. Un poème d’Aragon mis en musique par Jean Ferrat et une chanson de Ferrat furent lus lors de la cérémonie : Que serais-je sans toi et Camarade.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137121, notice KURDZIEL Édouard par Janine Olmi, version mise en ligne le 25 mai 2011, dernière modification le 8 juillet 2016.

Par Janine Olmi

SOURCES : Entretien avec son épouse. — Le Républicain lorrain. — Antoine Porcu, Mémoire d’un Sarde atypique, op. cit. — J. Olmi « Le PCF a-t-il un avenir », DEA en sciences politiques de Nancy II faculté de droit. — Archives sonores de LCA mars 1980, mémoire militante. — E. Tiberi, E. Zolfo, Immigrés et prolétaires, op. cit. — État civil. — Lettre de Richard Géhin, Nancy, 19 juin 2016.

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