LEIFER Christine [TSCHANZ Christine, Emma, épouse Leifer]

Par Françoise Olivier-Utard

Née le 8 août 1908 à Schiltigheim (Basse-Alsace annexée), morte le 4 octobre 2002 à Brumath (Bas-Rhin) ; dactylo ; syndicaliste de la CGT ; communiste ; membre du Comité mondial contre la guerre et le fascisme ; membre de l’UFF ; conseillère municipale communiste (1945-1953) ; permanente CGT du textile du Bas-Rhin (1950-1952).

Son père, Christian Tschanz, était aiguilleur aux chemins de fer. Sa mère s’appelait Christine Schneider. Le couple était de religion protestante et habitait à Schiltigheim.

Christine Tschanz fit des études en partie à l’école allemande, puis à l’école française. Elle devint dactylo. Elle épousa le 5 septembre 1931 Charles Leifer, mécanicien, né le 15 janvier 1909 à Schiltigheim. La liste de la Gestapo concernant les militants de gauche d’avant-guerre, établie sur la base de la liste de la préfecture française, la donne comme responsable pour le Bas-Rhin du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme en 1939. Elle avait vraisemblablement adhéré au parti communiste. Au moment de la déclaration de la guerre, elle fut évacuée en Haute-Vienne. On ignore à quelle date elle rentra en Alsace annexée de fait.

À la Libération, elle fut une militante de l’Union des femmes françaises dans la section de la banlieue rouge de Strasbourg (Schiltigheim-Bischheim-Hoenheim), la plus importante du département, forte de 140 membres. Elle était aussi secrétaire de la section Schiltigheim-Bischeim (banlieue ouvrière de Strasbourg) du parti communiste. Elle devint secrétaire du syndicat CGT du textile du Bas-Rhin, où se retrouvait une majorité de femmes. De 1950 à 1952, elle fut présidente de la commission des femmes de la CGT du Bas-Rhin. Bonne oratrice, elle intervenait en français aussi bien qu’en dialecte alsacien, devant des publics très divers. Elle participa activement aux diverses initiatives pour la paix, en particulier le 14 mai 1948, au meeting pour les femmes réuni dans la grande salle de l’Aubette, où elle représentait la CGT, le 24 novembre de la même année, où elle s’exprima en alsacien devant un très large public féminin. En janvier 1949, elle était à la tribune du meeting unitaire pour la Paix, présidé par Jacques Duclos, au Palais des fêtes de Strasbourg. Le 3 février 1952 l’UFF réunit 2000 personnes au Wacken (palais des expositions de Strasbourg) pour la Journée internationale des femmes.

Placée en troisième position de la liste communiste conduite par Eugène Heinerich (liste d’Union républicaine et résistante, et de défense des intérêts communaux de Schiltigheim), elle fut l’une des deux premières femmes élues conseillères municipales à Schiltigheim, le 24 septembre 1945. Les deux élues, la communiste et la socialiste, figuraient en dernière position car elles avaient obtenu moins de voix que les élus hommes. Christine Leifer, réélue en 1947 et en 1951, était alors la seule femme du conseil municipal. Elle avait considérablement amélioré son score et par exemple arrivait, en nombre de voix, en 14° position des élus du conseil municipal. Elle fut responsable de la commission municipale Hygiène, santé et sports.

Elle fut candidate en 5ème position de la liste PCF aux législatives du 17 juin 1951 et de ce fait première femme communiste bas-rhinoise candidate au Parlement.

Ses fonctions politiques et syndicales furent stoppées net fin 1952 par le parti et le syndicat. Une période antiféministe s’ouvrit dans la fédération du Bas-Rhin. Les femmes furent moins sollicitées pour être candidates en position d’éligibilité. Les fortes personnalités, comme Suzanne Fath* et Alice Karcher*, furent exclues ou mises sur la touche. Christine Leifer se vit reprocher sa vie privée. Elle avait divorcé le 28 novembre 1951 et se remaria le 20 mai 1965 avec Édouard Meyer, ancien permanent syndical et ancien conseiller municipal de Schiltigheim.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137129, notice LEIFER Christine [TSCHANZ Christine, Emma, épouse Leifer] par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 25 mai 2011, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Liste de la Gestapo. — Schiltigheim au XX° siècle, p. 261. — Arch. Dép. du Bas-Rhin, 544 D 41a ; 544 D 111. – Presse Libre, 28 mars 1945.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément