KLEIN Marie-Louise, Germaine, épouse JUNGWIRTH

Par Jean-Marie Conraud

Née le 28 août 1925 à Verdun (Meuse) ; sténo-dactylo ; présidente de la Fédération JOCF de Verdun ; permanente nationale (1952-1955), responsable de la branche « Avenir et Joie » ; animatrice de l’association France-Autriche, de l’Institut français et de l’Association des Français à l’étranger.

Marie-Louise Klein était l’aînée d’une famille de huit enfants dont le père, d’origine alsacienne, exerçait la profession de menuisier-charpentier. Ses études primaires terminées, elle fréquenta le lycée de Verdun jusqu’au brevet obtenu en 1940. Elle entra ensuite dans un centre de formation professionnelle où elle prépara un CAP de sténo-dactylo, obtenu en 1942. Pendant cette période, elle s’engagea dans de multiples activités paroissiales : chorale, théâtre, patronage, etc.

Elle fut embauchée en 1942 à la recette des finances de Verdun comme secrétaire du receveur. Son travail lui donnait l’occasion de passages assez fréquents à la Banque de France où elle rencontra Fernande Henry, responsable locale de la JOCF. Avec son aide, elle lança à Belleville (Meuse) une section dont elle devint responsable et qui fut affiliée en 1945 à la section de Douaumont (Meuse). Après la guerre, elle anima la campagne d’année sur le délégué des jeunes et sur la troisième semaine de congés payés. Au cours d’une de ces campagnes, elle prit pour la première fois la parole dans un meeting public à la Maison du travail de Verdun. Elle était alors syndiquée à la CFTC.

Elle fut sollicitée bien vite pour assumer des responsabilités fédérales. La présidente était Thérèse Mathieu et Marie-Louise Klein visitait les sections de la JOCF à vélo, jusque Dun-sur-Meuse et Stenay (Meuse). Comme il y avait peu d’industries dans la région, l’action jociste était essentiellement orientée vers le quartier et les loisirs. C’est ainsi que Marie-Louise Klein se spécialisa dans l’organisation de camps de vacances pour les jeunes.

Devenue présidente fédérale, elle participa à plusieurs sessions intensives. En 1952, elle fut nommée permanente nationale de la JOCF. Elle avait hésité un moment car, âgée de vingt-sept ans, elle pensait quitter le mouvement. Par ailleurs son salaire allait diminuer de moitié, ce qui posait un problème sérieux à sa famille qui accepta pourtant cette nouvelle orientation.

Chargée de la formation de monitrices pour l’encadrement des camps de jeunes travailleuses, elle fut également responsable de la rédaction d’un bulletin. Elle eut des contacts avec le « Loisir populaire » de la JOC et l’OCCAJ (Organisation centrale des camps et auberges de jeunesse). Dès 1952, l’idée se développa d’organiser des camps à l’étranger. Un essai en Grande-Bretagne ne fut pas concluant. Par contre, en Autriche, les camps se déroulèrent dans de bonnes conditions et l’opération fut renouvelée plusieurs années de suite. En même temps, Marie-Louise Klein travaillait avec l’équipe régionale Alsace-Lorraine pendant une dizaine de jours par mois. Quand elle quitta la JOCF en 1955, elle fut embauchée à l’OCCAJ. Elle aurait souhaité prendre l’animation d’une auberge de jeunesse mais elle était trop jeune.

Lors d’un camp en Autriche, elle fit la connaissance de Kurt Jungwirth qui était responsable éducatif des camps organisés dans son pays. Professeur de français, il avait aussi enseigné l’allemand à Belfort. Ils se marièrent le 15 novembre 1956 à Vienne (Autriche) et eurent deux enfants. Kurt Jungwirth, ministre de la Culture du land de Styrie pendant vingt-et-un ans, conserva par la suite d’importantes responsabilités sur le plan culturel. Sa notoriété facilita l’engagement de sa femme dans de nombreuses activités de promotion de la langue et de la culture française. Elle relança l’association France-Autriche, développa l’Institut français en Autriche, organisa des cours du soir en langue française et prit des responsabilités dans l’Association des Français à l’étranger. Elle fut décorée de la médaille du Mérite national et son mari reçut le grade de chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137192, notice KLEIN Marie-Louise, Germaine, épouse JUNGWIRTH par Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 1er juin 2011, dernière modification le 1er juin 2011.

Par Jean-Marie Conraud

SOURCES : Arch. JOCF (SG), fichier des anciennes permanentes, certificats de travail. – Renseignements fournis par l’intéressée. – Notes d’Éric Belouet. – État civil de Verdun (2011).

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