LABORDE Jean-Gabriel

Par Jean-François Lassagne

Né le 30 juin 1934 à Campsegret (Dordogne) ; électromécanicien ; mineur de fer ; militant de la CGT ; membre de la commission administrative de la Fédération régionale des mineurs de Fer et de Sel de Lorraine ; responsable du service juridique ; délégué mineur ; membre de la commission exécutive de l’Union départementale de Meurthe-et-Moselle ; militant communiste ; membre du comité fédéral de Meurthe-et-Moselle Nord ; adjoint au maire de Joudreville (Meurthe-et-Moselle).

Gabriel Laborde
Gabriel Laborde
Photo collection personnelle de Gabriel Laborde

Son père Paul Laborde était né le 15 mai 1907 à Montceau-et-Echarnant (Côte-d’Or), d’une famille de douze enfants. Conducteur de travaux, il travaillait sur les chantiers des lignes électriques basses tensions, ainsi que sur les chantiers d’adduction d’eau aux Grands Travaux de Marseille (GTM). Originaire de Tulle (Corrèze), où elle naquit le 2 février 1902, sa mère Antoinette Mas épousa Paul Laborde à Brantôme (Dordogne) en 1933. Gabriel, qui vit le jour le 30 juin 1934, était le second d’une famille de quatre enfants. Avec la guerre la famille retourna à Montceau-et-Echarnant, où Paul Laborde entra en résistance au maquis Pierre Semard (secteur de Montceau et Lusigny) ; de son côté son épouse avait adhéré au Parti communiste dès 1921 au sein duquel elle milita toute sa vie. Détenant la cabine téléphonique à son domicile, elle devint alors agent de liaison. Arrêtée en 1943 par les SS, elle ne dut son salut qu’à l’intervention de résistants qui attaquèrent le peloton d’exécution sur la place du village, et vécut cachée durant plusieurs mois. Antoinette Laborde mourut le 8 avril 1952 à Marsannay-la-Côte (Côte-d’Or).

Gabriel Laborde suivit ses études primaires jusqu’à l’âge de treize ans avant d’entrer, comme René son frère aîné, avec leur père aux GTM où ils travaillèrent sur différents chantiers de lignes basses et hautes tensions. Ce fut à la suite d’une erreur de rétablissement prématuré du courant sur la ligne en travaux, que René Laborde mourut accidentellement à l’âge de dix-neuf ans malgré les efforts de son frère qui réussit à l’extraire de la rivière où il avait chuté. Gabriel Laborde adhéra à la CGT en 1950 à Dijon. Puis il décida de partir en Lorraine sur les chantiers de pose des caténaires dans le cadre de l’électrification de lignes de chemin de fer par les GTM. Après avoir épousé Huguette Desbœufs à Mont-Bonvillers (Meurthe-et-Moselle) le 12 mars 1955, il partit en juin effectuer son service militaire en Algérie durant vingt-sept mois. Blessé en mai 1957, il resta un mois à l’hôpital militaire de Metz, puis retourna en Algérie jusqu’à sa libération en septembre de la même année.

De retour à Mont-Bonvillers, il vécut chez ses beaux-parents avec son épouse et le premier de leurs deux enfants, avant de s’installer à Joudreville. Il fut alors embauché comme électromécanicien à la mine de fer de Piennes (Meurthe-et-Moselle), où il reprit rapidement sa carte à la CGT, devint délégué mineur suppléant, puis titulaire en 1978, et membre du Comité d’Entreprise de la mine du Nord-est (Usinor). Il devint membre de la Commission administrative de la Fédération Régionale des Mines de Fer et de Sel de Lorraine en 1958 jusqu’en 1988, et responsable de son service juridique. Après l’École de Droit Syndical d’un mois qu’il avait suivie aux Prémontrés à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), il exerça durant quinze ans le mandat de défenseur prud’homal à la Fédération. Élu à la Commission exécutive de l’Union Départementale de Meurthe-et-Moselle, il fut délégué au congrès confédéral de Grenoble en 1978, et participa à toutes les grandes grèves des mineurs, au fond comme au jour. Opposé à la vente des maisons aux mineurs, il combattit pour que la gratuité fût de règle, comme cela avait été le cas pour les porions et les employés. Agressé physiquement par un nouveau directeur à l’occasion d’une discussion salariale, et auquel il avait rétorqué qu’ « ici on n’est pas en Algérie, vous ne nous mènerez pas à coups de trique », il ne fut pas sanctionné, après avoir fait la preuve qu’il était la victime.

Il partit à la retraite en 1985, atteint par la maladie professionnelle, avec un taux d’invalidité de quarante pour cent, et poursuivit sa lutte pour une reconnaissance à soixante pour cent. Entré dès 1946 à l’organisation de jeunes communistes Les Vaillants, il s’engagea très tôt au Parti communiste et fut élu membre du comité fédéral de Meurthe-et-Moselle-Nord. Conseiller municipal à Joudreville en 1971, il devint ensuite durant deux mandats adjoint au maire jusqu’en 1988, lorsqu’il partit vivre à Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle). Il siégea au conseil d’administration de la Mutuelle du Pays Haut à partir de 1999. Remarié cette même année avec Grazyna Gadocha, il continua de militer par la suite à la section du PCF de Metz (Moselle) où il était arrivé en 1992, et partagea son temps avec sa belle-famille en Pologne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137204, notice LABORDE Jean-Gabriel par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 3 juin 2011, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Gabriel Laborde
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Photo collection personnelle de Gabriel Laborde

SOURCES : Entretiens avec Gabriel Laborde le 16 juin 2009 et le 24 mai 2011. — Archives personnelles de Gabriel Laborde.

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