LE FOULGOC Robert, Pierre

Par Jacques Girault, François Prigent, Michel Vincent

Né le 5 juin 1911 à Brest (Finistère), mort le 15 novembre 2003 à Saint-Briac (Ille-et-Vilaine) ; instituteur puis directeur de CEG ; secrétaire départemental du SNI en Ille-et-Vilaine (1951-1954 et 1956-1961) ; président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en Ille-et-Vilaine (1950-1961) ; militant laïque et associatif.

En 1917, Robert Le Foulgoc fut victime d’une double fracture de la jambe, mal réduite, qui entraîna sa vie durant une claudication prononcée. Passé par les écoles laïques, il intégra l’École normale de Rennes, en dépit des réticences de l’administration dues à son handicap, au sein de la promotion 1928-1931.

Sa carrière professionnelle se déroula dans le Nord républicain de l’Ille-et-Vilaine. Instituteur à Cancale (1931), Dol-de-Bretagne puis Saint-Malo (1935), il enseigna dans le cours complémentaire de Saint-Malo Rocabey (1950-1959), avant de prendre la direction du CEG de Dinard à la fin de sa carrière.

Républicain laïque, Robert Le Foulgoc était adhérent du SNI et de la LDH dès les années 1930, se rapprochant après le Front Populaire du milieu partisan socialiste.

Secrétaire de l’importante section SFIO de Paramé dès novembre 1944, il avait intégré le Parti socialiste clandestin au contact de Isidore Leroux* (conseiller municipal de Paramé en 1935, réseaux Libération-Nord, fusillé au Mont-Valérien en décembre 1943), qui était le relais malouin de l’ancien conseiller d’arrondissement SFIO, Honoré Commeurec*, membre du CDL et mort en déportation.

Au printemps 1945, Robert Le Foulgoc exprima plusieurs reprises, notamment dans l’organe fédéral de la SFIO, des positions visant à renforcer politiquement les réseaux résistants et à initier une stratégie unitaire entre les deux grandes formations de gauche (SFIO et PCF).

En 1945, il fut candidat dans le canton de Saint-Malo, obtenant 3087 voix (soit 35.9 % des suffrages exprimés), incarnant un renouveau générationnel au sein de la SFIO (34 ans). Profitant de l’absence de candidature communiste, il talonnait le candidat MRP Noury (3482 voix), d’autant qu’il obtint le désistement du radical Legay (1694 voix). Mais au second tour, Robert Le Foulgoc fut devancé de 500 voix, recueillant 4193 voix (47,2 % des suffrages exprimés). Battu tout comme le député Albert Aubry*, il ne parvint donc pas à rejoindre au conseil général les 3 élus SFIO, Eugène Quessot* à Rennes, Jean-Marie Trocherie* à Antrain et Jules Besnard* à Pleine-Fougères.

Figure départementale de la SFIO, il figurait aussi en cinquième position sur la liste SFIO lors des législatives de novembre 1946 (17,17 % des suffrages exprimés) derrière Albert Aubry (élu), Charles Foulon*, Marcel Bietry* et Marie Trégaro*.

Syndicaliste actif depuis 1936, il intégra à la Libération la direction départementale du SNI, menée successivement par Lanthoën*, Lanoë* et Derrien*, intervenant lors des congrès nationaux pour la défense de la laïcité, clivage central dans l’Ouest Breton. Après s’être positionné en 1948 en faveur du maintien des syndicats enseignants au sein de la CGT, il resta au sein des réseaux dirigeants du SNI, formés par la composante UID majoritaire.

Dans le même temps, il faisait partie des cercles dirigeants de la LDH en Ille-et-Vilaine, aux côtés notamment de l’universitaire socialiste Armand Rébillon* (également président de la FOL) ou Louis Voclair* (adjoint SFIO à Rennes, président du Cercle Paul-Bert), signe de l’emprise des réseaux socialistes sur la constellation des filières laïques et humanistes dans le département.

En 1948, il intervint à plusieurs reprises lors de la scission suscitée par l’universitaire résistant Charles Foulon au sein de la SFIO, se heurtant à l’ancien leader des JS du Finistère tout en prenant du recul par rapport aux instances fédérales socialistes.

En 1950, il prit la suite d’Armand Rébillon, parti à Nice, à la tête de la LDH d’Ille-et-Vilaine, en perte de vitesse au niveau de ses effectifs comme de son influence. En 1951, il devint secrétaire départemental du SNI, laissant le poste de secrétaire adjoint à Roger Gomet*, issu des matrices résistantes communistes. En 1954, conformément au statut de la section départementale, il abandonna ses responsabilités départementales au SNI, appuyant néanmoins son successeur issu de la mouvance socialisante, Georges Beauplet* (né en 1912, militant SFIO qui passa ensuite au PSU).

En 1956, Robert Le Foulgoc, redevenu secrétaire départemental du SNI, figurait sur la liste SFIO (8,8 % des suffrages exprimés), qui permit à l’ancien responsable du SNI entre 1931 et 1938, Alexis Le Strat* d’être élu député, grâce aux apparentements, qui prolongeait les stratégies de Troisième Force, mises en œuvre par la fédération SFIO, notamment à Rennes et Fougères. Les orientations socialistes contribuèrent à tendre les relations entre UA et UID au sein de la section du SNI, Robert Le Foulgoc réaffirmant sans cesse ses engagements et convictions laïques face aux attaques communistes. En 1958, il fut à nouveau candidat à 47 ans aux cantonales dans le canton de Saint-Malo, sans succès. La même année, il se présenta comme le suppléant du notaire Abel Bourgeois, maire et conseiller général radical de Combourg lors des élections législatives, recueillant 6550 voix, soit 10,8 % des suffrages exprimés. Devant la rétraction du milieu militant, la SFIO s’était rapproché de la mouvance républicaine modérée, mettant en avant des têtes de réseaux comme Robert Le Foulgoc (SNI, LDH).

À partir de décembre 1961, les rapports de force s’inversèrent dans la section SNI d’Ille-et-Vilaine entre le courant UID (12 sièges) et le courant UA (13 sièges). Tête de la liste UID, Robert Le Foulgoc qui avait annoncé qu’il ne postulerait pas pour un nouveau mandat à la tête du SNI, dut faire face aux critiques du socialiste Piederrière*, leader du SNI en Ille-et-Vilaine en 1919, autour de la question des retraites. Majoritaire sous l’impulsion d’un autre enseignant malouin, Roger Gomet (1961-1964), la tendance UA conserva la direction du SNI au sein d’un bureau homogène, auquel refusèrent de participer les UID, sous l’égide de Célestin Perrigault* (1964-1972) puis Louis Chartrain* (1972-1986), tous militants communistes par ailleurs. Robert Le Foulgoc abandonna également ses fonctions dirigeantes à la LDH en 1961, se retirant ainsi des réseaux militants qu’il avait fréquentés depuis les années 1930.

Marié à Cancale à une employée des PTT et père de cinq enfants, Robert Le Foulgoc était très investi également dans différentes activités culturelles : troupe de théâtre à Cancale, Amicale Laïque de Saint Malo, orchestre symphonique et harmonie municipale de Saint Malo (jusqu’en 1970).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137282, notice LE FOULGOC Robert, Pierre par Jacques Girault, François Prigent, Michel Vincent , version mise en ligne le 6 juin 2011, dernière modification le 20 mai 2021.

Par Jacques Girault, François Prigent, Michel Vincent

SOURCES : Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine – Arch. de l’OURS, dossiers Ille-et-Vilaine. – Arch. du CAS, dossiers Ille-et-Vilaine. — Arch. Fédérales du PS d’Ille-et-Vilaine. – Arch. Syndicales SNI-FEN, transmises par Alain Prigent – Arch. de la LDH, transmises par André Hélard. — L’Aurore d’Ille-et-Vilaine. – Mairie de Saint-Briac. — Notes de Alain Prigent.

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