JOUVE Paul

Par Gilles Morin

Né le 18 juin 1894 à Saint-Agrève (Ardèche), mort le 25 mars 1959 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence) ; chirurgien ; résistant ; militant socialistes des Alpes-de-Haute-Provence ; membre du Comité départemental de Libération ; maire de Digne (1946-1947), conseiller général de Les Mées (1951-1959) ; conseiller de la République (1946-1948).

Paul Jouve, ancien élève du lycée de Valence fut étudiant à la faculté de médecine de Lyon. Interne des hôpitaux de la ville, il dut interrompre provisoirement ses études du fait de la Grande guerre. Mobilisé dans l’infanterie dans un premier temps, il devint ensuite pilote aviateur.

Installé comme chirurgien à Digne, Paul Jouve participa à la Seconde Guerre mondiale comme volontaire avec le grade de médecin capitaine. Refusant la défaite, il fut un « authentique résistant » selon le préfet en 1951. Il fut agent de l’IS (Intelligence Service) et aida des maquis des Basses-Alpes. Intégré au Comité départemental de Libération, il y représenta les organismes de Résistance de “l’Entr’aide sociale”. Pour son action, il fut décoré de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance.

Paul Jouve, ancien résistant et notable de premier plan avait tous les atouts pour réussir une carrière politique. Il occupait après guerre dans le monde médical régional une place centrale : président de l’ordre des médecins des Basses-Alpes et de leur syndicat, vice-président du conseil régional de l’ordre des médecins du Sud-Est, président fondateur de la caisse mutuelle chirurgicale des Basses-Alpes et enfin fondateur d’un sanatorium de montagne pour les maladies osseuses. « Peu rompu à la politique » selon le préfet, n’étant pas non plus un orateur, Paul Jouve aurait su « rester à l’écart des dissensions qui existaient jusqu’ici au sein de la fédération départementale SFIO » à laquelle il avait adhéré. Élu au conseil municipal de Digne en 1945, il fut désigné le 2 janvier 1946, maire de Digne, après la démission du maire de la Libération. Sa candidature fut poussée parce qu’il était le socialiste « le mieux considéré par l’opinion » et était appuyé par le MRP, contre le candidat radical (rapport du préfet du 15 janvier 1946). En fonction jusqu’en octobre 1947, reconduit comme conseiller municipal, il perdit la mairie au profit du radical Romieu, maire avant guerre. Il présida l’association départementale des maires en 1946.

Candidat malchanceux dans le canton de Dignes en septembre 1945, contre le même docteur Romieu, Paul Jouve figurait en deuxième position sur la liste socialiste, aux élections législatives à la deuxième Assemblée constituante en juin 1946. Au sein de la SFIO, il affronta Borrely pour l’investiture du parti au Conseil de la République en novembre 1946. Considéré par le préfet comme “plus populaire”, il l’emporta avec l’appui des jeunes SFIO et fut élu au Palais du Luxembourg le 8 décembre 1946 par 89 suffrages sur 200. Il siégea aux commissions des moyens de communication et des transports ainsi qu’à la commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il ne se représenta pas aux élections sénatoriales de novembre 1948

Paul Jouve, dans cette période de guerre froide semble s’être rapproché des communistes. Le 27 août 1950, il présida en effet un meeting organisé par le comité départemental des combattants de la Paix à Digne dont l’orateur était Yves Farge. L’année suivante, il fut, sans succès candidat à l’élection législative de juin 1951.

L’ancien sénateur fut élu conseiller général du canton de des Mées, à une partielle le 18 mars 1951, sur un siège auparavant détenu par le PCF. Arrivé en tête au premier tour, il fut élu au deuxième tour contre un candidat communiste, le maire de Majali, Francis Reybaud, après le retrait du candidat radical. Ses suffrages passèrent de 42,8 à 56,5 %. Reconduit en octobre 1951 et en 1958, année où il arriva en tête au premier tour, il siégea à l’Assemblée départementale jusqu’à son décès en 1959.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137372, notice JOUVE Paul par Gilles Morin, version mise en ligne le 13 juin 2011, dernière modification le 5 septembre 2011.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., 72 AJ/95. F/1a/3382 ; F/1cII/108/A, 111/A, /142, 286, 282, rapport du préfet du 12 mars 1951 ; F/1cIII/1206 ; F/1cIV/151 ; F/7/15482. — Arch. de l’OURS, dossiers Basses-Alpes. — Dictionnaire biographique des Parlementaires français, 1945-1958, op. cit.

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