RENCUROSI Pietro

Par Daniel Grason

Né le 1er décembre 1907, à Cerete, province de Bergame, Lombardie (Italie), mort le 9 avril 1943 à Paris XIIe arr. (Seine) ; ouvrier terrassier ; volontaire en Espagne républicaine ; interné administratif.

Pietro Rencurosi, fils de Francesco et d’Angela, née Ferro, travailla à plusieurs reprises en France. Entré le 23 avril 1929, un avis d’expulsion lui fut notifié le 12 décembre 1933, il obtint de sursis renouvelables. Il vivait avec Thérèse Pellechia, une compatriote, née en Angleterre, le 23 janvier 1915, trois enfants naquirent : Joseph en 1937, François en 1940 et Pierre en 1941. Ils habitaient dans un hôtel, 27, rue des Ardoines, à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).

Il s’engagea dans les Brigades internationales en Espagne le 7 avril 1937. Il fut très gravement blessé à la jambe gauche et dû subir une amputation. Il ne pouvait plus effectuer des travaux pénibles sur les chantiers. La famille vivait de la solidarité de la communauté italienne, et d’une indemnité allouée par la ville de Vitry. En juin 1940, Pietro Rencurosi loua à Choisy-le-Roi, 16, voie des Roses, une cabane construite avec des planches de bois. Malgré son handicap, il travaillait régulièrement comme cuisinier où sur des chantiers. Du 3 juin au 22 décembre 1941, il était manœuvre sur un chantier des autorités allemandes, à Montdidier (Somme).

Une liste d’ex-miliciens en Espagne républicaine, fut établie le 19 septembre 1941 par la 3e section des Renseignements généraux à la demande des autorités d’occupation. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français décida d’une opération d’ensemble dans le département de la Seine. Le 24 décembre 1941, dès 6 heures du matin des policiers du commissariat d’Ivry-sur-Seine étaient à l’hôtel de Vitry, ils ne trouvèrent pas Pietro Rencurosi, le commissaire écrivit dans son rapport : « Pour donner le change, Rencurosi avait laissé dans cette pièce, des objets personnels et ses béquilles ». Le nouveau domicile ne fut pas difficile à localiser, la perquisition ne donna aucun résultat. Mis en état d’arrestation, Pietro Rencurosi fut interné à la caserne des Tourelles, Paris XXe arr. (Seine).

Le 20 janvier 1942, Pietro Rencurosi adressait une lettre au préfet de police. Il l’alertait sur la situation de sa famille : « mes enfants et ma femme n’ont plus de quoi se nourrir. […] J’ignore absolument le motif de mon arrestation, j’ai la conscience tranquille ». Il demandait « une nouvelle enquête ». Il y eut deux rapports. Les inspecteurs des Renseignements généraux relevaient : « Son amie […] élève ses enfants dans un état voisin de la misère. Depuis l’internement de Rencurosi la situation de cette famille s’est encore aggravée, par le manque de ressources et par l’état de santé de la mère, qui atteinte d’appendicite chronique doit subir une intervention chirurgicale ». (Août 1942). « Étant donné la triste situation dans laquelle se trouve sa famille et en raison de son état de santé déficient comme en fait foi un certificat du Dr Dieckmann, médecin-chef du camp des Tourelles, il semble que, après avis conforme des autorités allemandes, l’élargissement de Rencurosi puisse être envisagé sous réserve toutefois de son rapatriement immédiat qui pourrait avoir lieu simultanément avec celui de sa famille ». (Janvier 1943).

Le 29 janvier 1943, il fut emmené à l’hôpital Rothschild, XIIe arr., depuis décembre 1941 des détenus des Tourelles y séjournaient. Les bâtiments surveillés par la police française étaient entourés de barbelés, Pietro Rencurosi y mourut le 9 avril 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137391, notice RENCUROSI Pietro par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 juin 2011, dernière modification le 11 janvier 2012.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 1836, RG77W 182.

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