VADASCZ ou VADASZ Jean

Par Daniel Grason

Né le 13 mai 1892 à Györ (Hongrie) ; ouvrier mortaiseur ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Jean Vadascz fils de Joseph et Anna, née Takaes entra en France en 1926, il séjourna en province, puis vint à Paris en 1930, où il habita jusqu’en 1936. Le 8 décembre 1936, il partit en Espagne pour combattre dans les Brigades internationales, il fut incorporé dans la XIIIe Brigade. Il revint en France le 14 octobre 1938, sans passeport, mais munit d’une demande d’autorisation de séjour, accompagnée de deux certificats, l’un du Comité d’aide à l’Espagne républicaine, l’autre du Secours populaire de France. Il déclara qu’il ne pouvait retourner dans son pays, ayant été condamné à mort par contumace en raison de son activité politique. Il fut donc admis à résider en France. Il habitait 16, rue Boutebrie, Paris Ve arr. (Seine).

Il travailla comme ouvrier mortaiseur dans l’entreprise d’aviation Bloch, à Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine). Depuis le 27 janvier 1941, il était employé à la Dienststelle der Feldpost, un dépôt des autorités d’occupation, à Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis). Une liste d’ex-miliciens en Espagne républicaine, fut établie le 19 septembre 1941 par la 3e section des Renseignements généraux à la demande des autorités d’occupation. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français décida d’une opération d’ensemble dans le département de la Seine. Le 24 décembre 1941, Jean Vadascz était appréhendé à son domicile, interné à la caserne des Tourelles, XXe arr.

Le Vice-Consul royal de Hongrie apprenant la nouvelle, écrivit le 19 janvier 1942, au préfet de police : « Ne possédant aucun renseignement défavorable sur la personne de ce sujet hongrois, j’ai l’honneur de vous prier […] de vouloir bien, si possible, me faire connaître le motif de son arrestation ». Le 16 décembre 1943, le médecin chef des Tourelles s’adressait lui aussi au préfet de police, il l’alertait sur son « mauvais état de santé, de plus nous l’avons fait opérer dernièrement d’un ulcère à l’estomac qui a nécessité l’ablation complète de cet estomac », à l’hôpital Rothschild. « Ce détenu est depuis près de deux ans au centre ; son état général est très touché, et, à la suite de cette opération, son état est devenu incompatible avec un séjour plus prolongé au Centre ».

Transféré le 6 mai 1944, au camp de Rouillé (Vienne), Jean Vadascz s’évada dans la nuit du 10 au 11 juin 1944, il ne fut pas le seul. Le mois précédent un interné s’était évadé du camp, il revint accompagné de maquisards FFI. Denis Peschanski relata cette évasion : « Le 11 juin 1944, [ils] emmenèrent avec eux quarante-sept internés, dont trente politiques ; s’ajoutèrent le directeur, le gestionnaire et une infirmière. Il semble que d’autres aient profité de l’occasion pour s’enfuir puisqu’un rapport du préfet avance le chiffre de soixante-trois « disparus ». […] Les Allemands réagirent immédiatement en exigeant et obtenant du préfet l’envoi, le lendemain, des cent soixante-douze internés restants à destination du camp de la route de Limoges, à Poitiers ».

En 1947, la Croix Rouge Hongroise demandait où se trouvait Jean Vadascz. Dans un rapport du 18 novembre 1947, les enquêteurs des Renseignements généraux indiquaient qu’ils ne retrouvèrent pas de témoins l’ayant connu à son ancien domicile du Ve arr. Les recherches aux services des garnis, aux prisons et arrestations ne donnèrent aucun résultat, il était inconnu de la justice.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137399, notice VADASCZ ou VADASZ Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 juin 2011, dernière modification le 7 septembre 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, 77W, 182. – Denis Peschanski, La France des camps. L’internement 1938-1946, Éd. Gallimard, 2002.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément