SZEMINA Ladislas

Par Daniel Grason

Né le 5 mars 1906 à Nagyszolos (Hongrie, aujourd’hui Ukraine) ; tôlier mécanicien, ferreur ; volontaire en Espagne républicaine ; FTP ; antifasciste ; déporté.

Ladislas Szemina fils d’Anne, arriva en France le 7 juin 1929 porteur d’un passeport hongrois visé par la légation de France à Budapest, valable un an. De 1929 à 1935, il travailla chez Lorilleux avenue Georges-Clemenceau à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine), en septembre 1939 il était embauché par l’entreprise Le Cadrat dans la localité voisine de Puteaux. Il habitait dans un pavillon à Nanterre au 19 Rue des Bergers. Il se maria avec sa compatriote Guillaumette Osz, qui le quitta quelques mois plus tard, et retourna en Hongrie en 1931. Il fit la connaissance en 1933 d’Alice Guillaume, né le 20 janvier 1906 et se remaria, ils eurent deux enfants. Elle travaillait comme petite main horlogère à la Compagnie industrielle de mécanique horlogère à Puteaux. Lasdislas Szemina demanda sans succès sa naturalisation en 1933.

Il partit en Espagne soutenir la cause de la République, en décembre 1936, incorporé dans les Brigades internationales, il combattit deux ans, et fut rapatrié le 15 janvier 1939. À son retour, il travailla à l’entreprise industrielle Gadrat à Puteaux, comme tôlier mécanicien. Sa femme Alice était petite-main horlogère à la Compagnie industrielle de mécanique dans la même ville. Le 11 mars 1940 Ladislas Szemina obtint de la préfecture de police une carte d’identité.
À la demande des autorités d’occupation, la 3e section des Renseignements généraux établie une liste des ex-Brigadistes, elle fut prête le 19 septembre 1941. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français, décida d’une opération d’ensemble dans le département de la Seine.

Le commissaire de Puteaux accompagné d’inspecteurs, perquisitionnèrent dès 6 heures 30 du matin, le 24 décembre 1941, ils saisirent une paire de brodequins et d’une couverture militaires, il expliqua qu’il avait trouvé les deux effets au moment de l’exode. Inculpé de de « vol d’effets militaires ». Ladislas Szemina fut interné à la caserne des Tourelles, à Paris XXe arr. (Seine). Le 21 mai 1942, son épouse demanda par lettre à la préfecture de police la libération de son mari. Le préfet transmis la demande aux Renseignements généraux. Un rapport du 2 septembre 1942 se concluait ainsi : « L’internement de Szemina ayant été prescrit par les autorités allemandes, nos services ne peuvent émettre aucun avis à son sujet ».

Il fut transféré du camp des Tourelles le 25 février 1943 sur l’Ile Anglo-Normande d’Aurigny, il y arriva le 5 mars 1943. Cette année-là cinquante-neuf personnes y étaient enregistrées par mesures de répression. Ladislas Szemina prit le chemin inverse en 1944, il s’évada de Cherbourg (Manche), le 20 mai.

Le 1er septembre 1944, il s’engagea dans une unité des FTP-MOI. Un 1er régiment se forma aussitôt transformé en bataillon 51/22 de l’armée régulière, à la caserne de Reuilly, XIIe arr. Boris Holban dirigeant des FTP-MOI fut promu commandant de ce bataillon, composé de quatre compagnies : où étaient des italiens, Juifs d’origine polonaise, polonais, hongrois, roumains, français etc. Les autorités militaires françaises ne tenaient pas à intégrer ces combattants dans l’armée, le parti communiste inscrivait déjà son action dans la reconstruction de la France.

Le 8 juin 1945, le bataillon 51/22 sera dissous, sans avoir combattu. Certains FTP seront intégrés dans cinq régiments différents. Amer, Boris Holban concluait : « Le 21 juillet [1945], nous sommes tous démobilisés. Tel fut l’épilogue de ce bataillon dont les hommes brûlaient du désir de participer à la lutte contre le fascisme ». Ladislas Szemina fut démobilisé de l’armée le 15 janvier 1946.

Il renouvela sa demande de naturalisation, devint français par décret du 28 février 1947. Ladislas Szemina adhéra en 1950 à l’Amicale du Bataillon 51/22, en ces années de Guerre froide, son fonctionnement ne fut pas autorisé par le gouvernement français, les Renseignements généraux estimaient que cette amicale « fonctionnait comme élément de l’appareil clandestin communiste ».

En février 1962 il se porta candidat au diplôme d’honneur de Porte-Drapeau, la préfecture de police ne s’opposa pas à l’obtention de cette distinction.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137432, notice SZEMINA Ladislas par Daniel Grason, version mise en ligne le 25 juin 2011, dernière modification le 5 février 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 405, 1W 214. – Holban, Boris, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…Calmann-Lévy, 1989. – Courtois, Stéphane, Peschanski, Denis, Rayski, Adam, Le Sang de l’étranger – Les immigrés MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — Renseignements communiqués par la famille.

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