KAHN Pierre, Charles

Par Claude Pennetier

Né le 6 novembre 1939 à Dinan (Côtes-du-Nord, Côtes -d’Armor), mort le 18 juillet 2006 à Paris (XIIe arr.)  ; psychanalyste  ; secrétaire national de l’Union des étudiants communistes en 1964.

Piere Kahn naquit à Dinan de parents domiciliés à Paris. Son père était avocat. Français d’origine alsacienne, il descendait de juifs allemands. Sa mère, un temps modiste, avait des grands-parents lorrains réfugiés à Paris après la guerre de 1870 et qui tinrent un commerce de chaussure  ; l’un était juif, l’autre chrétien. Le père de Pierre Kahn fut raflé en août 1941. Pour échapper aux lois de Vichy, ses parents divorcèrent et sa mère retrouva ses origines catholiques  ; elle fit baptiser ses enfants. Son père sortit du camp de Drancy et partit en Amérique latine. Sous le nom de Desmon, Pierre Kahn fréquenta une école religieuse en Bretagne puis une école publique en Normandie, avant de revenir à Paris en 1947.

Bon élève en philosophie et en histoire, il tenta une première année d’études à Sciences po en 1957 puis travailla comme agent immobilier et comme instituteur. Il reprit ses études et fit propédeutique et obtint une licence de philo à la Sorbonne puis un DES au bout de sept ans d’études. Car devenu communiste en 1957, c’est la politique qui occupa l’essentiel de son temps dans le cadre de l’Union des étudiants communistes, à partir de 1958. Il en devint secrétaire du secteur lettres, membre du bureau national en 1960 puis secrétaire national en 1964, « permanent bénévole ». Il fut un des artisans du basculement de l’UEC dans l’opposition aux orientations du PCF en 1960-1961 avec Philippe Robrieux, Serge Depaquit, André Sénik, Henri Vacquin… qui formaient le courant dit « italien » . Directeur en chef de Clarté, il quitta l’UEC en mars 1965, suite au congrès de Montreuil.

Il obtint son CAPES de philo en 1967, enseigna à Péronne (Somme), et participa à Mai 1968 à Paris. Il aurait prit part à la mise à feu du Palais Brongniart, siège de la Bourse de Paris. Il fut suspendu de l’enseignement pendant un an pour agitation politique et enseigna comme chargé de cours à l’Université de Vincennes, puis revint dans l’enseignement secondaire en région parisienne en 1971. Tenté par la psychologie et la psychiatrie, il demanda sa mise en disponibilité pour travailler dans un centre médical psychopédagogique de Versailles. Une nouvelle carrière commençait.

Pierre Kahn devint un psychanalyste célèbre, l’animateur de la revue Espaces. Il édita des poésies : Le gribouilleur de cadastre (1987).

Marié à Paris (IIIe arr.) avec Jacqueline Edelman le 10 novembre 1961, il divorça en 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137619, notice KAHN Pierre, Charles par Claude Pennetier, version mise en ligne le 17 juillet 2011, dernière modification le 22 septembre 2011.

Par Claude Pennetier

SOURCES  : Aude Portalis, Les dirigeants de l’Union des étudiants communistes  : essai d’analyse prosopographique, Mémoire de maîtrise, 2000-2001. — Le Monde, 18 juillet 2006. — Hervé Hamon et Patrick Rotman, Générations, Seuil, 1987-1988.— Etat civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément