JOURDHEUILLE René

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 27 avril 1926 aux Riceys (Aube), mort le 5 janvier 1997 à Reims (Marne)  ; caoutchoutier dans la bonneterie  ; secrétaire général de l’UD-CGT de l’Aube ; militant communiste.

Carte de conseiller municipal de Sainte-Savine en 1962
Carte de conseiller municipal de Sainte-Savine en 1962

La famille Jourdheuille avait des liens de parenté avec la famille Romagon et donc avec la famille Ouzoulias (voir Albert Ouzoulias et Cécile Romagon. Maurice Romagon, fusillé en 1942, était son oncle ; Albert Ouzoulias son cousin par alliance.

La père de René Jourdheuille était maraîcher aux Riceys et sympathisant communiste. Titulaire du certificat d’études primaires, la première occupation de professionnelle du fils fut d’ailleurs de prêter main forte à l’entreprise familiale. Puis il entra en apprentissage à l’entreprise métallurgique Moutard qui se situait en face du domicile de ses parents.

Résistant depuis décembre 1943, agent de liaison muni d’une fausse carte d’identité, il fut arrêté à Bar-sur-Seine le 5 août 1944 par les Allemands, fusillé avec d’autres combattants mais, blessé, il survécut. Un officier allemand aurait volontairement omis de lui donner le coup de grâce. Des blessures aux jambes le firent durablement souffrir, cependant il ne racontait cet épisode qu’avec parcimonie et n’aimait pas les honneurs.

Caoutchoutier bonnetier depuis octobre 1946, René Jourdheuille avait adhéré au Parti communiste en 1944. Il siégeait en 1953 au bureau fédéral communiste et y figurait toujours en 1969. Il avait fait une école centrale de quatre mois. Le Parti communiste le présenta aux élections cantonales aux Riceys et municipales à Sainte-Savine où il habita pendant trente ans. Il fut conseiller municipal communiste dans cette municipalité à direction socialiste de 1959 à 1965. Installé aux Riceys, il dirigea la liste d’Union de la gauche pour l’essor des Riceys en 1983 et en 1995, sans succès.

Militant de l’Union locale CGT de Romilly-sur-Seine, membre du bureau de l’UD-CGT en 195O, il devint en juillet 1950 secrétaire général de l’UD-CGT et le resta jusqu’au 16 janvier 1986. Tribun écouté, homme de terrain, sa notoriété était grande dans l’Aube où les journalistes locaux évoquèrent longtemps un affrontement public qui l’avait opposé, à Troyes, au jeune ministre Jacques Chirac, en novembre 1967.

Il participait encore aux manifestations pendant les grandes mobilisations de 1995, mais, insuffisant rénal pendant vingt-trois ans, sous dialyse pendant dix-huit ans, il mourut peu après, en janvier 1997.

Il avait donné son corps à la science et n’avait pas souhaité d’hommage. Il fallut attendre plusieurs mois pour que la famille accepte une cérémonie simple, sans la presse.

René Jourdheuille s’était marié le 22août 1947. Sa femme, Régine, travaillait dans la même entreprise de bonneterie en caoutchouc. Le couple eut six enfants. Régine Jourdheuille arrêta de travailler au deuxième enfant né en 1950.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137912, notice JOURDHEUILLE René par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 août 2011, dernière modification le 2 octobre 2011.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Carte de conseiller municipal de Sainte-Savine en 1962
Carte de conseiller municipal de Sainte-Savine en 1962
Benoît Frachon et René Jourdheuille en février 1968
Benoît Frachon et René Jourdheuille en février 1968
René Jourdeuille en 1975
René Jourdeuille en 1975
Grève des employés de BESSIN en 1977
Grève des employés de BESSIN en 1977

SOURCES  : Arch. comité national du PCF. — La Dépêche de l’Aube, n° 39, 25 novembre 1967. — Témoignage du secrétaire général de l’UD-CGT. — Témoignage de Régine Jourdheuille (septembre 2011), documents et photos. — Attestation du chef des FFI de l’Aube, 21 mars 1945.

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