KIRCHMANN Étienne

Par Pierre Schill

Né le 26 décembre 1893 à Carling (Lorraine annexée), mort le 17 mai 1980 à Saint-Avold (Moselle) ; mineur aux houillères de Sarre et Moselle (Moselle) puis tenancier de café ; militant du syndicat CGTU des mineurs de Moselle ; résistant du groupe « Mario » en Moselle annexée.

Étienne Kirchmann était le cadet d’une famille de quatre enfants dont le patriarche était charron. Mineur aux houillères de Sarre et Moselle (Moselle), il y travailla au moins de 1910 à 1918 puis au lendemain de la Grande Guerre.
Militant du syndicat CGTU des mineurs de Moselle, il participa activement à la grève de huit semaines qui toucha les houillères entre le début du mois de février et le début du mois d’avril 1923. Membre du comité de grève, il assista, le 25 mars 1923 à Carling (Moselle), à une réunion publique des grévistes de la commune. Le maire, porion aux houillères de Sarre et Moselle, invita les mineurs à reprendre le travail. Etienne Kirchmann protesta contre cette intervention et, menaçant le maire du poing, s’écria « sale torchon, lèche cul » ce qui lui valut un procès-verbal de la gendarmerie. L’inspecteur spécial en charge de son dossier signala que s’il était « animé de bons sentiments à l’égard de la France », il professait « des idées communistes » et faisait « de la propagande en faveur du mouvement gréviste ». Son éclat lui valu d’être stigmatisé par la presse conservatrice puisque Le Lorrain rappela qu’il était déjà recherché pour des « entraves à la liberté du travail et coups ».

En 1937 il travaillait aux « fortifications » et tenait un café restaurant dont il était le propriétaire et sa femme effectuait des ménages.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du groupe de résistance « Mario » affilié au mouvement de résistance Front national qui avait été mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Son activité clandestine lui valut d’être arrêté le 4 février 1943 et d’être détenu jusqu’au 30 mars 1944. Les raisons de sa remise en liberté sont inconnues.

EÉienne Kirchmann s’était marié avec Marie née Weber dont il eut trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138024, notice KIRCHMANN Étienne par Pierre Schill, version mise en ligne le 31 août 2011, dernière modification le 31 août 2011.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 23 Z 1. — Arch. des HBL : dossier personnel de son fils Etienne. — État-civil de la commune de L’Hôpital (Moselle). — Le Lorrain, 1er avril 1923. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194p. — Pierre Schill, « Le lien défait : les renvois d’ouvriers dans les mines de charbon de Moselle après la grève du printemps 1923 », Revue internationale des relations de travail, n° 4, décembre 2003, p. 32 à 49 [http://www.uqtr.ca/revue_travail/Articles/2003Vol1Num4pp32-49Schill.pdf].

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