ANDRÉ Louis. [Belgique]

Par Jean Puissant

Né à Hal (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Hal-Vilvorde) le 2 octobre 1857. Ouvrier mineur, membre de la Ligue ouvrière de Bracquegnies (aujourd’hui commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies : aujourd’hui arr. La Louvière), membre du Parti socialiste républicain.

Ouvrier mineur à La Louvière (pr. Hainaut, arr. Soignies) depuis 1884, en provenance de Bruxelles, Louis André vit en concubinage avec Marie Luc et en a un enfant qu’il a reconnu. Sorti de l’armée, brigadier au régiment des Guides, il jouit d’une instruction primaire passable, selon la fiche de renseignements établie lors de son arrestation dans le cadre de l’instruction du « Grand complot » en 1889.

Louis André est membre du comité de la Ligue ouvrière de Bracquegnies dont il est le secrétaire comptable. Accusé par De la Sociale de s’en être enfui en laissant « un déficit assez sérieux », la fiche de police mentionnée plus haut note qu’il a été poursuivi pour détournement.

Louis André est un des principaux partisans d’Alfred Defuisseaux* dans le Centre (pr. Hainaut) dès 1886. Associé à plusieurs reprises à Léonard Pourbaix, il n’est pas arrêté avec les dirigeants du Parti socialiste républicain (PSR) au lendemain du Congrès de Châtelet (pr. Hainaut, arr. Charleroi) du 2 décembre 1888. Dans les jours qui suivent le Congrès, il est présent à plusieurs « meetings noirs » et distribue des cartouches de dynamite, voire des revolvers.

Avec Ledoux* et Mayence*, Louis André gagne le Borinage (pr. Hainaut) le 10 décembre 1888 afin d’inciter les mineurs à se joindre aux grévistes du Centre. Il est arrêté le 12 décembre. Sa déposition du 14 décembre 1888, selon L. Collard*, « est un chef d’œuvre de perfidie et de lâcheté ». Il dénonce en effet un vaste complot international dont les frères Defuisseaux sont les instigateurs. Il est dès lors l’un des principaux témoins à charge. Il dénonce nommément un grand nombre de militants à qui il attribue un rôle dans le complot. Mal lui en prend puisqu’il est, à la suite de l’acquittement des inculpés à Mons en 1889, le seul condamné avec J.-B. Laloi*, indicateur de la Sûreté publique, à trois mois de prison et vingt-six francs d’amende pour les délits commis en décembre 1888.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138115, notice ANDRÉ Louis. [Belgique] par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 septembre 2011, dernière modification le 4 avril 2024.

Par Jean Puissant

SOURCES : Dossier « Grand complot », Palais de justice, Mons − DE LA SOCIALE, Histoire du socialisme et de la coopération dans le Centre, La Louvière, 1894, p. 204 − COLLARD L., Un procès fameux : le Grand complot,Cuesmes, 1940 − FAVRY C., « L’action d’Alfred Defuisseaux dans le Centre (1886-1889) », dans Études régionales, Annales du cercle archéologique et folklorique de La Louvière et du Centre, 1972-10, p. 57-98.

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