ARTOOS Louis. [Belgique]

Par Jean Puissant

La Hestre (aujourd’hui commune de Manage, pr. Hainaut, arr. Charleroi), 24 août 1870 − La Louvière (pr. Hainaut, arr. Soignies ; aujourd’hui arr. La Louvière), 21 mars 1939. Ouvrier mineur, puis employé à la coopérative, militant socialiste, permanent de la Centrale régionale des mineurs.

Ouvrier mineur, puis employé à la coopérative Le Progrès de Jolimont (aujourd’hui commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies), Louis Artoos participe, en 1895, à la réorganisation de la Fédération des mineurs du Centre (pr. Hainaut), dont il devient le secrétaire permanent en 1907, date à laquelle l’organisation régionale compte 8 890 adhérents (sur 22.000 mineurs) répartis dans trente-quatre sections locales.
Le 6 août 1907, c’est en tant que secrétaire de la fédération qui compte alors 12 000 mineurs, qu’il dépose devant la Commission d’enquête sur la durée du travail dans les mines de houille. Il y revendique la réduction de la journée de travail, précisant que lors d’un référendum organisé le 14 avril 1907, 16 930 ouvriers sur les 17 216 participants ont approuvé la journée des huit heures, descente et remonte comprises.

Plus administratif que véritablement orateur et propagandiste comme le souligne Nicolas Dethier, Louis Artoos n’en est pas moins la personnalité clef d’un syndicat qui atteint 20 000 membres après la guerre. En 1902, lors de la grève en faveur du suffrage universel, comme camionneur du Progrès, il distribue les secours coopératifs et participe ainsi à une activité militante de première importance. À partir de 1902, il représente le Centre (pr. Hainaut) au Comité national de la Centrale des mineurs jusqu’en 1921 certainement.

Spécialisé dans le domaine des accidents du travail, Louis Artoos dirige l’office du même nom créé en 1905 et un service d’assistance juridique. Collaborateur de L’Ouvrier mineur, organe de la centrale, il y traite plus particulièrement ces types de questions. « Secrétaire fédéral modèle », « de taille élancée, les traits en saillie, le front haut », il est, selon le journaliste socialiste Jules Lekeu, « un humble apôtre, un missionnaire obscur ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138127, notice ARTOOS Louis. [Belgique] par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 septembre 2011, dernière modification le 4 avril 2024.

Par Jean Puissant

SOURCES : Commission d’enquête sur la durée du travail dans les mines de houille. Enquête orale. Déposition des témoins. Section de Mons, groupe de La Louvière, Bruxelles, 1907, p. 209-210 − DETHIER N., Centrale syndicale des travailleurs des mines de Belgique - 60 années d’action 1890-1950, La Louvière, 1950, p. 220-221 (icono) − LEKEU J., À travers le Centre. Croquis et mœurs. Enquête ouvrière industrielle, Bruxelles, 1907 (icono) − MICHEL J., « Un maillon plus faible du syndicalisme minier. La Fédération nationale des mineurs belges avant 1914 », Revue belge de philologie et d’histoire, 1977, 2, p. 450.

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