LANDINI Roger [LANDINI Arnolfo]

Par Jean-Pierre Besse

Né le 14 septembre 1914 à Torniella (commune de Roccastrada,Italie), mort le 19 octobre 1962 à Saint-Raphaël (Var) ; ouvrier granitiste, puis carreleur ; militant communiste ; résistant FTP-MOI.

Arnolfo Landini était le fils d’Aristide Landini. En 1924, il suivit ses parents de l’Est de la France jusqu’au Muy (Var) où il habita jusqu’en 1930.

Cette année là, il adhéra aux Jeunesses communistes du Var. En raison de son engagement politique, la gendarmerie menaça de le reconduire à la frontière. Afin d’échapper à une arrestation, avec toute sa famille, il quitta la Côte d’Azur pour se réfugier auprès d’un cousin dans le Nord. Arrivé à Waziers, il devint mineur de fond aux côtés de son père.

En 1931, de puissantes grèves eurent lieu et Maurice Thorez vint prendre la parole à Douai. Les gardes mobiles à cheval chargèrent violemment la foule. Arnolfo se fit remarquer par son courage et son engagement. Le lendemain, il fut informé qu’un mandat d’expulsion à son encontre était en préparation à la préfecture. La famille décida de quitter immédiatement le Nord et de retourner au Muy, seul point de chute connue auquel ils pouvaient se rendre auprès de nombreux camarades qui les avaient déjà accueillis une première fois.

De retour au Muy en automne 1931, il travailla à Saint-Raphaël comme ouvrier granitiste. Militant activement aux Jeunesses communistes, il devint responsable départemental de cette organisation.
Au Muy, Arnolfo (désormais devenu Roger), ainsi que sa famille, étaient connus comme des militants communistes. Ils accueillaient chez eux de nombreux dirigeants nationaux du PCF, parmi lesquels, Jacques Duclos et Marcel Cachin. Menacée à nouveau d’être renvoyée en Italie, la famille quitta Le Muy pour Saint-Raphaël. Au printemps 1939, la police signalait qu’il était un actif propagandiste dans le camp de réfugiés espagnols à Fréjus. L’arrêté préfectoral du 18 avril 1939 décidant son expulsion ne semblait pas avoir reçu d’application.

En 1939, lorsqu’éclata la guerre, Roger Landini s’engagea dans l’armée française. Comme italien il fut requis civil pour conduire les camions de l’armée dans la région de Saint-Maximin (Var). En juillet 1940, il fut renvoyé dans ses foyers. Quelques jours plus tard il fut arrêté comme communiste, libéré après quarante-huit jours de prison à Draguignan. Quelques jours plus tard il fut arrêté comme communiste, libéré après quarante-huit jours de prison à Draguignan.
En décembre 1940, avec un de ses camarades ils firent en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, dérailler huit wagons de marchandises en partance pour l’Allemagne.

Début 1941, avec son ami et camarade Oscar Marrucci ils organisèrent l’Organisation Spéciale du PCF (l’OS), qui devint à Saint-Raphäel FTP-MOI. Sous ses directives, s’effectua le 12 octobre 1942, le déraillement d’un train de marchandise allemand, entre Cannes et Saint-Raphaël. Il participa à la préparation des manifestations du 11 novembre 1942.
Le 12 novembre 1942, Saint-Raphaël fut occupé par l’armée italienne. Avec l’occupation, la Résistance prit une autre forme, plus directe et plus active envers l’occupant et commença par le sabotage des lignes téléphoniques. Roger en liaison avec les FTPF de Brignoles (Var) décida le sabotage de la mine de bauxite « le Pélicon » qui travaillait exclusivement pour l’Allemagne. Le 12 février 1943, cette opération fut accomplie par Oscar Marrucci, accompagné de Jean Carrara et de Léon Landini. A la suite de cette action, la mine cessa toute activité pendant plusieurs jours.

En compagnie d’Oscar Marrucci et du garagiste Gomann il prépara une bombe de grande puissance qui devait être déposée à l’hôtel Bellevue à Saint-Raphaël, occupé par les troupes italiennes. Déposée le 15 mars 1943, elle n’explosa pas. Le 12 mai 1943, des carabiniers italiens arrêtèrent Roger et son père Aristide qui furent torturés. Roger dut boire un litre de pétrole et à manger un kilo de sel, comme il ne parlait toujours pas, il subit le supplice de casque et resta six heures dans le coma. Quand il reprit connaissance il simula la folie. Par la suite, interné aux prisons nouvelles à Nice, il fut avec son père, en novembre 1943, déporté en Allemagne. Arrivés à Dijon, grâce à l’aide de cheminots résistants, ils s’évadèrent et rejoignirent la Creuse où se trouvait leur famille.

Roger Landini fut envoyé à Lyon où les FTP-MOI composés essentiellement de très jeunes hommes avaient besoin de cadres expérimentés. Début janvier 1944, marié et père de deux enfants, Roger accepta de quitter les siens et de rejoindre les combattants de Carmagnole où il fut nommé commissaire aux effectifs et membre du triangle de la direction régionale. Peu de temps après son frère Léon fut également transféré à Lyon. A Carmagnole, il organisa et participa à de nombreuses opérations militaires contre l’occupant, mais également contre les entreprises qui travaillaient quasi exclusivement pour l’armée allemande.

Devant l’état physique de Roger, le commandement interrégional lui demanda de prendre du repos et de rejoindre sa famille en Creuse pour se retaper. A peine arrivé, l’Etat major interrégional des FTPF lui demanda de devenir l’adjoint du Commandant Lemasson qui dirigeait le sous secteur C à Aubusson et il participa ainsi aux derniers combats de la libération de la Creuse.

A la Libération, démobilisé il fut nommé responsable régional de l’Association des Anciens FTP. Fin 1944, avec toute sa famille (à l’exception de Léon, hospitalisé à Guéret) il rejoignit enfin Saint-Raphaël, où il fut accueilli avec beaucoup d’égard par une grande partie de la population et élu secrétaire de la section du PCF. Aussi le préfet, le 6 avril 1945, proposait-il de retirer le décret d’expulsion de 1939 notamment en raison des tortures « atroces » qu’il avait subies. Bien qu’invalide de guerre, médaillé de la Résistance, homologué lieutenant de l’armée française, marié à une française, fille d’un agent de police, et père de deux enfants français, il n’obtint la nationalité française qu’en 1947 après de très difficiles et nombreuses démarches.

Invalide de guerre, médaillé de la Résistance, homologué lieutenant de l’armée française, marié à une française, fille d’un agent de police, et père de deux enfants français, il n’obtint la nationalité française qu’en 1947 après de très difficiles et nombreuses démarches.
Le jour de son décès il y avait plus de mille personnes à ses funérailles, Charles Tillon prononça une oraison funèbre. Une rue de Saint-Raphaël porte son nom. Pierre Villon, Marie-Claude Vaillant Couturier et Charles Tillon qui se déplacèrent spécialement pour venir dévoiler la plaque portant son nom, en présence d’une foule nombreuse.
Une rue de Saint-Raphäel porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138154, notice LANDINI Roger [LANDINI Arnolfo] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 6 septembre 2011, dernière modification le 1er juin 2017.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Dép. Var, 7 M 12.1, Cabinet 862. — La Résistance dans le Var 1940-1944 Association des MUR et des Maquis du Var, 1983. —Témoignages de Léon Landini. — — Notes de Jacques Girault et de Jean-Marie Guillon.

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