KERVELLA Anna

Par Jean-Yves Guengant

Née le 2 février 1919, Plougastel-Daoulas (Finistère), mort le 2 juin 2011 à Daoulas (Finistère) ; employée ; un temps militante trotskyste de Brest ; déportée.

Anna Kervella était la fille de Hervé, Deuxième maitre infirmier en retraite, décédé le 10 novembre 1935, et d’Annette Gourmelon, tous deux originaires de Plougastel-Daoulas. Mariés en 1916, ils eurent deux filles, Anna, née en 1919 et Herveline, née en 1921. Après le décès d’Hervé Kervella en 1935, la famille résidait sur la route de Quimper, à la sortie de Brest, au lieu-dit Kerisbian Izella. Un lieu retiré, donnant sur un vallon encaissé, propice à des réunions pendant la guerre.
Anna, qui exerçait la profession de comptable, fut recrutée par Robert Cruau* pendant le printemps 1943, afin de mener à bien le « travail allemand », consistant à une action vers des soldats allemands antihitlériens. André Calvès, rencontra par hasard un groupe d’une dizaine de soldats, plutôt jeunes chez Anna Kervella, « dans sa maison du vallon ». Cet incident montre que le cloisonnement entre les deux actions, le Front Ouvrier – vers les ouvriers brestois – et le « travail allemand » - vers les soldats communistes clandestins - n’était pas effectif.
Ces soldats participaient régulièrement à des réunions d’information et de formation, toujours avec Robert Cruau. Ils rédigèrent un journal ronéoté, Zeitung fur Soldat und Arbeiter im Westen. Environ 7 à 8 soldats se seraient réclamés de la Quatrième Internationale. Un soldat, Conrad Leplow, trahit, emportant tout de suite les personnes impliquées – Robert Cruau, Anna Kervella, André Darley* – puis les autres militants qui avaient eu des contacts avec Leplow ou qui tombèrent dans l’une des trois souricières mises en place par la Gestapo : ce furent Gérard Trévien*, les frères Berthomé*, Georges et Henri, Yves Bodénez*, Albert Goavec*, André Floch* à Brest et Éliane Ronël* à Quimper, qui tous furent arrêtés, transférés à Rennes puis déportés. D’autres militants échappèrent aux arrestations : Marguerite Métayer*, Micheline Trévien*, André Calvès*, Jean Mallégol à Brest, Fred Ropars à Quimper.
Anna Kervella n’était pas membre du parti du Parti ouvrier internationaliste, et resta peu de temps dans le groupe trotskiste, avant son arrestation le 6 octobre 1943, au même moment que Robert Cruau.
Elle fut transférée à Paris et déportée le 18 avril 1944, de Paris vers le camp de Ravensbrück, sous le matricule 35383. De là elle fut transférée le 7 août 1944 au camp de Neuengamme, enregistrée sous le numéro 6009 et la profession de comptable. Elle fut affectée dans les kommandos de Helmstedt-Beendorf, puis de Hambourg comme manœuvre (fiche WVHA, fichier de l’Office central SS pour l’administration de l’économie (SS-Wirtschafts-Verwaltungshauptamt, WVHA – code 790).

Anna Kervella fut libérée et prise en charge par la Croix-Rouge suédoise le 4 mai 1945. Le 2 juillet 1945 elle était rapatriée par avion.
Après la guerre, elle ne reprit pas contact avec le Parti communiste internationaliste à Brest. Elle habitait la maison de la route de Quimper avec sa mère et sa sœur, au début des années 1950. Elle se maria le 27 février 1971 avec Guy Michel Hubert, à Paris, XIVe arrondissement. Elle décéda le 2 juin 2013 à Daoulas, Finistère,.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138156, notice KERVELLA Anna par Jean-Yves Guengant, version mise en ligne le 6 septembre 2011, dernière modification le 20 décembre 2019.

Par Jean-Yves Guengant

SOURCES : Archives municipales de Brest, archives municipales de Plougastel-Daoulas. — Mémorial Camp de concentration de Neuengamme. — Archives, Jean-Dolidier-Weg 75, 21039 Hamburg, Allemagne. — La Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Le Livre mémorial..., op.cit. — Notes de Jean-Pierre Besse et Jean-Guillaume Lanuque.— Etat civil.

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