LEFEBVRE Jean-Pierre, Yves, André [ingénieur chimiste]

Par Paul Boulland, Jacques Defortescu

Né le 23 décembre 1933 à Mont-Saint-Aignan (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; ingénieur de l’École nationale de chimie de Seine-Maritime puis urbaniste ; militant communiste de Seine-Maritime ; membre du comité national de l’UJRF et de l’UECF ; secrétaire de la fédération PCF de Seine-Maritime (1968-1970).

Jean-Pierre Lefebvre en 2017

Les parents de Jean-Pierre Lefebvre étaient tous deux instituteurs et son père fut membre du Parti communiste. Son frère Daniel Lefebvre, officier mécanicien dans la marine marchande, adhéra également au PCF et fut secrétaire général de la Fédération CGT des officiers de Marine Marchande.

Membre de l’UJRF et de son bureau fédéral en décembre 1950, Jean-Pierre Lefebvre adhéra au PCF en juillet 1950. Il y fut secrétaire du bureau de la section d’Elbeuf en 1951-1952 puis de la section de Rouen en 1956-1957. En juillet 1951, il fut arrêté à l’occasion d’une distribution de tracts au conseil de révision de Grand-Couronnes (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) et condamné à 3 000 F d’amende. Il participa au Festival mondial de la jeunesse de Bucarest en juillet 1953 et, après son élection au comité national de l’UJRF, il prit part à une délégation UJRF en URSS en novembre 1955. En 1955, il participa à la révolte des rappelés de la caserne Richepanse à Rouen qui devaient partir au Maroc.
Élève de l’École nationale de chimie de Seine-Maritime, Jean-Pierre Lefebvre s’investit également dans le mouvement étudiant, comme membre du comité national de l’UECF et comme vice-président de l’association générale des étudiants de Rouen (UNEF). Il siégea également au bureau de la section communiste de Rouen-rive droite, d’avril 1956 à novembre 1957.

À son retour du service militaire, qu’il avait effectué comme deuxième classe dans le train, de novembre 1957 à janvier 1959, Jean-Pierre Lefebvre entra au laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées de Rouen. Il y adhéra alors au Parti communiste et à la CGT. Dès le mois de juin 1959, il fut promu au comité de la fédération communiste de Seine-Maritime, après avoir accédé au secrétariat de la section PCF de Rouen-rive droite, et fut chargé du travail en direction des intellectuels. Il suivit en 1960 les cours de l’école centrale d’un mois du PCF. Il prit, en 1962, la tête de la section Rouen-centre. En 1965, il devint permanent pour assurer le secrétariat de René Cance, maire du Havre (Seine-Maritime). Il y devint secrétaire de la section PCF Le Havre-Ouest.

Collaborateur de l’adjoint à la culture de la ville du Havre, il participa au développement de l’activité culturelle de la ville avant la construction de la Maison de la Culture par Oscar Niemeyer. Il initia, avec un assistant de Stellio Lorenzi, les festivités des 450 ans de la ville du Havre, fondée par François 1er. À cette occasion, il rédigea une brochure largement diffusée, qui rappelait les grandes heures havraises dans le domaine de la littérature, des arts plastiques et de la musique (Salacrou, Mac Orlan, Caplet, Boudin, Braque, Dufy, Honegger). L’Orchestre national joua dans la Gare maritime la 9e symphonie de Beethoven, les artistes havrais exposèrent leurs œuvres dans la rue, le défilé des chars des comités de quartiers fut conceptualisé par un décorateur de l’Opéra. En Mai 68, il fut créateur de « Comités d’action pour un gouvernement populaire » qui avortèrent dès leur création. En juillet 1968, il dirigea la campagne électorale de Roland Leroy qui fut réélu député de Seine-Maritime.

Entre 1968 et 1970, Jean-Pierre Lefebvre devint secrétaire parlementaire de Roland Leroy puis intégra le secrétariat de la fédération PCF de Seine-Maritime, en tant que responsable des questions idéologiques, de l’éducation et de la propagande. Ramené au bureau fédéral en 1970, il ne fut plus réélu ensuite.

Jean Pierre Lefebvre fut secrétaire du Maire de Dieppe, Iréné Bourgois, de 1971 à 1973. Aux élections municipales de 1971, il conduisit la liste communiste à Sotteville-les-Rouen (Seine-Maritime, mais fut battu par Roland Tafforeau, le maire sortant. Après une conférence fédérale houleuse, en désaccord avec la normalisation en Tchécoslovaquie Jean Pierre Lefebvre quitta la fédération de Seine-Maritime et devint directeur adjoint de la société d’aménagement départementale en Seine-Saint Denis en cours de création.

Pendant vingt ans, Jean-Pierre Lefebvre fut urbaniste/aménageur en Seine-Saint-Denis. Il participera à la création et au développement de la Sodédat93, (filiale de la SCET) en collaboration conflictuelle avec le ministère de l’Environnement. Il s’efforça alors de généraliser le gradin-jardin mis au point par l’architecte Jean Renaudie et aida de nombreux jeunes architectes à créer leur première œuvre. Le Monde évoquait alors « la Seine Saint-Denis, terre de mission de l’architecture exigeante ». Jean-Pierre Lefebvre tenta d’améliorer les pratiques urbaines, notamment sur les grands ensembles et les pratiques environnementales des Sociétés d’économie mixtes. Il fut directeur général de la Société anonyme d’économie mixte d’équipement et d’aménagement du territoire de Seine-Saint-Denis (SODEDAT 93) en 1989.

Homme de lettres, Il publia de nombreux ouvrages sur l’architecture et la politique urbaine.

Marié à Rouen le 31 décembre 1954 à une employée des PTT, Jeanne Anna Jaouen, également membre du Parti communiste, le couple eut trois enfants avant de divorcer en mai 1980.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138169, notice LEFEBVRE Jean-Pierre, Yves, André [ingénieur chimiste] par Paul Boulland, Jacques Defortescu, version mise en ligne le 7 septembre 2011, dernière modification le 27 décembre 2018.

Par Paul Boulland, Jacques Defortescu

Jean-Pierre Lefebvre en 2017

ŒUVRE : (sous le pseudonyme de Raymond Passant) Banlieue de banlieue !, Paris, Ramsay, 1986. — Banlieue 93, Paris, Messidor, 1988. — Ika, Paris, Messidor, 1989. — Requiem pour la Ville, Paris, Massimo Riposati, 1993. — Caux Caux Blues, Paris, Massimo Riposati, 1993. — Une expérience d’écologie urbaine, Paris, Éditions du Linteau, 1999. — Quel Altermonde ?, Paris, l’Harmattan, 2004. — Caro Mio, Nantes, Amalthée, 2005. — Le bois au coq, Paris, Thélès, 2007. — Faut-il brûler les HLM ? De l’urbanisation libérale à l’urbanisation solidaire, Paris, l’Harmattan, 2009. — Pousse de chiendent, Paris, l’Harmattan, 2010. — Architecture : joli mois de mai quand reviendras-tu ?, Paris, l’Harmattan, 2011. — Pour une sortie de crise positive. Articuler la construction gestionnaire avec le dépérissement de l’État, Paris, l’Harmattant, 2011. — Décidez vous-mêmes ! Autogestion et dépérissement de l’État, Paris, l’Harmattan, 2012. — Déraison d’État, déshérence des villes, Paris, l’Harmattan, 2014. — Nous sommes la jeunesse ardente qui veut escalader le ciel..., Paris, l’Harmattan, 2014. — nombreux articles et textes sur l’architecture, notamment l’Humanité du 7 juillet 2003 : « L’occasion manquée de l’architecture ».

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Document autobiographique de Jean-Pierre Lefebvre (15 p. dactylographiées). — Le fil rouge, revue de l’IHS CGT de Seine-Maritime, n° 9. — État civil.

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