KORNER Louise dite Irène, dite Louise Barta, dite Klara en Roumanie

Par Rodolphe Prager, Claude Pennetier

Né le 16 janvier 1920 en Bucovine – province de l’Empire Austro-Hongrois devenue Roumaine –, morte le 28 janvier 2017 en région parisienne ; militante trotskiste ; cofondatrice du Groupe communiste et de l’Union communiste ; épouse de David Korner.

Louise Korner, Barta
Louise Korner, Barta
Fête de Lutte ouvrière 1996.
Cliché Claudine Pelletier

Klara Feigenbaum naquit en 1920 en Bucovine, province de l’Empire Austro-Hongrois, devenue Roumaine.

En août 1936, à la connaissance du premier procès de Moscou, Klara Feigenbaum, se détourna du parti communiste roumain dont elle était proche. Avec trois compagnons, dont David Korner, elle décida de se rendre en Espagne mais, elle considéra très vite que le stalinisme étouffait la révolution espagnole. Les jeunes roumains vinrent à Paris en octobre et entrèrent au POI (Parti ouvrier internationaliste), trotskiste. Klara devint Louise.
La déclaration de guerre en septembre 1939 et la dissolution des organisations communistes par Daladier dispersèrent les militants trotskystes. Louise et David Korner dit Barta se séparèrent du POI et créèrent le Groupe communiste qui publia trois numéros de l’Ouvrier , organe marxiste-léniniste, feuille polycopiée, dans laquelle ils dénoncèrent la répression et la guerre impérialiste. Louise fut arrêtée et emprisonnée trois mois à la Petite Roquette puis libérée avant la débâcle.
L’occupation ouvrit une nouvelle période. Louise devint Irène. Le recrutement et la formation théorique et pratique de quelques jeunes militants (dont Mathieu Bucholz "assassiné par les staliniens" en 1944 et Pierre Bois futur dirigeant de la grève Renault de mai 1947) puis l’édition de La Lutte de Classes répondaient à l’analyse selon laquelle la Seconde Guerre mondiale provoquera une montée révolutionnaire comparable à celle qui accompagna la fin à la Première. Il fallait y préparer le prolétariat par l’étude de la situation internationale, la dénonciation de la guerre impérialiste et de l’impasse du nationalisme.
Louise Korner, fut cofondatrice de l’Union communiste avec une dizaine de militants, courant qui refusa l’unification trotskiste en 1944 et fut le creuset de ce qui devint Voix ouvrière puis Lutte ouvrière. Mais le couple se sépara dans les années 1950 de ce courant dirigé par Robert Barcia. Louise Korner resta militante, même après la mort de Barta en 1976.
Elle mourut le 28 janvier 2017 à 97 ans.

Ses amis annoncèrent son décès : "Cent ans après la Révolution Russe, la dernière des bolchéviques, Klara en Roumanie, Louise sous le Front Populaire, Irène dans la clandestinité et à l’Union Communiste, Claire et Mémé dans sa tâche d’éducation socialiste de la jeunesse, a rejoint ce samedi 28 janvier à l’âge de 97 ans, Rosa Luxembourg, son modèle."

Mathieu, le fils qu’elle eut avec Barta, avait intitulé le texte lu au Père Lachaise « Irène : la dernière des bolcheviques ».

Conformément à une tradition de clandestinité qui caractérisait son courant, Irène Korner n’avait pas souhaité témoigner sur son itinéraire.

Il y a identité avec Claire Feigenbaum.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138214, notice KORNER Louise dite Irène, dite Louise Barta, dite Klara en Roumanie par Rodolphe Prager, Claude Pennetier, version mise en ligne le 9 septembre 2011, dernière modification le 29 juin 2020.

Par Rodolphe Prager, Claude Pennetier

Louise Korner, Barta
Louise Korner, Barta
Fête de Lutte ouvrière 1996.
Cliché Claudine Pelletier
Louise Korner dite Irène jeune
Louise Korner dite Irène jeune

SOURCES : Notes de Rodolphe Prager. — http://unioncommuniste.free.fr/mort-irene/irene-2017.html

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